‹ De l'expectoration albumineuse après la thoracentèseChapitre 17 sur 25 · CO · texte numérisé non relu

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souvent répétés, des diurétiques et des purgatifs. Depuis quatre ou cinq jours, la respiration était plus pénible, mais depuis le matin du jour (30 juin), les accès de suffocation s’étaient montrés plus intenses.

Le côté droit de la poitrine présentait une voussure énorme, avec effacement des espaces intercostaux, matité complète en avant et en arrière, souffle dans le sommet seulement, et absence du murmure respiratoire dans tout le reste du côté droit. Je fus donc certain d’être en présence d’un épanchement considérable, probablement séreux.

Malgré, ou plutôt à cause de la mort imminente, la thoraeentèse fut immédiatement décidée et pratiquée séance tenante avec le trocart ordinaire garni de baudruche. L’opération donna issue à 3 litres de sérosité citrine parfaitement transparente ; il survint une ou deux quintes de toux, très-fatigantes, vers le milieu de l’opération, mais le soulagement immédiat fut extrêmement manifeste.

L’opération était terminée à une heure du matin.

Vers trois heures du matin, le 1er juillet, la toux devint plus fréquente et de plus en plus pénible, et bientôt survint une expectoration incessante d’un liquide, mousseux, très-fluide, incolore et ressemblant au liquide de la thoraeentèse. L’anxiété du malade était très-grande et le crachottement presque continuel. La toux ne cessant pas, on vint me chercher de nouveau à Paris, le 1er juillet, à cinq heures du soir. Je constatai la continuation de la toux, l’anxiété et la dyspnée qui l’accompagnaient. Le liquide résultant de l’expectoration pouvait être évalué à environ trois quarts de litre.

A la percussion, je constate la résonnance sous la clavicule et au sommet en arrière, de la submatité dans les deux tiers inférieurs ; les vibrations thoraciques sont presque pareilles des deux côtés de la poitrine; enfin, l’auscultation fait entendre des râles sous-crépitants très-fins et très-humides dans les deux tiers inférieurs du poumon droit, surtout à la base où ils sont un peu plus gros.

On applique un large vésicatoire sur ce côté Le 2 juillet, je retourne vers le malade, qui n’a cessé de tousser que le matin, et qui me fait montrer le résultat total de son expectoration , pouvant monter à deux litres environ.

Je regrette de n avoir pas fait l’examen chimique du liquide. Mais il ne présentait pas d’une façon nette la même couleur que le liquide pleurétique. Je ferai remarquer que le malade, examiné par moi le 4» juillet à sept heures du soir, n’avait rendu encore qu’un

litre de liquide, et qu’à ce moment il n’en existait plus dans la plèvre. Je ne puis expliquer ce fait que par l’afflux du sang dans le tissu pulmonaire, à la suite de son ampliation et par la transsudation du plasma sanguin à travers les parois alvéolaires et la muqueuse des petites bronches.

Chez ce malade, le liquide pleurétique ne s’est pas reproduit, les forces et la liberté de la respiration sont revenues lentement, mais enfin il a pu partir en voyage le 28 juillet. Depuis ce temps, il est parfaitement bien portant.

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