‹ De l'expérimentation curarique à dose neuro-végétativeChapitre 9 sur 59 · H 44 OC N2 CI · texte numérisé non relu

H 44 OC N2 CI

formule du chlorure de d-tubocurarine, dont le pouvoir curarisant est extrêmement puissant. Sans entrer dans les détails évolutifs du problème chimique largement exposé dans la thèse récente de Depaulis [29], à l’heure actuelle les recherches semblent centrées sur la synthèse de corps possédant la fonction « amonium quaternaire », et les curarisants que nous avons utilisés dans notre expérimentation (d-tubocurarine, 3.602 RP, 3.697 RP) sont considérés à des degrés variables, suivant le produit, comme des curarisants purs sans effets secondaires.

La drogue n’est pas toxique; elle est partiellement détruite par la cellule hépatique, qu'elle ne lèse pas: partiellement éliminée par le rein, qu’elle n’altère pas non plus. Enfin, l’action paralysante sur les muscles striés est un blocage de la jonction myoneurale, mais le chaïînon des réactions chimiques qui est sectionné par le curare est encore imprécis (Depaulis [29]).

Le but de notre travail est fort éloigné des considérations pratiques et théoriques que nous venons d'exposer rapidement. Dans ce bref rappel, nous avons volontairement omis de signaler une des propriétés du curare qui à peu attiré l'attention des physiologistes et des praticiens : en 1900, Langley et Anderson démontrèrent que le curare bloquait les synapses ganglionnaires du système neurovégétatif. C'est cette donnée physiologique qui incita I. Laborit à rechercher si des doses de curare sans action sur les jonctions myoneurales des muscles striés inhibaïent totalement ou partiellement les synapses ganglionnaires. Cette idée s’est révélée féconde, et cet auteur l’a utilisée

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avec succès dans certains syndromes où une sympathectomie était indiquée. (Nous reviendrons largement sur cette notion dans les pages qui vont suivre.)

Nous avons, pour notre part, cherché à préciser la physiologie de l’innervation de l'utérus parturient à l’aide de l’expérimentation curarique à des doses infra-liminaires pour les synapses des muscles striés. Cette expérimentation nous à été proposée par H. Laborit, qui, le premier, tenta d'utiliser le curare pendant l’accouchement.

Mais, pour atteindre ce but, nous avons été amené à préciser les effets physiologiques du curare pour interpréter ensuite ces effets sur la régulation nerveuse de l’accouchement. Notre travail comprend ainsi deux parties :

— la première, où nous étudions les effets du curare à dose neuro-végétative ;

— la seconde, qui est la principale, est une contribution à l’étude de la physiologie de l’innervation de l'utérus parturient à partir des épreuves pharmaco-dynamiques et des procédés habituellement employés qui agissent sur l’innervation utérine et à partir de l’expérimentation curarique.

Nous remercions ici M. le Professeur Marc Rivière, qui nous à fait l’honneur de nous permettre de pratiquer dans son service l’expérimentation obstétricale. Nous espérons qu'il voudra bien considérer notre travail comme une modeste contribution aux travaux de l'Ecole obstétricale bordelaise sur l’innervation utérine.

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