‹ De l'expérimentation curarique à dose neuro-végétativeChapitre 8 sur 59 · DA E · texte numérisé non relu

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alcaloïde actif du curare : la curarine. Mais il fallut de longues et minutieuses recherches pour déterminer parmi la mixture de plantes utilisées par les Aztèques celle qui possédait l’action curarisante la plus puissante : Chondodendron tomentosum; par la suite, Lapicque reprit l’étude physiologique, cependant qu'à l'étranger les études chimiques progressaient et que le principe actif du curare était défini en 1935 (King [60-61 ]).

Lors des premiers essais thérapeutiques en 1942, les Américains Wintersteiner et Dutcher préparèrent un curarisant d'extraction à partir de Chondodendron tomentosum : l’Intocostrin. Maïs, stimulées par les succès thérapeutiques du curare, les recherches chimiques s’orientèrent vers des produits de synthèse possédant un effet curarisant pur sans action secondaire. Ainsi apparaissent des curarisants de synthèse puissants : « myanesin » en Angleterre, 3,3M RP, 3.602 RP, 3,697 RP en France, grâce aux remarquables recherches des Laboratoires Specia et en dépit du retard de la France, dû à son isolement pendant la durée de la guerre.

Quelles sont donc les propriétés physiologiques fondamentales du curare dont se servaient les sauvages de l'Amérique du Sud et dont se servent aujourd’hui les chirurgiens ? Il n'est pas dans nos intentions d’en faire un exposé complet, tel n'est pas le but de notre travail. Piqué par la flèche empoisonnée ou par l'aiguille du chirurgien pendant l'anesthésie, le système musculaire des sujets est progressivement paralysé. Les muscles de la face sont les premiers atteints, puis ceux des membres, ceux de l’abdomen, ceux du thorax; le dernier muscle touché par la drogue est le diaphragme, et le sujet meurt asphyxié si la respiration artificielle n’est pas pratiquée. Si le sujet n’est pas anesthésié, le curare n’a aucune action anesthésique, la conscience n’est pas altérée, et le sujet, lucide, assiste dans une angoisse indicible à sa paralysie progressive. Mais, si le malade est endormi, cette paralysie flasque aide le chi-

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rurgien, diminue la durée de l'opération, diminue le choc opératoire.

Quant au point de vue chimique, il s’agit de COTps se rapprochant de la formule

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