Cf. à ce sujet Identité et réalité, pp. 126 à
LE PARADOXE ÉPISTÉMOLOGIQUE 331
que * et le dernier nommé notamment d'entre ces penseurs insiste beaucoup sur cette conception. « Notre incapacité de concevoir que la matière devienne non existante est une conséquence de la nature même de la pensée... L'anéantissement de la matière est inimaarinable pour la même raison pour laquelle la création de la matière est inimaginable, et son indestructibilité devient une notion a priori de l'ordre le plus élevé, non pas une notion résultant d'un enregistrement longtemps continué d'expériences graduellement organisées en un mode de''pensée irréversible, mais une notion donnée dans la forme de toutes les expériences quelles qu'elles soient \ » Spencer déduit, de même, a priori la conservation de l'énergie et Stallo, Lasswitz et Spir sont d'un avis analos^ue ^
D'ailleurs, il n'y a pas que l'historique des trois principes qui offre des points de ressemblance, leur situation dans la science actuelle est encore curieusement analogue. On ne sait si ce sont des vérités nécessaires ou accidentelles ; la science, dirait-on, n'arrive pas plus à trancher le débat entre les deux conceptions qu'elle ne parvient à les concilier.
Cependant, Leibniz déjà semble avoir entrevu que certains énoncés ayant trait au mouvement sont, au point de WiQ de la rationalité, d'essence composite. Nous avons vu qu'il déduisait son principe de la conservation de la force vive, sans scrupule aucun, directement de l'égalité de la cause et de l'efTet. D'autres fois, par contre, il formule des réserves. Ainsi, critiquant^une démonstration de Descartes où ce dernier mettait en jeu la constance de Dieu, il écrit : « Tout le monde voit combien cette raison qui pose la constance de Dieu est faible, car bien que la constance de Dieu soit la plus haute et que rien ne s'y moditiàt si ce