‹ De l'explication dans les sciences (volume 2)Chapitre 94 sur 153 · Dbscartbs, loc. cit., 2» partie, chap. XLII · texte numérisé non relu

Dbscartbs, loc. cit., 2» partie, chap. XLII

2. J. R. Mayer, Bemerknngen ueber die Kraefte der unbelebten A'afnr, Liebigs Annalen, vol. XLll, 1842, p. 233.

3. Cf. Colding, Lettre aux rédacteurs du Philosophical Magazine, etc. Irad. Vbrdet, Annales de Chimie et de Physique, IV» série, vol. I*', 1864. p. 467.

venu variaient dans des limites si extraordinairement étendues qu'elles n'auraient pu^ en aucune façon, servir à démontrer l'existence d'un équivalent mécanique de la chaleur constant, et l'ensemble des travaux de Joule ne prend véritablement un sens que si l'on suppose qu'il avait en effet conclu a priori à l'existence d'un coefficient invariable et que les expériences ne devaient servir qu'à en déterminer la valeur numérique K Quinze ans plus tard encore, et en dépit des données expérimentales qui s'étaient accumulées entre temps. Faraday ne songe point à traiter la conservation de l'énergie en loi empirique, mais fonde sa conviction, tout comme J.-R. Mayer, sur l'égalité de la cause et de l'effet *.

Cette situation très apparente n'a nullement empêché que chacun de ces trois énoncés fût déclaré loi expérimentale. J.-S. Mill l'a affirmé pour le principe d'inertie ^ et aussi pour celui de la conservation de la masse, et Littré l'a suivi pour ce dernier énoncé *. De même, la conservation de l'énergie est couramment traitée par les physiciens comme un fait purement empirique ^

D'autre part, pourtant, l'idée d'une déduction apriorique de ces principes garde beaucoup de partisans. Pour le principe d'inertie, d'Alembert tente une démonstration de ce 'genre, sous une forme mathématique, alors que Kant et Lotze donnent à leurs déductions une forme philosophique, et que Maxwell combine les deux manières, sans réussir à rendre, par là, sa démonstration plus probante ^ Pour la conservation de la matière, Kant, Schopenhauer, Whewell et Spencer sont d'accord pour l'affirmer apriori-

1. Joule, Scie/ifi^c Papers, Londres, 1884-87, p. 268. — Cf., pour les données expérimentales. Identité et réalité, p. 209. — M. James Ward {Naturalism and Agnosticism, Londres, 1899, p. 174) a fort bien reconnu que le raisonnement de Joule était au fond, tout comme celui de J.-R. Mayer, apriorique.

2. Faraday, On the Conservation of Force, Phil. Mag. (4), XIII, 1857, p. 239.

3. J.-S. Mill, A System of Logic, Londres, 1884, pp. 160 et suiv.

4. J.-S. Mill, ib., p. 163. Littré, La science au point de vue philosophique, 2* éd., Paris, 1873, p. 322.

5. Cf., par exemple, II. Poincaré, Thermodynamique, Paris, 1892, p. 65, et LiPiiA.NN, Cours de thermodynamique, Paris, 1889, pp. 11 et suiv.

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