‹ De l'explication dans les sciencesChapitre 87 sur 123 · Ib., pp · texte numérisé non relu

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et sain '■ ». Ce parti pris farouche de l'auteur, attestant la sincérité et l'intransigeance de ses convictions vitalistes, ne peut évidemment que rehausser, dans le cas présent, la valeur de son témoignage.

D'ailleurs, à mesure que progresse la connaissance des phénomènes physico-chimiques d'une part et celle des phénomènes biologiques d'autre part, le recul des conceptions vitalistes s'accélère et éclate aux yeux de tous ; à partir, à p3u près, de la fin du xviii* siècle, de la grande époque de Lavoisier, de Volta et de Bichat, on n'a plus, en fait d'exemples, que l'embarras du choix. Les théories de Bichat lui-même en constituent un suffisamment probant, surtout quand on considère leur sort ultérieur dans la science. Bichat n'était nullement un vitaliste extrême, son œuvre constituait au contraire une forte réaction contre l'école animiste. Comme le rappelle Claude Bernard, Legallois encore expérimentait pour saisir le siège de la vie, qu'il plaçait dans la moelle allongée, alors que Flourens le logeait dans le nœud vital ^ Bichat rompt avec ces errements ; s'il s'oppose au mécanisme un peu trop grossier de Bœrhaave % il se déclare néanmoins aussi l'adversaire de Stahl * et combat le « principe vital » de Barthez, qui n'est, comms il le dit, que Varchée de Van Helmont à peine transformé ^ Cependant si Bichat, selon l'heureuse expression de Claude Bsrnard, « décentralise » le principe vital *, il lui attribue encore un rôle considérable. Il dresse les propriétés vitales en face des propriétés physiques comme quelque chose de différent par essence et déclare que, « appliquer les sciences physiques à la physiologie, c'est expliquer par les lois des corps

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