Cl. Bernard, L c, p
LES PHKNOMKNES BIOLOGIQUES 231
iiicM'lcs les phénomènes des corps vivants. Or, voilà un principe faux '. » En passant dans les corps vivants « la matière s'y pénètre, par intervalles, des propriétés vitales, ([ui se trouvent alors unies aux propriétés physiques ' ». En particulier — et c'est là le point sur lequel nous voulons attirer ici l'attention — il affirme que le mouvement des fluides dans les canaux des Végétaux « est étranger aux propriétés physiques, les vitales seules le dirigent * ». C'est là évidemment une thèse qui, à l'heure actuelle, nous paraît extravagante, et un biologiste de nos jours, si fermes que fussent ses convictions vitalistes, n'oserait sans doute la reprendre à son compte. Or, il faut le remarquer, nous ne sommes pas, au fond, en ce qui concerne le véritable mécanisme de ces mouvements, beaucoup plus avancés que ne l'étaient les contemporains de Bichat et, en tout cas, aucune découverte fondamentale en ce qui concerne ce mécanisme n'a été accomplie depuis cette époque. La tendance générale de l'évolution scientifique n'en ressort qu'avec plus de netteté. Comme le dit avec raison M. Jacques Lœb *, en citant un autre exemple du même genre (mais où justement le progrès de la physique dans le domaine en question a joué un rôle considérable), « le temps où des médecins et des biologistes pouvaient objecter à J.-R. Mayer que notre corps conserve sa chaleur par voie d'hérédité, ce temps est passé pour toujours* ».
Ainsi les sciences biologiques ne constituent pas une exception. Au contraire, conformément à la formule de M. Bonasse, elles cherchent, partout où cela se peut, à imiter la physique, à rentrer dans le cadre de la physicochimie.
Mais peut-être reconnaîtrons-nous un peu plus clairement la nature de la controverse qui sépare vitalistes et