‹ De l'exploitation des chemins de fer (volume 2)Chapitre 15 sur 81 · CO · texte numérisé non relu

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A.ill

La dépense de l'habillement des agents des autres services est beaucoup moins considérable. Presque nulle pour le ma-

tériel et le service central, elle s'est élevée pour 979 agents de la voie, à 74,747 fr. 08 c, en 1864.

En comptant tous les services, la dépense de 1864 s'est élevée pour 5,490 agents à 414,140 fr. 50 c, soit environ 75 fr. par agent.

La dépense de 1865 s'est élevée à 595,214 fr. 07 c. pour 5,586 agents, soit 70 fr. 75 c. par agent.

Congés. — Permis. — La compagnie de l'Est n'a pas cru devoir fixer de règle pour la délivrance de congés réguliers chaque année. Les chefs de. service statuent dans chaque cas particulier et accordent des congés motivés sur des faits de maladie, d'affaires de famille dûment justifiées. Quand les congés sont accordés pour une courte durée, aucune retenue n'est faite pour le traitement ; quand la durée du congé prend une certaine importance, une retenue de moitié, quelquefois de l'intégralité du traitement, est prononcée. Dans tous les cas on a égard à la position et aux charges de famille de l'employé permissionnaire. Tous les permis accordés à un agent sont notés à son dossier, de façon que l'on puisse examiner la fréquence des demandes de cette nature.

Des congés de plusieurs mois sont accordés sans traitement aux agents placés dans la réserve et appelés sous les drapeaux. Enfin, quand un agent est appelé par la conscription, il n'est rayé que provisoirement des cadres, et il y est réintégré à sa libération du service militaire, s'il est en mesure de prouver qu'il a tenu sous les drapeaux une bonne conduite.

Le nombre des places disponibles dans un train étant, sauf de rares exceptions, supérieur au nombre de voyageurs, la compagnie peut, sans aucune augmentation de dépense, accorder des permis à ceux de ses agents qui se déplacent.

Quand un agent est déplacé par ordre, soit pour une mission temporaire, soit pour un changement définitif, un permis de l"*", 2'^ ou 5" classe, selon le grade, lui est accordé; si le déplacement est définitif, un permis est accordé aux personnes

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qui composent le ménage de l'agent, femme, enfants ou ascendants.

Si le déplacement a lien par suite de congé, des permis peuvent être accordés à la femme ou aux enfants, selon le motif du déplacement et selon les services de l'agent, la compagnie considérant la faveur des permis comme une récompense qu'elle a le droit de refuser ou d'accorder.

Permis de marché et d école. — LcS garCS SOUt SOUVCUl placées dans des localités où il est extrêmement difficile de se procurer soit les choses nécessaires à la vie, soit des moyens d'instruction pour les enfants. Dans ce cas il est accordé à la femme de chaque agent un ou deux permis par semaine, aux enfants un permis journalier pour se rendre à la ville la plus voisine où il existe un marché ou une école.

Résidences dans la banlieue des grandes villes. Abonnements

spéciaux. — Le prix toujours croissant des loyers dans les grandes villes, et notamment à Paris, a engagé un certain nombre de ménages à s'installer toute l'année dans la banlieue. La compagnie de l'Est a favorisé ce déplacement qu'elle considère comme utile à ses agents, en accordant des cartes de circulation à tous ceux qui déclarent vouloir habiter une localité desservie par les trains de banlieue. Ces cartes ne sont valables que pour des trains désignés et dont les heures concordent avec la durée du service.

En même temps, si l'employé en fait la demande, une carte d'abonnement spécial est délivrée aux personnes composant le ménnge de l'employé demeurant à la campagne :

Sa femme;

Son père ou sa mère, si l'agent est veuf et si ses parents demeurent avec lui ;

Ses enfants âgés de plus de dix ans et encore à sa charge.

Le prix de cet abonnement est fixé au cinquième du prix des abonnements ordinaires, c'est-à-dire à une somme extrêmement faible.

CONSIDÉRATIONS (.KM-nALKS. 105

Transport de denrées, de iirovisions de ménage. — Elllill la

compagnie autorise le transport, au prix de 0 fr. 05 c. par tonne et par kilomètre, des denrées, provisions de ménage que les employés peuvent recevoir de leurs parents ; la même ré duction est accordée pour des objels mobiliers achetés au moment d'un mariage ou échus dans une succession. Ces diverses mesures diminuent les charges de chaque famille, sans entraîner la compagnie dans aucune perle; on peut même affirmer que, dans un grand nombre de cas, ces envois, s'ils devaient être effectués à taxe entière, n'auraient point lieu.

Bains. — Lcs balus sout uu puissant moyen d'hygiène autrelois presque inconnu et que les classes ouvrières commencent à apprécier. Le règlement sur le service médical autorise les médecins à faire délivrer aux employés malades des bains simples. La compagnie de l'Est a pensé qu'il n'y avait pas lieu d'attendre que les employés devinssent malades pour que des bains leur soient délivrés, et elle a installé des baignoires dans sept de ses principaux dépôts, à la Villette, Troyes, Chauraonl, Épernay, Nancy, Mulhouse et Strasbourg.

Ces bains sont surtout destinés aux mécaniciens et aux chauffeurs, que l'emploi de la houille dans les machines locomotives noircit d'une manière exceptionnelle ; mais les autres agents de la compagnie sont admis à profiter de cette installation ; la préférence est toutefois donnée aux mécaniciens et aux chauffeurs.

Vente de charbon anx agents «le la eompagnie. — L achat (lu

combustible pour les mois d'hiver constitue pour les petits ménages une aggravation de dépense très-appréciable. La compagnie, dans le but de rendre service à ses nombreux agents, met à leur disposition de la houille à un prix analogue à celui auquel elle l'achète pour son service de traction ; elle a adopté à cet égard comme prix moyen pour tout son réseau le chiffre de 20 fr.

La houille est délivrée par quantités de 500 kilogrammes

à tout agent non logé qui remet soit l'argent, soit un ])on imputable sur le premier mois de traitement.

La compagnie a ainsi vendu chaque année aux agents du service de l'exploitation les quantités ci-aprés :

Hiver 1858-18:)!» 1,182,250 kilogr. :i 780 agents.

Boissonii» froides vt oliautles accordées aux agents. — l eudaut

l'été les ouvriers occupés de travaux pénibles ont la tentation de boire des quantités d'eau souvent considérables. Celte habitude, surtout quand l'eau est de mauvaise qualité, peut occasionner des maladies sérieuses. Pour diminuer autant que possible ce danger, la compagnie a autorisé ses chefs de gare à distribuer aux hommes pendant les fortes chaleurs une boisson composée de la manière suivante :

Eau 1,000 gram.

Café 15

Cassonnade 25

Eau-de-vie 50

Dans l'hiver, quand la température s'abaisse beaucoup audessous de zéro, les mécaniciens, les chauffeurs et les agents des trains sont, à la traversée de certaines sections du chemin de l'Est, exposés à des souffrances très-vives, occasionnées par le froid. Nous avons jugé qu'il y avait lieu d'appliquer au moins exceptionnellement une mesure d'un usage général sur les chemins de for russes, et de donner aux hommes exposés à un froid violent du thé très-chaud ; cette boisson a une action beaucoup plus salutaire que les boissons alcooliques, et les résultats obtenus ont été très-satisfaisants.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lO:

Les dépenses relatives à ces mesures ont été :

Été de 180i, boissons froides 9,504 fr. 27

Hiver de '18C4-18G5, boissons chaudes.. . 8,028 50

ToTAi 17,422 (r. 77

Ces chiffres peuvent paraître considérables, mois il ne faul pas perdre de vue qu'ils s'appliquent à un personnel trèsnombreux et que, la question d'humanité, qui doit occuper la première ligne, n'cxislàt-elle point, il est probable que l'usage de ces boissons a empêché des maladies qui eussent entraîné la compagnie dans des dépenses plus importantes.

Publication des actes de probité et de dévouement, — DcS acteS

Irès-nombreux de dévouement et de pro])ité sont accomplis pour ainsi dire chaque jour par les employés des chemins de fer, et les compagnies ont pu accorder ou faire accorder aux auteurs de ces actes des récompenses méritées ; mais ce n'est que dans des cas exceptionnels que l'on peut, soit donner une gratification, soit obtenir du gouvernement une médaille. Rien n'était fait pour les actes pour ainsi dire habituels de probité ou de dévouement. La compagnie de l'Est a pensé que ces actes ne devaient pas rester ignorés, et elle a décidé qu'un ordre du jour porterait à la connaissance du personnel les noms des agents qui se seraient distingués à un titre quelconque. Publiés d'abord à des époques indéterminées, ces ordres du jour ont dû être multipliés, et aujourd'hui le directeur de l'exploitation fait paraître chaque mois un ordre dans lequel il porte à la connaissance du personnel 50, 40 et quelquefois 50 actes de probité ou de dévouement accomplis par les agents placés sons ses ordres. Chaque agent dont le nom figure sur un ordre du jour, reçoit un exemplaire de cet ordre, et mention en est faite à son dossier.

Sans aucun doute, en restituant avec empressement les sommes trouvées sur les quais ou dans les voitures, les em-

ployés ne font qu'accomplir un devoir, mais co devoir peut être rendu plus facile par la pensée qu'une récompense morale est attachée à son accomplissement.

Sociétés alimentaires. — Lcs béuéficcs réalisés, aiusi quc les frais généraux supportés pour les conmierçants qui vendent les choses nécessaires à la vie, augmentent dans une grande proportion le prix de ces diverses choses, et on a bien souvent recherché s'il ne serait pas possible de donner aux petits consommateurs les denrées à un prix qui se rapprociiât aussi complètement que possible de celui reçu par le producteur. Plusieurs grandes sociétés industrielles, quelques grands établissements ont pensé et pensent encore o])tenir le résultat désiré en achetant directement une certaine quantité d'objets de consommation et en les distri])uant à prix coûtant à leurs ouvriers ; quelquefois môme des restaurants ont élé ouverts aux ouvriers célibataires.

La compagnie de l'Est n'a pas voulu entrer dans cette voie, et s'exposer aux inconvénienis qui se sont révélés dans quelques-unes des organisations dont nous venons de parler, ainsi qu'aux récriminations injustes formulées sur la gestion de ces magasins, sur la qualité des objets vendus, sur les prétendus bénéfices qui seraient faits par les gérants. Elle a décidé que les agents et ouvriers qui désireraient profiter des différences qui existent entre les prix des objets achetés en gros ou en détail, connussent les difficultés que présente la réalisation de ce désir; elle s'est alors contentée de favoriser la formation de sociétés de coopération en leur accordant un concours important, tel que prêt d'un local, avance de fonds; mais elle s'est abstenue de toute immixtion dans la gestion.

Deux sociétés ont élé formées en 1865. Toutes deux ont pour but de procurer à chacun des associés les denrées et marchandises de consommation usuelle aux meilleures conditions possibles de bon marché. Ces deux sociétés, organisées

COiNSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. lOîl

l'une à Paris, l'autre à Épernay, sont sorties de la période des essais et des tâtonnements, et elles paraissent arriver à une marche régulière.

Secours en temps de cherté des vivres. — Cliaque fois que le

prix du pain s'est élevé d'une manière extraordinaire, toutes les compagnies françaises ont accordé à ceux de leurs agents qui ne jouissaient que d'un faible traitement une indemnité mensuelle destinée à combler l'augmentation de dépense résultant de cette cherté. Cette indemnité variait avec le nombre de personnes dont se composait la famille de chaque employé. Nous citerons la formule suivante : 5 francs par mois pour l'agent marié et sa femme, 2 francs 50 centimes en plus pour chaque enfant âgé de moins de quinze ans.

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