‹ De l'exploitation des chemins de fer (volume 2)Chapitre 52 sur 81 · i- — . oc 1-:-": œi · texte numérisé non relu

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EXPLOlTxV'riON COMMKRClALi:. 025

Transport des ouvriers. — La questioil flc l'élrvat ioil (lll

prix des loyers est une des questions les plus sérieuses du lemps présent, et, 'dans un eerlain nombre de villes, les ouvriers éprouvent de grandes difficultés à se loger. On s'est demandé si les chemins de fer ne permettraient pas aux ouvriers de trouver, à certaines distances de leurs ateliers, des logements plus grands, plus salubres que ceux qu'ils trouvaient à proximité de ces ateliers. La compagnie de l'Est a tenté à cet égard un essai dans des conditions qui paraissaient très-favorables, et qui n'ont cependant donné jusqu'à ce jour que des résultats médiocres.

Le développement de l'industrie dans la ville de Mulhouse a donné à la question des logements, dans cette ville, nnc importance exceptionnelle; et, malgré le remarquable succès obleiui par les fondateurs des cités ouvrières, on peut dire qiTil reste encore beaucoup à faire : tous les jours on voil sur h's routes qui aboutissent à Mulhouse de longues (iles d'hommes, de femmes et d'enfants se rendant le matiji au travail, et regagnant le soir leurs demeures souvent éloignées de plusieurs kilomètres. Frappée de cet état de choses, la compagnie de l'Est a offert aux industriels de Mulhouse d'établir des abouuements à la semaine pour les ouvriers qui se rendraient aux ateliers. Pour certifier la présence des ouvriers, ces abonnements sont souscrits par les patrons. Acceptée avec empressement, cette mesure a été appliquée à la fin de l'année ISG4, et huit grandes maisons de Mulhouse ont pris des abonnements pour le compte de leurs ouvriers. Dans toute l'année 1865, il a été souscrit 2,863 abonnements seulement, ce qui donne une moyenne de 55 ouvriers par semaine. Les prix demandés étaient les suivants :

IIE MULHOUSE A Ztl.LISIIRlM, II.I.FUl'.T ET ALTKIRCH, F.T nF.TOUl;.

l'our \e> •'• jours de l;i simiiiiiik^ (pour les lioinmos). . . 11. SU

(ipiniiics et enliinls). . I ••0

326 ItE L'EXPLOITATION DES CHEMliNS DE FER.

Cela représente par conséquent 0,50 c. et 0,25 c. par joui'.

M. Jean Dollfus, maire de Mulhouse, ayant demandé à la compagnie de l'Est de tenter un second essai dans la direction de Bâle, un nouveau tarif a été accordé par la compagnie ; il comprend les prix suivants :

DE MLLHOISE A RIXHEIM, IIAIiSHEIM, SIERENT/, lîAP.TENHEIM ET t;AINT-I.OUIS.

Pour les 0 jours de la semaine (pour les hommes).. . 21'. » — (femmes et enfants). . 1 80

Appliqué seulement le 20 août 1866, ce tarifa donné les résultats suivants dans le restant de l'année :

.\bonneineiils pour les hommes 526

V — Voar les femmes et les enfants. . . . 200

ToTAi 726

Soit en moyenne, par semaine 52 person.

Un troisième essai a été tenté, à la fin de l'année 1866, pour le transport des ouvriers des grandes fabriques de drap de Pierrepont, dans la Meuse, et les conditions sont semblables à celles faites aux ouvriers de Mulhouse. En ce moment, 49 ouvriers profitent chaque jour de ces trains.

Tous ces chiffres ne sont guère importants, mais jamais les modifications à introduire dans la vie ordinaire des ouvriers n'ont eu un succès prompt, et il y a lieu d'attendre les résultats d'une plus longue expérience.

Les taxes du train d'ouvriers établi sur la ligne de Paris à Vincennos, et dont nous avons parlé dans le paragraphe précédent, sont les suivantes :

Paris à Yincennes, G kilomètres 0,15 cent.

Paris à Lt Varenne, 17 kilomètres 0,40

Le succès de ce train a été, pendant plusieurs années, trèsdouleux. Le train qui arrive à Paris à 5 heures 40 minutes du

EXPLOITATION COMMERCIALl-:. 527

matin ne contenait qu'un très-petit nombre de personnes, tandis que celui qui part de Paris à 7 heures du soir était complet, les voyageurs ordinaires prenant leurs dispositions pour rentrer à la campagne par ce train, et profilant des réductions qui n'ont été stipulées que pour les ouvriers. Depuis un an, cependant, les choses s'améliorent, et le train du matin a maintenant 550 personnes. Le train du soir est toujours plus chargé, et reçoit 450 voyageurs en moyenne ; dans l'été, le train du soir est an grand complet : il emmène environ 1,200 voyageurs.

Transport des militaires et marins. — NoUS UC devrioUS paS

parler du transport des militaires et marins dans le paragraphe destiné à faire surtout connaitre les réductions consenties par les compagnies, puisque les réductions dont jouit cette classe de voyageurs sont prescrites par le cahier des charges ; mais il nous a paru nécessaire de donner quelques explications sur le privilège attribué aux militaires et marins.

Ce n'est pas en vue de constituer un avantage à une classe particulière de citoyens que l'administration a stipulé que le transport des militaires et marins aurait lieu d'abord à moitié, et plus tard au quart des tarifs ordinaires. L'État n'a voulu qu'une chose, diminuer les dépenses que les nombreux déplacements des militaires imposaient au Trésor public. La gratuité des transports de la poste, les réductions pour les transports militaires sont des avantages que l'État a cru pouvoir réserver en sa faveur au moment où il a concédé les cbemins de fer; et les premières rédactions insérées dans les cahiers des charges ne laissent subsister aucun doute h cet égard : « Les militaires en service, voyageant en corps ou isolément, ne seront assujettis, eux et leurs bagages, qu'cà la moitié de la taxe des tarifs. »

L'addition des mots en permission aux mots eu service doit être considérée comme une atteinte regrettable au principe que nous venons d'indiquer, car les permissions peuvent être accordées par les chefs de corps pour des causes étrangères au

service ; mais ce n'est qu'une exception dont il ne faut pas exa-

^^érer l'importance.

Rien ne justifierait l'extension aux militaires en retraite du droit de voyager au quart du tarif; une telle extension serait à coup sûr un privilège que réclameraient à bon droit tous les fonctionnaires de l'État. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que des modifications de cette nature ne pourraient être apportées aux contrais de concession que du consentement des contractants.

Valeur totale des réduetions opérées par les compagnies. —

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer montrent que les compagnies françaises ont su, dans une large mesure, consentir à des réductions de taxes que ne prescrivaient point leurs caliiers des charges. Sans aucun doute, elles ont eu intérêt aie faire, mais létendue des réductions effectuées prouve que le reprocbe d'immobilité adressé aux compagnies est peu fondé.

En 1805, l'administration supérieure a invité les compagnies à lui faire connaître le détail des abaissements effectués en dehors des prescriptions du cahier des cliarges ; les tableaux fournis par les compagnies ont donné, pour l'exercice 1804, 1111 cliiffi'e de 25,928,474 fr. 10 c, savoir :

lt|.MC,\\lln.N DKS I.IGNF.S

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