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I.c transport des bestiaux a pris sur tous les chemins de fer un tlrveloppeniciil (jui n'avait pas été prévu dès l'origine, el les (lueslions qui se raltaelient à ce mode de transport doivent être considérées comme ayant une importance considérable pour la solution du problème de la viande à bon marché.
En étendant chaque jour davantage le rayon d'approvisionnement des villes et des grands centres, les chemins de fer combattent la tendance au renchérissement produit par le développement de la consommation de la viande : non-seulement ils amènent directement sur les marchés des animaux qui peuvent être livrés immédiatement à la consommation, mais, par la facilité de déplacement qu'ils procurent, ils permettent aux propriétaires de bestiaux maigres de conduire leurs animaux dans des régions où l'engraissement peut s'obtenir à bon marché, et de transformer ainsi en animaux propres à l'alimentation des bêtes presque sans valeur autrefois. Nous donnerons dans la présente note des exemples de ces transports d'animaux maigres, dont rimjiorlance s'accroît chaque année.
Les chemins de fer ont également permis l'importation du bétail étranger sur une échelle considérable, importation qui n'a eu aucune des conséquences fâcheuses annoncées par les partisans du système protecteur, et qui fournit à la consommalion du pays une part déjà appréciable.
Enfin, les chemins de fer ont donné naissance à un transport pour ainsi dire inconnu avant eux, celui des viandes abattues. Chaque jour, le chemin de fer de l'Est amène à Paris plusieurs
centaines de kilogrammes de viandes de choix (filets de bœuf) recueillies par des courtiers dans les villes de la Suisse allemande, et ce commerce s'étendra certainement à d'autres pays producteurs.
Les chemins de fer ont donc déjà rendu à notre pays de grands services dans la question de la viande à bon marché, et ils en rendront de bien plus grands encore lorsque l'on aura pris l'habitude de se servir directement des facilités qu'ils procurent, sans passer par des intermédiaires qui souvent bénéficient de différences considérables perdues pour le producteur et le consommateur. Cette hésitation à faire soi-même ses affaires explique des anomalies qui se présentent fréquemment dans des localités très-rapprochées, et, sans elle, on ne comprendrait pas comment la différence entre le prix d'une même denrée sur deux marchés est souvent très-supérieure à la valeur du transport à payer pour aller d'un marché sur l'autre.
II. — PRIX FIXÉS PAR LE CAHItPv DES CHARGES PODR LE TRANSPORT DES BESTIAUX ET TRANSPORTS PAR TARIFS GÉNÉRAUX.
Les prix fixés par l'article 42 du cahier des charges commun à toutes les grandes compagnies sont les suivants :
Petite vitesse, par tête et par kilomètre :
Bœufs, vaches, taureaiix, chevaux, mulets et bêtes de trait,
Veaux et porcs, 0,04 c. ;
Moutons, brebis, agneaux et chèvres, 0,02 c.
Pour la grande vitesse, c'est-à-dire lorsque les animaux sont, sur la demande des expéditeurs, transportés par les trains de voyageurs ou à la vitesse de ces trains, les prix cidessus sont doublés ; ils sont, en outre, augmentés de l'impôt du dixième, et s'élèvent en définitive, par tête et par kilomètre, à :
Bœufs, vaches, taureaux, chevaux, mulets, etc., 0,22,4;
i;i.M I IMS (.i,M,i;\i \. l.i?
Voaiiv (M porcs, (l,(IS,!IO ;
Moulons, hrcltis, ;i^ii(';m\ cl ilirvics, l),()i,4S.
Les frais accessoires (l'tMiregislniiiciil, de diargemonl cl de dérliargemenl fixés cliaquc aiiiicc pai- le uiiiiislrc des liaN.inx publies, sur la proposilioii des eoiiipaj^iiies, suul les suivants, pour la grande connue pour la petite vitesse :
Enregistrement par e\|M''dili(iii, 0,10 c;
Bœufs, vaclies, taureaux, clievaux, etc., par trie, 1 IV. ;
Veaux et porcs, par tète, 0,iO c;
Moutons, brebis, etc., 0,20 c.
Tarifs généraux graiule et petite vitesse. — ToutcS IcS Compagnies appliquent les bases qui viennent d'êlrc indiquées pour les transports elïectués par tarifs généraux, c'est-à-dire par tarifs applicables à tout le réseau dont elles sont concessionnaires, sans conditions exceptionnelles de vitesse ou de limitation (lu nombre des animaux. On conçoit, en effet, que, cliargées de transporter un animal isolé, bœuf, veau, porc ou moulou, les compagnies prennent, pour effectuer un transport de culte nature, le maximum des taxes qu'elles sont autorisées à percevoir. Il n'en est plus de même lorsque les animaux sont présentés en bandes pouvant occuper plusieurs wagons, pu lorsque les expéditeurs consentent à exonérer la compagnie d'une partie de la responsabilité qui incombe d'une manière générale au transporteur. Ces considérations ont donné naissance aux tarifs spéciaux qui existent sur toutes les lignes, et dont nous analyserons les principaux, en considérant successivement la grande el la petite vitesse, et pour chacune de ces vitesses, la nature des animaux transportés.
111. — TRANSPORT HKS AMMAUX l'AR TARIFS SPÉCIAUX DE (.RANLiE VlTtiSE.
1° Chevaux. — Nous avons dit que le tarif général pour le transport d'un cheval était :
Par kilomètre, en grande vitesse, impôt compris, 0,22,4 ;
Par kilomètre, en petite vitesse, 0,10 c.
Les compagnies de Paris à Lyon et à la Méditerranée, de Paris à Orléans, du Midi et de l'Ouest, n'ont pas pensé qu'il ^ eût lieu, sur leur réseau, de modifier les taxes générales, et, sauf pour les chevaux de course, dont nous parlerons à part, elles n'ont formulé aucun tarif spécial pour le transport dej chevaux en grande vitesse.
Les compagnies du Nord et de l'Est ont, au contraire, accordé des réductions pour ces transports, savoir :
1° Sur le chemin de fer du Nord :
Pour un wagon de six chevaux ou mulets appartenant ai même propriétaire, par kilomètre, 1 fr. 10 c. ;
Pour un wagon de trois chevaux appartenant au même pro priétaire, par kilomètre, 0,55 c.
Prix exceptionnels :
De chacune des gares de Boulogne, Calais, Dunkerque, Valenciennes et Erquelines à Paris, et réciproquement :
Pour un cheval, 50 fr. ;
Pour trois chevaux, 125 fr.
2° Sur le chemin de fer de l'Est :
Pour un wagon-écurie de trois chevaux ou mulets, par kilomètre, 0,55 c;
Pour une expédition de quatre à six chevaux, par kilomètrt et par écurie, 0,44 c.;
Pour une expédition de neuf chevaux et plus, par kilomètre et par écurie, 0,54 c.
C'est-à-dire que, si on emploie trois écuries, le prix demandé par la compagnie de l'Est pour les transports en grande vitesse est, à l'impôt près, celui fixé par le cahier des charges pour les transports en petite vitesse.
Les compagnies du Nord et de l'Est accordent, en outre, des facilités pour le transport des palefreniefs qui accompagnent les chevaux.
Sur le Noiil, un pcniiis à riillcr csl accuidé à huil ii.ilclri'iiicr ac'coinpugiiaiil au niuiussix i-li(>v:iu\.
Surl'Ksl, le peruiis ;i l'iillcr cl au retour est iUMtordé ;i tout liilcIVenier aceompa'iuaiil au moins (rois elievaux. Il est délivié aulaiil de pennis (ju'il v a de \va{^(>ns employés.
Ces faveurs penveid paraihc considérables. La compagnie de i'Kst ne s'est décidée à les concéder que parce que les accidents sont très-rares dans les écniics (jui contiennent un palc- IVeniei', dont la parole et les soins empéclicnl les chevaux de prendre peur et de s'agiter dans les hoxes ; dans les écuries où les animaux sont isolés, les accidents atteignent quelquefois une extrême gravité.
2" Chevinix de course. — La question de la valeur des chevaux remis aux compagnies de chemins de fer a surtout été débattue au sujet du transport des chevaux de courses. Une transaction est intervenue à cet égard entre les compagnies et la Société d'encouragement pour l'amélioration de la race chevaline en Trancc (Jockey-Club). Aux termes de celte transaction, formulée dans le recueil des tarifs de presque toutes les compagnies, les chevaux désignes par le secrétaire de la Société d'encouragement sont transportés à moitié prix, mais l'absence de toute responsabilité de la part des compagnies est formellement stipulée ; il est, en outre, accordé une réduction de 50 p. 400, tant à l'aller qu'au retour, aux conducteurs des chevaux de course, à raison d'un conducteur par cheval.
5" Étalons des haras impth'iaux. — La réduction de 50 p. 100 sur les prix de transport a été également consentie par les compagnies pour les étalons expédiés par l'administration des haras impériaux, ainsi que pour les conducteurs qui les accompagnent, mais sous réserve de l'absence de toute responsabilité.
Appliqués depuis deux ans environ, ces tarifs réduits rem= plissent le but en vue duquel ils ont été créés, et ils n'ont,
à noire connaissance, donné lieu à aucun incident digne d'èlre
noté.
4° Bestiaux de toute nature. — Ainsi que nous l'avons dit pour les chevaux, les compagnies de Paris à Orléans, du Midi et de rOuest, n'ont pas jugé nécessaire de faire des tarifs spéciaux de grande vitesse pour le transport des bœufs et vaches, veaux, porcs et moutons.
Les compagnies de l'Est et du Nord ont mainlenu un tarif pour cette nature de transports, qui est fixé sur ces deux réseaux à 1 fr. 10 par ^vagon complet et par kilomètre.
La compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée perçoit 0 fr. 50 par wagon complet et par kilomètre sur les chemins de fer de l'Est et du Nord.
Les expéditeurs ont le droit de charger dans un wagon le nombre de têtes que bon leur semblera au delà du nombre ci-après fixé; mais la compagnie sera affranchie de toute responsabilité pour les risques et périls qui pourraient résulter en cours de transport de cet excès de chargement :
5 bœufs, vaches ou taureaux ;
14 veaux .ou porcs ;
25 moutons, brebis, agneaux ou chèvres.
Sur le chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée le chargement complet d'un wagon est fixé ainsi qu'il suit :
6 bœufs, vaches et taureaux;
15 veaux ou porcs;
40 moutons, brebis, agneaux ou chèvres.
Ces tarifs spéciaux de grande vitesse sont peu appliqués.