‹ De l'exploitation des chemins de ferChapitre 62 sur 109 · C. — Chemin du Nord · texte numérisé non relu

C. — Chemin du Nord

Le tarif du chemin du Nord, comme les deux précédents, est établi à la tonne. Il donne des prix fermes au départ de dixhuit stations situées dans la banlieue de Paris; ces prix varient de 7 fr. pour 29 kilomètres, à 16 fr. pour 111 kilomètres.

Le tarif n'est applicable qu'aux parties de 5,000 kilogrammes ou payant pour ce poids.

D. — Chemin de l'Est.

Le tarif du chemin de TEst est, comme celui de la compagnie d'Orléans, établi par litre et par zone; il contient, en outre, deux prix, selon que les expéditions atteignent 500 litres ou qu'elles constituent un chargement complet de 5,600 litres.

Les prix sont établis au départ de soixante-neuf stations; les deux plus éloignées de Paris sont Bar-le-Duc (254 kilomètres, sur la ligne de Strasbourg), et Chaumont (262 kilomètres, sur la ligne de Mulhouse) . Ces gares extrêmes n'ont jamais fourni de lait ; les transports ne commencent qu'à Vitry-la-Yille, situé à 188 kilomètres de Paris.

Le prix du transport d'un litre varie de 0 fr. 01 à 0 fr. 022 pour les expéditions de 500 litres, et de 0 fr. 01 à 0 fr. 02 pour les expéditions de 5,600.

Sur la demande de quelques commerçants, la compagnie de l'Est a autorisé le retour dans les pots, habituellement renvoyés à vide, du petit-lait ou du lait tourné, moyennant un prix uniforme de 0 fr. 005 par litre, de Paris à toutes les stations du

iif:sii.i\i,s t.f,\r;i;M \. i.s:,

iV'SiMii. (!)■ laril iccuil (|iirl(|ii('s :i|i|)lii-:il iniis pnid.iiil rrtr, cl (lis i|ii:iiitit<'>s :iss(>/ iiii|)iii'tiiiilrs de |it'lil-|;iil stml i rluiiriM''(;s (l;ms lii Iciiiliciic cl iitilisccs |miiii rcngraissciiiciif des poics.

Nous ii';ivims j);is besoin de dire (|iic, liieii «luil n'y ait dans cliaciiii des laiil's (|iie nous vciioiis de iiiciitiuiiiicr (|irmi cci-laiii iiniubiv de j^airs qui soii'iit indi(|uées euiiiiiKt points d'ex- |)édilioti, toutes les stations inlennédiaires non dénommées jouissent de la faculté d'expédier au prix prévu jmur la stati(tn déiiomuiée située en arrière.

Ou peut regretter que les eonipagnies n'aient pas adopté un mode de taxation unifoi me, et qu'elles n'aient pas toutes pris la taxe à la tonne, l/apprécialion au litre adoptée par les compagnies d'Orléans et de l'Est résulte d'habitudes anciennes; on avait pensé rendre les tarifs plus intelligibles pour le public, et il est difticile aujourd'hui de les changer.

DriniH de (ranisport. — La qucslion dcs délais de transport a une importance considérable pour une marchandise aussi délicate que le lait. Les délais légaux sont ceux fixés pour le transport des articles à grande vitesse. Une exception est même stipulée pour la livraison à l'arrivée : les marchandises ordinaires ne doivent être livrées que le jour; le lait doit être, de nuit comme de jour, mis à la disposition des destinataires, à la gare, deux heures après l'arrivée du train.

Mais, dans la pratique même, on a diminué les délais prévus par les arrêtés ministériels. Au départ, le lait est accepté dans les gares jusqu'au dernier moment, et les compagnies ne réclament que le temps de faire le chargement et les écritures. A l'arrivée, les destinataires se trouvent dans les cours, et les wagons leur sont livrés aussitôt après le débranchement du train.

Les indemnités à payer par les compagnies en cas de retard dans l'arrivée du lait ont donné lieu à de vives discussions : les destinataires, prétendant que le moindre retard suffisait

pour empêcher la vente, demandaient le remboursement intégral de la valeur de la marchandise ; les compagnies, se retranchant dans les délais fixés pour l'ensemble des marchandises, soutenaient qu'elles ne devaient rien tant que ces délais n'étaient pas dépassés; elles ajoutaient, d'ailleurs, qu'en échange de l'énorme abaissement de prix qu'elles avaient consenti, elles pouvaient stipuler un allégement dans les charges qui pesaient sur elles.

Ces dernières considérations ont donné lieu à des stipulations spéciales insérées dans les tarifs de l'Est et du Nord, et qui sont ainsi conçues :

« En cas de retard dans l'arrivée à Paris du train auquel le lait aura été remis par les expéditeurs, retard non justifié par un cas de force majeure, accident, neige ou verglas, la compagnie n'est responsable du préjudice éprouvé par les expéditeurs ou les destinataires que jusqu'à concurrence du prix de transport, et les retenues seront calculées de la manière ciaprès :

« 11 sera fait une réduction du tiers sur le prix de transport pour un retard d'une heure, des deux tiers pour un retard de deux heures, et la compagnie abandonnera la totalité de son prix de transport pour un retard de trois heures et plus.

« Néanmoins, les droits des expéditeurs sont réservés, et ils pourront exercer tous recours contre la compagnie, dans le cas où le retard dans l'arrivée du train excéderait douze heures. »

Mode d'exécution des transports. — Le lait s'cxpédic daUS

des pots en fer-blanc dont la forme est connue de tout le monde ; ces pots contiennent 10 ou 20 litres.

Les pots de 10 litres pèsent vides 4 kilogrammes;

Ceux de 20 litres, 0 kilogrammes.

Ils sont fermés par des cadenas, et les couvercles sont, en outre, habituellement scellés à la cire.

Beaucoup de pots portent, repoussées en relief, les initiales

ljf;sri,T.\TS CÈNfiRMN. 18.',

(lu nom (II- Iniis |ii oprii'laircs on drs ni:iti|(n's ilisliiiclivfs.

|l;iiis |»liisit'iiis villes dWlsiUM', \v lait se transiiorlc dans des holk's en hois de sapin niéplales donl les dnnves sont assujetties par des bandes en cuivre jaune ; ces hottes sont apportées et enlevées à l'épaule. Ce mode de (lansporl tend à disparaître, parée (pie le poids mort du vase est trop considérable, el à Mulliouse elles ont été l'eniplacées par de grands pots en ler- Manc contenant iO litres.

l'en de cullivalenrs sont en état de fournir chaque jour les quantités de lait demandées par les compagnies pour l'application des tarifs réduits que nous avons fait connaître. Les dépenses à faire pour le camionnage entre les fermes et les gares, ainsi que pour la distribution à domicile dans les grandes villes, sont trop considérables pour être supportées par les propriétaires de faibles expéditions, et le transport du lait n'a pu être réalisé sur les chemins de fer que par l'existence d'intermédiaires qui se chargent de réunir toute la production dune région agricole, de la centraliser à une gare, de l'expédier à Paris et de la distribuer à domicile, en recueillant dans cette dernière ville les pots vides pour les reporter el les répartir aux lieux de production.

Le transport du lait dans les campagnes s'effectue ainsi avec une très-grande rapidité, à l'aide d'équipages spéciaux traînés par deux, trois ou même quatre chevaux ; un équipage à quatre chevaux traine ainsi 200 pots de lait, contenant ensemble 4,000 litres.

Les prix de transport par terre varient naturellement avec la distance à parcourir, le poids des remises journalières ; nous citerons les prix suivants :

Sur les lignes de l'Est, de Lyon et d'Orléans, ces frais sont estimés à 2 fr. 50 par 100 litres ; sur les lîgnes de TOuest et du Nord, à 2 fr. seulement ou 0 fr. 02 par litre."

Celte organisation de grandes laiteries autour d'une ville

iSfi liE LI-XPLOITATKiN l»KS CHEMINS DK FEfi.

comme Paris permet d'assurer la régularité de Tapprovisionnement. La production du lait dans une ferme n'est pas uniforme; en réunissant dans un seul établissement les produits dun certain nombre de fermes, on arrive à une moyenne qui correspond aux besoins réguliers et uniformes d'une grande ville.

Les compagnies de chemins de fer ont, de leur côté, approprié un matériel spécial pour le transport du lait. Les expéditions ordinaires s'effectuent dans les wagons consacrés au transport de la messagerie et des bagages; mais les grandes expéditions sont chargées dans des wagons à deux étages contenant ensemble 200 pots de 20 litres chacun, soit une charge moyenne de 5,000 kilogrammes, le pot plein comptant pour 25 litres.

Ces wagons sont habituellement à claire-voie, de façon à éviter toute élévation de température funeste à la conservation du lait.

Sur les chemins de fer du Nord et de l'Ouest, le transport du lait a pris un développement suffisant pour motiver la mise en marche de trains réguliers ; ces trains arrivent à Paris vers deux heures du matin, et ils repartent dans la journée emmenant les pois vides laissés la veille à Paris. Il faut, pour faire un service régulier et rapide, deux jeux de pots à lait ; quand les distances à parcourir sont considérables, il faut avoir trois jeux de pots ; pour les très-courtes distances, au contraire, un seul suffît.

Résultats obtenus et quantités transportées à Paris en 1865.

— Les tableaux ci-après donnent les quantités de lait amenées à Paris par les cinq grandes compagnies pendant l'année 1865, et ils indiquent les principales gares de départ. Les distances de ces gares à Paris sont très-variables ; presque toutes sont situées dans un cercle dont le rayon ne dépasse pas 100 kilomètres. Les quantités expédiées de localités phis éloignées sont peu considérables, et il est peu probable que le commerce du

i;isi I.T\1S cr.M'liM \. l.sT

lui |M l'Miif (If ^l'.iihls il«'>v«>l()p|)i'ini*iils i|iiiinil l.i tlisl.inn- :'i |i:ir- 1 .miii' ;illfiiulia -Mil» kilonuMics.

Nous cilcroiis ('\rr|>li(>iiii('lltiiiriil :

Chàlons-sur-Manie, à 170 kil. de hiris, qui adonné 257, ()!)() lil. Vilry-la-Ville, à. . . 18S kil. — ' r.0r),0r.0

Joigny, à Ii() kil. — 201,040

Boaugoni-y, à. . . . 1 iO kil. — 71,07.'i

Ql ANTITÉS DE LAIT Til\NSlM»KTKES SIR l'AHIS P\|', LES CHEMINS DE I Kil

l'ENDANT I.'aN.m'e l^Cu

STATIONS

NOMUnE

Page 1