DE LITRES
l'IlODUIT
Epône
Mantes
Bonnières
Gaillon
Bréval
Bueil
Evreux .
' Le Ferrav
Epemoii. . ...
Chartre'^. ...
Totaux
En groupant les tonnages transportés par les cinq chemins de fer, nous trouvons pour l'approvisionnement de Paris, en 1865 :
l'arib-Lyon-Méditerranêe . 10,492,499 litres.
Orléans. 13,090,240
.Nord 57,577,086
Est .;.... 5,115,057
Ouest 51,055,600
Ensemble 95,126,482 litres.
Soit, par jour, 260,621 litres.
: On estime la consommation juuiiiulièie de iail laite par
la
ULSl LIAIS CKMltAI \. l'jl
\illr(lt' l'.iris à .720,000 lilrcs ciiviioii. Les cliciniiis de li-r ;issiiit'iil donc les qnalrc ciiKinit'MiK's de riipprovisiuimciiiciil lol.il, et si leur scrNicc venail :"i iii;iii(|iicr siiliilcmciit, 7 ,i SCO, 000 personnes seraient (Iiikiiic niiilin piivées de leur lusse de calé au lail.
Le tiernier ciniiuièine de la euiisoniiiialiun parisienne est assuré, soit par des Iransporls par cliarrclles, soit par les vacheries situées dans l'intérieur de Paris.
La quantité de lait l'ournie à Paris par le chemin de fer de l'Kst est relativement frès-faihle, bien que les deux lignes de Paris à Strasbourg et de Paris à Mulhouse traversent des contrées agricoles très-riches et dans lesquelles la production du lait est considéralde. Mais ce lait es! employé à la l'abrication des fromages connus sous le nom de fromages de Brie, et qui s'expédient dans toutes les directions ; la gare de Meaux dirige chaque samedi sur Paris douze ou quinze wagons uniquement chargés de fromages ; quelquefois même le nombre de ces expéditions a exigé Temploi detrenl(! wagons.
§ i. — TraiisiKul de la liièi'O.
Le développement que le transport de la bière a pris sur le chemin de fer de TKst depuis quelques années peut èlre cité comme un des exemples de l'inlluence des chemins de fer sur la production agricole et industrielle. Le chemin de fer de l'Est dessert, en effet, trois départements dans lesquels la fabrication de la bière existe depuis longtemps : la Moselle, le Bas-Rhin et le Ilaut-lUiin. Dans les deux derniers, principalement, la consommation locale de la bière était considérable, mais les difticultés de transport rendaient son exportation dans les départements voisins très-difficile^ sinon même impossible. La bière est, en effet, un liquide dont la fermentation est inachevée, et cette fermentation peut être singulièrement trou-
l'J'2 DL L'EXPLOITATION DES CHEMINS DE FEU.
blée lorsque les tonneaux dans lesquels elle est contenue sont soumis à une trépidation prolongée, et aux alternatives de chaleur et de froid qui se produisent dans un voyage de plusieurs jours,
La bière a, en outre, peu de valeur, et elle ne saurait supporter des prix de transport élevés; aussi, depuis longtemps, la compagnie des chemins de fer de l'Est Tavait-elle taxée dans la 4- classe de son tarif, à 0 fr. 08, Ofr. 07 et 0 fr. 06 par tonne et par kilomètre, suivant les distances, savoir :
0 fr. 08 jusqu'à 200 kilomètres :
0 fr. 07 de 201 jusqu'à 500 kilomètres, avec un minimum de taxe de 16 fr. ;
0 fr. 06 au-dessus de 500 kilomètres, avec un minimum de taxe de 21 fr.
A ces prix il faut ajouter les frais de chaigement, de déchargement et de gare, fixés à 1 fr. 50 par tonne.
Ces prix ne soulevaient de la part des brasseurs aucune objection, mais leurs réplamations portaient sur le temps que la compagnie mettait à effectuer les transports, notamment entre Paris et Strasbourg. Les délais fixés par le cahier des charges étant calculés à raison de 24 heures par fraction indivisible de 125 kilomètres, non compris le jour de remise, le jour de départ et celui d'arrivée, la compagnie avait sept jours pour faire le transport entre ces deux villes ; et, comme elle avait accordé au commerce des réductions de prix sur la taxe inscrite pour la bière au cahier des charges (2^ classe, 0 fr. 14), elle avait le droit, comme compensation à cette réduction de prix, de prendre un délai supplémentaire fixé habituellement de cinq à huit jours.
Légalement donc la compagnie pouvait mettre sept jours, et même douze, pour porter la bière entre Strasbourg et Paris, et, si presque jamais elle n'usait de ces délais, elle tenait à les conserver .comme un droit, pour répondre aux plaintes qui
llKSlLTAiS (il-M'IlM \. l!(-
|MMi\.iifiil t'iio porU'i's (levant los liihmiaiiv à raibuii du nlard.s iiiMUiis dans la liM'aisoii.
I ne |ircsci"i|»li(m iiiséirc dans le caliicr des cliar^'es (arli- ( le il)) s'opposait à toute accoléraliou régulière dans la vitesse. Aux termes de cet article, la eonipa^Miie était ternie d'(îxj)é(liei-, dans rordre de leur inseriplitm à la f,'are de départ, les marcliaiulises ayaiU nne niènie dcslinalion. I!lle proposa aux Itrasseuis de Strasbourg de ne |)oint user de celte prescriplion, ou, ce qui revenait au niénie, de ne faire leurs expéditions qu'à un jour déterminé par semaine. La compagnie, recevant alors une quantité considérable de bière à la l'ois, pouvait cil lormer un Iraiii presque complet, et qui, allant à Paris sans arréts,%^lïecluait le trajet dans une durée de 19 à 20 lieures.
Le syndical des brasseurs de Strasbourg accepta avec empressement ces propositions, cl le premier train de bière fui organisé entre Strasbourg et Paris au commencement de 18(30. Il lut presque immédiatement nécessaire d'en organiser un second par semaine, puis un troisième. En ce moment il y en a six, c'est-à-dire que tous les jours, sauf le dimanclie, la brasserie de Strasbourg a à sa disposition un Irain régulier parlant le matin à 8 beures 35 pour ariiver le lendemain à 5 beures 50, c'est-à-dire au bout de 10 beures 55.
Par une autre dérogation aux arrêtés ministériels, un quai de la gare de Strasbourg est exceptionnellement ouvert aux brasseurs pendant la nuit; la bière est amenée vers 3 beures du malin, le cbargement s'effectue entre 3 et 8 beures. A l'arrivée, une vilesse exceptionnelle esl égalemenl imprimée au décbargemcnt et au camionnage , et , buit à neuf beures après Parrivée d'un train, il ne reste rien en gare d'un arrivage de 1,800 à 2,000 liectolitres.
En résumé, de la cave de Texpéditeur à Strasbourg, à la cave du destinataire à Paris, la bière mel moins de 50 beures pour le transport par le cbemin de fer el le double camionnage au départ et à l'arrivée.