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MfenMs pMtAiM. — Avant d'invoquer le succès des réfor* mes postales en France, en Angleterre et en Belgique, comme un argument décisif en faveur de l'abaissement des laxe.s de voyageurs, il faudrait déiiioatrer que ees dnux modes de communication répondent aux méuies besoins et qu'ils sont régis par les mêmes lois économiques. Or, cette démonslraiion est encore à faire ; on trouverait, au contraire, des arguments pour établir que les facilités oflertes pour les correspondances postales et télégraphiques nuisent au déplacement des per> sonnes.
EXPLOITATION CmOMhlt. 54S
Admettons sans le discuter le succès des rétormes pos- * taies, sans rechercher même si ce succès a été uniquement dû à l'abaissement de la taxe, et si le développement général de rindustrie et du commerce^ ainsi que raugmenlation du nombre des personnes sachant écrire, n'y ont pas contribué pour une part importante. H est incontestable que le nombre des lettres va clinque année en augmentant ; niai*^ le public, * heureux de payer moins cher, ne s'est pas inquiété des couséquences de la réforme au point de vue des recettes du trésor. Un Ëtat peut, en face des avantages que lui seinble comporter le développement des correspondances, se r(«i^ner & faire un grand sacrifice; il serait injuste d*en dem;ui(ler un semblable à une association de capitaux représentant Tépargne d'un grand nombre de personnes et groupés pour l'accomplissement d'une tâche définie pat des lois et par des contrats.
Il importe donc de rechercher quelle a été devant la réforme postale la situation du trésor publie, et de voir ce que
celte réforme a coûté à chaque pays. Kn 1 rance et en Bel- ^'ique, un fait particulier complique singuliêreinent !a question : nous vouions parler des services gratuits, chaque jour plus grands, que les administrations postales obtiennent des chemins de fer. Il est facile d'obtenir des augmentations de recettes quand la dépense est faite par autrui, et nous verrons en France M. le directeur cfénéral des postes évaluer trèsloyalement à f>3 millions les scrvict's rj'ndiis à son administration par les compagnies de cheuiins de 1er pour le seul exercice 1865.
bdte. — Les conséquences de la réforme postale en Belgique ont été publiées par le gouvernement belge dans les admirables comptes dressés par l'administration des travaux publics.
Dans la dernière période décennale de i85i à 1860, Taug-
mental ion constatée tlans le transport . des lettres a été ilc 92 p. iaO :
En i851 42.479,063 lettres.
En im : . 23,900,946
Le gouvernement belge a rccliorché quelle avait été avant la réforme la marche ascendante de ses recettes, eC il a trouvé que pdUr une période de i7 années^ de 1851 à 1847, Taugnientation moyenne annuelle était de 130,000 francs; il était
fondé à penser qu'en ne touchant pas aux taxes, celte auginenlalioii se sernil coiitimice, <'t il a |»u calculer la recette totale qu il aurait encaissée sans la réforme.
Loin d'amener une augmentation de recettes, ta réforme de 1847 a produit un énorme abaissement de produits: de 5,587,445 en 1847, la recette, quatre ans après, était tombée à 2,767,695 en 1851 ; la ^lifférence était de 619,748 pour un seul exercice, et ce n'est qu'en isr>r», r/est-à-dii v au bout de neuf ans, que les reccUcs sont revenues ù Tancicn chiffre.
Dans cet intervalle de douze ans,- de 1847 à 1860, la différence entre les recettes effectuées et les recettes probables, • sans la réforme, s*est élevée pour la Belgique à 9,972,658,
en iiiiiiibres ronds dix millions perdus par le trésor public, en supposant encore que les frais de transport et de distribution d(^ 2i millions de lettres soient restés vo {\nïh étaient lorsqu'on n'en avait que 13 millions à transporter et à distribuer.
Bétonne postale en Fnwee rt peHe* —Me» p«r le trémo^ tamm^
^mtm. — Le nombre des lettres transportées par Tadminislration dt-» postes élnit, avant la rélorme en 1847, de 120,480,000 ; li» nombre des lettres en 1866 a été d(; 527,580,000; augmentation de 200,900,000, soit 160 p. 100 eu vingt années. Au point de vue du publir, le succès est incontestable ; le
KXPLOITATIUN COMMERCIALK. 5ifi
gouTernement peut également s'applaudir de la réforme et trouver dans cette énorme augmentation du nombre des lettres une preuve du développement des affaires et un signe éclatant de Factivité nationale ; mais il reste à connaître ce que le trésor
a gagné ou penlii a la réforme, et nous suivrons ;i cet égard la mélhode du gouvernomenl Uolgp Nous recherclicrous quelle était avant la rrlorme postale la progression des recettes de radminislration des postes, et il sera lacile d'ei\ déduire, pour cliacune des années qui ont suivi la réforme^ les recettes que i*on eât obtenues en ne changeant rien aux tarifs. La comparaison (le ces recettes probables avec les receltes réelles donnera la perte ou le gain résultant de la sulistitution d'un système à Taulre :
En 183i, les recettes de Tadministration postale étaient de53,S24,000 (^.;
En 1846, elles se sont élevées à 55,500,000 fr. ;
Augmentation pour quinze années environ 20,000,000 fr.;
Soit, pour chaque année eu moyenne, approximativement 1,300,000 fr.
Nous ferons une liypothèse certainement modérée en supposant qu'à partir de 1847, les recettes eussent continué à croître d'une somme fixe de 1,300,000 fr. Au lieu de prendre une progression arithmétique, il eât été bien légitime de prendre une progression gt onielrique et de tenir compte des accroissements dus aux acci'oissements eux-mêmes ; nous ne l'avons pas fait pour rester dans des limites inattaquables, et nous avons obtenu les résultats suivants :
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