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atteint en général son maximum vers la fin du mois. Jusqu’au 15 août, le thermomètre ne varie guère, mais à la fin et durant le mois de septembre, le temps s’installe au beau.
La vallée de Contrexéville est entourée de collines couronnées de forêts. Nous ne voulons pas faire une aride énumération, d’ailleurs sans aucun rapport avec notre sujet, dés essences qui composent ces bois. Nous ne signalerons que des chênes qui y atteignent une taille considérable et à qui s’attachent parfois des souvenirs historiques : chêne des Partisans, chêne de Henri IT, ete.
Les environs de Contrexéville présentent de nombreux buts d’excursions. Nous ne les nommerons pas: Nous faisons simplement remarquer que le malade n’est pas forcément confiné dâns un petit village, sans distraction aucune et, par conséquent, guetté par l’ennui. Il peut, au contraire, faire de l’exercice, prendre le grand air, vivre de Ja vie de la campagne et se reposer moralement et physiquement. LI RSS
D'ailleurs, pour achever notre description très brève de la station de première importance qu'est Contrexéville, nous dirons qu’il y existe l’inévitable Casino-théâtre, de nombreux jeux de tennis, ete., qui sont le complément ordinaire des sources minérales.
Il est plus intéressant pour nous d’étudier le sous-sol. En effet, c’est lui qui minéralise les eaux. C’est sa composition qui retentit sur les sources. C’est grâce à la disposition de ses couches poreuses et imperméables que l’on constate sous Contrexéville une vaste nappe d’eau que l’on petüt déclarer inépuisable.
On peut considérer la région comme appartenant à la période de formation triasique, et plus particulièrement
| — 50 — à l’étage des marnes irisées pour les coteaux, du Muschelkalk pour les vallées.
Si l’on regarde une carte portant les courbes de niveau, on constate que Contrexéville est sur une bande déprimée, dominée par une série de plateaux - de Châtillon, de la Tête des Morts, de Mandres, du Verse-Côte, de Bulgnéville, de Suriauville. La différence des côtes est en moyenne de 60 mètres. DES
Or, dans toutes ces formations des #iarnes irisées, la stratification est presque horizontale. On y trouve des assises successives de grès grossiers, mal agglomérés, et légèrement teintés de peroxyde de fer, des calcaires magnésiens, constituant souvent des banes de 8 à 10 mètres d'épaisseur, des argiles, des marnes grises, vertes et rouges. À certains endroits, on retrouve de la lignite, des bancs de gypse, pouvant fournir un plâtre de qualité remarquable.
Les eaux tombées à la surface du sol traversent les grès, les dolomies, même des bancs de gypse. Dans ce passage, elles dissolvent et se chargent d’un certain nombre d'éléments, et ‘arrivent ainsi dans la vallée de Contrexéville, qui est le point déclive.
Les couches sont peu inclinées, la pression sera done peu considérable. Mais parfois, la nappe aquifère est assez profonde. C’est ainsi que les eaux des sources du Pavillon et du docteur Thiéry émergent, après avoir traversé un banc d’argile de 4 mètres d'épaisseur. Ce banc est d’ailieurs très utile, car il défend les sources contre les infiltrations et les pollutions par l’eau infiltrée dans les couches superficielles du sol.
Les eaux de Contrexéville appartiennent au groupe des eaux froides vosgiennes, alcalines faibles, sulfatées calciques, assez répandues dans la région, et dont, avec
A RS celles de Vittel et Martigny, elles constituent le principal type.
Contrexéville n’a pas d’histoire. Le plus ancien titre où il soit fait mention de cette localité, date de 1276.
L'existence scientifique de la source date de 1760. A cette époque, le docteur Bagard, président du Collège de Médecine de Nancy et médecin du roi Stanislas, dernier due de Lorraine, eut connaissance d’une cure remarquable opérée à Contrexéville. M. Bagard lut son mémoire à la Société des sciences et des arts de Nancy, le 10 janvier 1760.
Bien que ce mémoire ait été souvent cité et résumé dans les nombreux opuscules formant la littérature des Eaux de Contrexéville, nous rapporterons en partie l’observation de Bagard, car c’est elle qui a donné droit de cité
aux eaux que nous étudions.
«Mlle Desmarets, âgée de 10 ans, était tourmentée de la pierre. On la conduisit à Lunéville pour y subir l’opération de la taille, opération qui, cependant, ne fut pas pratiquée. On la fit venir ensuite à Bourmont, qui n’est pas éloigné de Contrexéville, et, dès le printemps de 1759, on lui fit prendre les eaux que l’on allait puiser à la Fontaine.
» Bientôt, elle commença à retenir ses urines et à reprendre de l’embonpoint. Enfin, elle alla à Contrexéville au printemps de la même année. Après son retour, elle rendit une pierre de la grosseur d’une balle de calibre. »
C’est ainsi que le docteur Bagard révélait les vertus de ces eaux que le monde scientifique ignorait complètement.
Quinze ans après, le docteur Thouvenel était envoyé à Contrexéville avee mission d'établir une nouvelle analyse des eaux.