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Captée avec les plus grands soins à 30 mètres au-dessous du sol, la source donne à la buvette gratuite un débit de plus de 25.000 litres, à une température invariable de 12°. Ces caractères généraux sont, en gros, ceux des eaux de la source du Pavillon. C’est une eau alcaline, légèrement gazeuse et ferrugineuse, laissant un arrière-goût styptique. Elle présente, mais seulement à sa sortie de terre, une très légère odeur sulfhydrique. Aussitôt exposée à l’air, elle perd cette odeur. Le bassin qui la reçoit et les verres qu’on y laisse séjourner se recouvrent d’un enduit brun d’oxyde de fer.
L'analyse précédente nous montre que cette eau est extraordinairement riche en sulfate de chaux et bicarbonate de soude. |
Malgré cela, elle est très facilement digérée. D'ailleurs, elle peut être gazéifiée artificiellement. Tout récemment, nous avons lancé dans le commerce l’eau naturelle, saturée d’acide carbonique combiné, et que nous avons dénommée « Contrexéville gazeux » ; c’est là une eau de table par «excellence. Les « buveurs » de la source Thiéry supportent aussi bien leur cure que ceux du Pavillon. Et sa teneur en éléments minéraux (chaux, soude, lithine) lui donne des qualités laxatives sur lesquelles nous reviendrons.
Pour terminer cette étude un peu longue de la composition chimique des eaux minérales de Contrexéville, il nous faut préciser leur teneur en lithine, et par comparaison, nous citerons les eaux voisines de Vittel et Martigny. Frenkel, en 1903, procédant à un dosage rigoureux des sels de lithium, arrive à cette conelusion : € Si l’on considère la teneur en lithium sous la forme hypothétique la plus usitée du bicarbonate, on aura
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Contrexéville. 439 centièmes de milligramme Martigny. . 21 — -- NiLIO rate 26 — -
De sorte que le rapport des richesses en lithium des trois sources peut être exprimé ainsi
Maftighys 44 | Viftels unes 1,2 Contrexéville . . 18
Tout ce que nous venons de dire est de la chimie pure. Mais il est un fait certain : c’est que, vînt-on à faire une solution de tous les sels contenus dans l’eau de Contrexéville dans les proportions exactes données par les analyses rapportées ci-dessus, on n’obtiendra jamais une eau ayant les mêmes propriétés. Elle n’est pas « vivante » comme l’est l’eau de Contrexéville, suivant l’heureuse expression de Treuille. À quoi doit-elle ces propriétés qui touchent au mystère ? Là, le point est très obscur. On pouvait penser que ces eaux minérales sont dans un état moléculaire spécial, suivant lequel les corps qui y sont dissous sont constamment dissociés, constamment à l’état naissant. Et ceci grâce à un état électrique spécial, facile à mettre en évidence. Les expériences de Scoutteten, déjà anciennes, car elles datent de 1862, le prouvaient surabondamment. Peut-être fautil aussi tenir compte de la radio-activité, qui paraît devoir. être considérable. Mais cette dernière notion est de date toute récente, et nous ne pensons pas que jusqu'ici on ait fait pour Contrexéville une étude spéciale de ces propriétés surprenantes.
Au point de vue chimique, les eaux de Contrexéville sont done des eaux légèrement alcalines, légèrement bicarbonatées, surtout sulfatées calciques et magnésiennes.
Bee Hs La source Thiéry est plus minéralisée que la source du Pavillon (3 gr. 5.236 contre 2 gr. 384).
En étudiant les éléments constituants et leur action probable, nous voyons que les plus importants sont d’abord le sulfate de chaux, puis le carbonate de soude, surtout dans les eaux de la source Thiéry (0 gr. 20 par litre).
Il est d'usage courant de considérer comme lourdes les eaux contenant une forte proportion de sulfate de chaux. Les eaux minérales de Contrexéville échappent à cette loi générale. Non seulement elles se digèrent facilement, mais, comme nous le verrons en étudiant leur action, elles excitent l’estomac et font retrouver l’appétit. D'ailleurs, l’acide carbonique libre qu’elles contiennent en quantité assez considérable, ou qu’on peut lui incorporer, comme cela commence à se faire pour le transport, est suffisante pour assurer une digestibilité parfaite.
L'action purgative générale des sulfates ne peut manquer de se produire et contribuer à délivrer l’organisme de l’intoxication par les résultats des fermentations intestinales.
Nous n'’insisterons pas sur l’action basique des alcalins.
Il nous faut signaler la lithine. En effet, les sels de lithium, après avoir eu un moment de vogue, paraissent être moins spécifiques qu’on le croyait dans la diathèse urique. L’urate acide de lithine est légèrement plus soluble que l’urate de soude. Maïs il paraît difficile d’expliquer sa production dans le corps humain. Car le chlorure de lithium, qui prend naissance dans l’estomac, est incapable de dissoudre in vitro de l’urate de soude (Moitessier).
Nous ne nous attarderons pas à chercher quel est le corps qui donne à l’eau de Contrexéville ses propriétés
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si remarquables. En l’état actuel de la science, on doit plutôt admettre que c’est la proportion des sels qu’elle contient, et peut-être leur état moléculaire, qui agit si profondément sur l’organisme.