‹ De L'Expulsion Des Graviers Rénaux et Urétéra ux Des Eaux De ContrexevilleChapitre 34 sur 55 · MODE D'ACTION DES EAUX DE CONTREXÉVILLE "SUR PA LEFHRAS EE SABEONNELSE · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DES EAUX DE CONTREXÉVILLE "SUR PA LEFHRAS EE SABEONNELSE

Nous venons de voir rapidement et en général les modifications urinaires que présentent tous les malades en traitement à Contrexéville : goutteux, rhumatisants, diabétiques, graveleux.

Etudions spécialement l’influence des eaux sur la gravelle. Dans un premier chapitre, nous n'étudierons que la lithiaso sablonneuse (sable ou graviers). Dans un second, nous nous attacherons à voir l’action des eaux sur les calculs.

Tout d’abord, nous voyons que la stimulation des fonctions rénales a pour résultat de faire apparaître, même chez des sujets qui ne faisarent jamais de sable urique, de la fine poussière rougeâtre qui se dépose au fond du vase. Il est d'observation courante de voir les personnes venues à Contrexéville dans un simple but de tourisme, où accompagnant des malades, et qui ont pris des eaux sans faire de cure spéciale, par une curiosité toute naturelle, éliminer des urates en quantité assez notable pour faire un dépôt plus ou moins sablonneux. Ces: décharges d’acide urique ont lieu, en considérant maintenant les personnes

= 15 — suivant une cure réglée, le plus généralement pendant la nuit et le matin. Elles s’accompagnent souvent de chatouillement du canal de l’urètre que nous avons déjà signalé. Les dosages permettent de voir qu’il existe dans l’urine 0 gr. 90, 1 gr. ou 1 gr. 20, quelquefois plus de composés xantho-uriques.

Elles n’ont pas lieu les premiers jours de la cure, mais apparaissent du 8° au 12° jour.

Il y a un autre mode d’élimination d’acide urique : le mode progressif et continu.

Les chlorures, les pigments bilaires, des produits divers sont emportés par ces décharges urinaires.

Enfin, nous disions plus haut que les muqueuses ellesmêmes étaient sensibles à l’action des eaux.

Il y a une sorte de balayage mécanique qui entraîne tous les petits cristaux arrêtés à diverses hauteurs de l’appareil urinaire. Quand il y a infection, les dépôts purulents sont entraînés de même. Mais l’analyse microscopique montre aussi de nombreuses cellules du bassinet, des uretères. € Il y a, dit Monsseaux, une desquamation intensive des couches cellulaires superficielles plus ou moins altérées. De nouvelles cellules saines viennent les remplacer. Les petits calculs agglomérés à la surface des muqueuses irritées sont ainsi mobilisées et entraînés.

En second lieu, il y a l’action des eaux sur la musculature lisse qui, tonifiant les parois du conduit urétéral, lui permet de se contracter plus facilement. € Aïnsi, disait Caudmont, la plupart de ceux qui vont à Contrexéville ne tardent pas à rendre des graviers pendant la cure, et ceux qui font exception les expulsent à leur retour dans leurs foyers. »

Les eaux de Contrexéville agissent donc de plusieurs facons sur la lithiase sablonneuse.

D'abord un rôle mécanique, de balayage, de lessivage des reins, du bassinet, des uretères.

Puis, une modification notable des muqueuses urinaires s'établit. Il y a rénovation des épithéliums. Par le lavage incessant des muqueuses, le pus disparaît, l’infection s’atténue, quelquefois même l’asepsie redevient parfaite. Et ce mode d’action est loin d’être négligeable. Nous savons fort bien que par exemple, tant que la vessie se vide bien, elle ne s’infecte pas. Et qu’au contraire, dès que, par une cause quelconque, elle a perdu sa contractilité, l’infection apparaît et ne se laisse vaincre que le jour où l’émission complète des liquides est récupérée. De plus, les muqueuses, nettoyées par les eaux minérales, sont saines ; les micro-organismes entraînés par les eaux, trouvant devant eux une muqueuse saine, n’ont aucune tendance à se multiplier, ni à produire des lésions. Nous voyons ainsi comment des lithiasiques infectés, éliminant des graviers phosphatiques, retirent un grand bien de la cure à Contrexéville. Lies urines redeviennent acides, fait qui paraît bizaire si l’on songe que les éaux sont alcalines. Par l’explication que nous venons de donner, il s'explique très facilement : l’état inflammatoire diminue forcément dans le tractus urinaire. Et, de plus, la nutrition générale est profondément modifiée. Nous allons le montrer dans un instant.

On ne compte plus les lithiasiques qu’une cure à Contrexéville a complètement guéris de leur gravelle. Tel qui arrive à la source ayant eu des coliques néphrétiques, ayant pissé du sable où du gravier, en élimine en ‘abondance sous l'influence de la source. Cette élimination continue après la cure, fait important et qui montre bien que ces eaux sulfatées calciques ont des propriétés altérantes, inodificatrices de la crase sanguine. Et après cette cure, le

ER ET) malade est complètement remis. Quelquefois, il faut plusieurs saisons. Très souvent, les malades viennent par reconnaissance se laver les reins, quoiqu’ils ne paraissent plus en avoir besoin.

Il est des faits bien autrement curieux, et démontrant encore s’il en était besoin l’action des eaux sur le milieu intérieur de l’homme. Ce sont les cas où les malades ne rendent aucun gravier, aucun sable à Contrexéville, mais ont, plusieurs semaines après leur cure, des émissions sablonneuses très abondantes. Nous citerons de ces faits une obsérvation recueillie par Debout d’Estrées.

Le - docteur F.…, de Francfort, vint à Contrexéville pour des troubles variés siégeant sur le tube digestif et ses annexes, qu'il attribuait très judicieusement à la diathèse urique. Les urines ne contenaient ni à l’arrivée, ni pendant la cure, d’acide urique même microscopique: mais au retour, pendant une quinzaine de jours, survenait une abondante expulsion de sable rouge, suivie de la disparition de tous les phénomènes morbides. Ses confrères de Wiesbaden, qui se refusaient à admettre cette action des eaux de Contrexéville, furent forcés, devant les preuves natérielles qu’il leur fournit, de se rendre à l’évidence.

. La gravelle oxalique est aussi essentiellement justiciable du traitement à Contrexéville. Boucharlat disait « J'ai toujours, dans le traitement de l’oxalurie, préféré des eaux alcalines calcaires aux eaux alcalines sodiques, Je possède plusieurs observations témoignant de l’incontestable utilité des eaux de Contrexéville. »

Leur mode d’action, en ce cas, se ramène au mode pré-

cédent. L'influence sur la muqueuse est plus nette, car les migrations de graviers oxaliques sont d’habitude très douloureuses. Quant à l’action humorale, elle est claire ear Wæhler et Neubauer ont montré que l’acide oxa-

Page 1