‹ De L'Expulsion Des Graviers Rénaux et Urétéra ux Des Eaux De ContrexevilleChapitre 36 sur 55 · MODE D'ACTION DES EAUX DE CONTREXEVILLE SUR LA LITHIASE CALCULEUSE · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DES EAUX DE CONTREXEVILLE SUR LA LITHIASE CALCULEUSE

Les lithiasiques qui viennent essayer de retrouver la santé à l’aide de nos eaux, n'arrivent malheureusement pas tous au début de leur gravelle. Ou bien celle-ci est restée latente et un calcul s’est formé. Nous comprenons facilement que l’action des eaux sera entravée, et variable suivant le siège et le volume des calculs.

Considérons en premier lieu la vessie. Quoique cela soit rare, on a pu mettre des phénomènes dus à un calcul vésical sur le compte d’une lithiase rénale et envoyer ie malade aux eaux. Sous l’influence de la cure, il se produit en général une exacerbation des phénomènes, ou bien le calcul qui était resté latent, commence à trahir sa présence par des troubles urinaires. Citons quelques observations 1

« En juin 1868, le docteur Arnal, médecin par quartier de l'Empereur, vient à Contrexéville pour y voir une de ses clientes. Nous causions ensemble de la possibilité d’un calcul chez l’empereur qui en présentait déjà quelques symptômes. Mais, voici ce que me répondit le docteur Arnal : « Non, l'Empereur n’a pas de caleul ; il souffre

LE GDS

» simplement de la prostate. D'ailleurs, vos eaux de Con-

» trexéville m'irritent la vessie sans me soulager. Du » reste, depuis deux ans que je prends de l’huile de Har- » lem, je ne rends plus d’acide urique. » J’eus beau insi-

nuer à notre confrère que cette irritation produite par les eaux devait être le résultat d’un calcul, il ne voulut pas l’admettre. Toutefois, il me fit amende honorable lorsque, l'hiver suivant, le docteur Cusco dut le débarrasser par la lithotritie du calcul qu'avait révélé la source du Pavillon. » (Debout d'Estrées.)

« Au mois d’août 1868, je dus refouler dans la vessie le calcul d’un malade qui, malgré l’avis du docteur Baudet. refusant de croire qu’il avait la pierre, avait commencé une cure. Le calcul s’était engagé dans le col, qu’il ne pouvait franchir et y déterminait des douleurs atroces et une hématurie abondante. » (Debout d’'Estrées.) -

Cela nous montre, et c’est l’opinion de tous les médecins ayant écrit sur les eaux de Contrexéville, que :

1° Tout malade porteur d’un calcul vésieal non susceptible de passer par les voies naturelles, ne devra pas être envoyé à Contrexéville.

2° La cure de Contrexéville révèle journellement la présence de calculs ignorés. Son action à cet égard n’est d’ailleurs pas infaillible.

Exceptionnellement, une pierre peut se briser spontanément dans la vessie, et les fragments qui en résultent sortir sans opération. Elles peuvent se briser par éclatenent ou s’exfolier. Cloquet, Civiale, Cros, Leroy d’Etiolles, Debout d’Estrées, ont rapporté des cas.

Deux théories expliquent ces fractures :

1° Contractrons brusques et violentes de la vessie (Fabrice de Hilden, Civiale).

2° Variation de volume du noyau central suivant son état d’hydratation (sous la dépendance de la concentration urinaire). (Leroy d’Etiolles, Ord.)

Mais on ne doit pas compter sur une telle terminaison. Et tout calcul jugé trop gros pour passer par les voies naturelles, devra être extrait par la taille hypogastrique ou broyé à l’aide du lithotriteur. ,

Remarquons que souvent les calculs éliminés ont un volume considérable. Notre observation XI en est un beau cas. Il existe de nombreuses observations de volumineux caleuls expulsés. Christini a vu un malade rendre en 24 heures dix-huit graviers gros comme des noisettes. Fabrice de Hilden cite un enfant qui a pu rendre des calculs gros comme une châtaigne. Leroy d’Etiolles cite un homme qui, après deux mois de traitement par l’eau minérale à haute dose, rendit un calcul d’oxalate de chaux du volume et de la forme d’une amande, dont la longueur était de 9 lignes.

Chez la femme, c’est moins surprenant ; l’urètre est court, facilement dilatable. Cambournac, de Bourges, a pu dégager avec ses doigts de l’urètre d’une femme un calcul d’acide urique de la grosseur d’un petit œuf de poule.

Le calcul est très souvent dans l’uretère ou le bassinet. Là, l’action des eaux peut être efficace, surtout dans lPuretère. Par la modification de la muqueuse, par la libération du caleul qui est ainsi produit, et par la tonification de la musculature lisse,, le passage est rendu plus facile. Il n’y a, pas lieu de compter sur une dissolution imaginaire des calculs par l’eau minérale. Quand des caleuls se sont dissociés dans l’eau, c’est qu’ils n’étaient constitués que par une agglomération de petits graviers par du mucus. Le grand facteur, c’est la poussée de l’urine excrétée par le

rein, poussée qui fait progresser le calcul peu à peu vers $ 6

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ja vessie. Mais cette migration est longue, s’accompagne, mais pas aussi fréquemment qu’on pourrait le croire, de douleurs le long des uretères. Le plus souvent, quand le calcul n’est pas trop volumineux, il tombe dans la vessie et peut filer à l’extérieur. D’autres fois, il s’arrête dans sa marche. Nous ne faisons que signaler ici cet arrêt sur lequel le calibre et la forme des uretères doivent avoir une influence importante.

Les calculs du bassinet, dont nous rapportons une beïle observation, et une photographie, planche III, sont peu influencés par les eaux. Comme toujours, leur volume entre en première ligne de compte. Les petits calculs passeront facilement, quelquefois même sans douleur. La colique néphrétique est rare à Contrexéville. Les modifications produites par les eaux sur les muqueuses des voies urinaires, nous expliquent ces migrations non douloureuses. Maïs il est prudent de faire une radiographie de tout malade chez qui on soupconne un calcul rénal, car une intervention directe s’impose.

Le mécanisme de l’expulsion est toujours le même dans le cas de calculs petits ou moyens. La dissolution est illusoire : la poussée de l’urine seule agit. |

Dans un cas de calculs volumineux, il y a très souvent infection. On se trouvera donc libre de donner, en dehors des heures de cure, de l’urotropine ou de l’helmitol pour favoriser l’antisepsie des voies urinaires.

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