‹ De l'exstrophie ou extroversion de la vessieChapitre 3 sur 6 · DESCRIPTION ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ANATOMIQUE

Tumeur. — A la paitie antérieure et inférieure de l'abdomen, on trouve une tumeur plus longue que large, située au-dessus des pubis le plus souvent; mais quelquefois elle se trouve entre les pubis, et même au-dessous. La saillie de celte tumeur à l'extérieur est variable: tantôt elle fait une forte saillie en avant, surtout quand les malades font des efforts considérables , efforts qui chassent les viscères abdominaux dans la cavité du petit bassin ; d'autres fois elle est au même

niveati que les téguments de l'abdomrn ; enfin elle est enioncëe; souvent elle est réductible, et fait entendre un bruit analogue à celui d'un intestin que l'on réduirait. Cette tumeur est d'un rouge vif; elle est formée par la membrane muqueuse de la Face postérieure de la vessie; sur toute la surface on rencontre souvent des mucosités épaisses qui ne sn mêlent pas à l'urine, et qui sont sécrétées par la surface de la membrane muqueuse.

A la partie supérieure de la tumeur sont deux papilles de volume variable. Ces fongosités sont tout à fait isolées, ne présentent jamais de communication; souvent même il existe entre elles un intervalle assez considérable; sur leur sommet, quelquefois sur leur face post'érieure, on rencontre un orifice : c'est celui de l'uretère qui donne plissage à l'urine. L'urine suinte quelquefois de toute la surface de la fongosité. (Lemery, Mémoire de l'Académie des sciences, 174J.) Les uretères, en s'ouvrant dans la vessie, sont séparées ordinairement par un intervalle plus considérable qu'à l'état normal; Meckel a vu cet intervalle de 5 lignes chez un fœtus à terme; Lesage l'a vu de 2 pouces et plus. Le même auteur a vu l'uretère droit s'ouvrir au milieu, l'uretère gauche au bord externe de la tumeur vésicale. Labourdetle [Journal général de méd., t. 32, p. 375 ) a vu l'uretère gnuche d'un enfant simple à sa naissance se divisant en deux brandies qui se rendaient chacune à une des deux papilles situées au bord inférieur de la vefsie; l'uretère droit s'ouvrait par un orifice ovale sur le bord latéral droit; Méry (Meckel, Anat. path., p. 720) a observé le croisement des deux canaux ; Flajanl les a rencontrées réunie.-! sur la ligne médiane; enfin Penchiennati a vu leurs orifices placés l'un au-dessus de l'autre sur \c milieu de la tumesir. Ces orifices sont généialement assez étroils; on rencontre même des sinuosités qui sont cependant faciles à franchir; mais après cette résistance vaincue, il est facile de faire pénétrer un stylet boutonné sans faire souffrir le malade, ou en n'excitant qu'une légère douleur dans les reins , tantôt du côté où on introduit le stylet, d'autres fois du côté opposé.

En bas des uretères on voit la surface de la membrane muqueuse de la face postérieiire de la vessie. Cette membrane, ainsi que les fon-

{{osités des uretères, saigne assez facilement lorsqu'elle est froissée. Dans une observation publiée par Innés, prosecteur de Monro. il parle d'un homme de trente-cinq ans affecté d'une extroversion de la vessie qui disait avoii" ses règles comme une femme. Cet homme, qui se montrait pour de l'argent, n'avait rien du sexe féminin , ni aucune ouverture que celle des uretères et du rectum; le sang qui s'écoulait venait sans auc.un doute de l'excoriation de ces fongosités. Chez un autre dont parle Tenon (Acad. des sciences , I7G1 ), il y avait un écoulement périodique de sang. Chez un autre, âgé de quarante-huit ans, qui fut présenté en 178G à l'Académie des sciences; huit mois avant sa mort, il fut sujet à une hémorrhagie périodique qui revenait tous les mois; la quantité de sang que perdait ce malade était assez abondante pour qu'il fût obligé de se coucher pour en arrêter le cours. Deux mois avant sa mort l'hémorrhagie cessa.

La vessie paraît quelquefois comme bllobée, surtout lorsqu'elle est distendue par un effort quelcon(]ue; quelquefois même elle est partagée en deux parties distinctes qui font saillie de chaque côté, et présente ainsi deux tumeurs ayant chacune sa papille, dont l'urine suintait comme d'ordinaire. (Voisin, Sedillot, Hec. per., t. 21.) Sœmmering a observé cette conformation chez un fœtus de deux mois : les tumeurs s'accroissaient parfois au point d'acquérir dix fois leur volume habiluel.

Cicatrice ombilicale. — Sur la face antérieure de l'abdomen on trouve rarement des traces de l'ombilic; chez le sujet que j'ai observé, l'ombilic n'était pas apparent à l'extérieur; cependant l'ombilic existe quelquefois. M. Vre&iAt [Bulletins de la Société nnatoiniqiie , 1838, p. 69) a montré une pièce où la vessie extrovsrsée était à 15 millimètres au-dessous de l'ombilic; d'autres exemples analogues ont été signalé,-. Tantôt la cicatrice ombilicale se pré.sente sous la forme d'un petit tubercule; mais le plus souvent elle n'est reeonnaissable que par la plus grande finesse de la peau qui la recouvre. Nous verrons tout à l'heure que la cicatrice ombilicale est beaucoup plus apparente en arrière.

Organes génitaux. — Homme. — Verge. — La verge manque quelquefois totalement (Depaui , Ballet, de la Société anat., 1842, p. 213) , mais le plus souvent on trouve au-dessous de la tumeur un tubercule assez allongé. Arrondi vers la face inférieure, aplati et comme creusé d'une gouttière vers la face supérieure; ce tubercule est la verge, il a en général de 5 à 6 centimètres de longueur; chez le sujet que j'ai examiné elle avait une longueur de 4 centimètres; Desgranges l'a vu de 9 cenlimctres dans l'état d'érection. Kn général, la verge est dressée au lieu d'être pendante entre les cuisses. Son sommet est terminé par le gland; mais sur un sujet observé par Tenon on remarquait deux tubcrcides, l'un formé par le gland, l'autre par la partie supérieure des corps caverneux. Dupuytren {Bull, de la Faculté de méd., l€S04) a vu, sur une pièce présentée par Marin, les deux corps caverneux complètement séparés, formant au dehors deux petits tubercules.

Quelquefois il n'y a pas de prépuce; mais le plus souvent celui-ci exist.' , il est formé par un replis de la peau; il présente un frein en bas; en haut, au contraire, il est échancré.

Urèthre. — Dans la partie supérieure delà verge on trouve une gouttière formée par la paroi inférieure de l'urèthre. Celle gouttière est un peu plus rose qu'à l'état normal et se continue, pour ainsi dire, sans ligne de démarcation avec la peau de la verge. Vers le milieu de ' cette paroi on trouve, comme à l'état naturel , la fosse naviculaire, les lacimes deMorgagni; plus bas un petit tubercule qui est le veruraontanum, sur les côtés duquel j'ai pu constater l'orifice des canaux éjaculateurs. Baillie a trouvé l'urèthre s'ouvranf entre les deux corps caverneux et se terminant en cal-de-sac à la hauteur du pubis.

Scrotum. — Le scrotum présente tous ses caractères normaux, il est fort souvent considérablement augmenté de volume : il forme alors un vaste sac herniaire où s'engagent les intestins; le scrotum est aussi le siège d'hydrocèle congénital. D'autres fois le scrotum n'existe pas; tel est l'homme dont Tenon a donné l'histoire à l'Académie des

sciences, en 1761. li y a seuleraeiU un pli où on seul les testicules plus ou moins près des aines.

Teslicnles. — i,es (cslicnles sont généralement beaucoup moins volumineux qu'il l'clat normal ; ils .^out ou dans le scrolum , dans ce cas celui-ci est très-Iar{je; d'autres fois ils sont encore dans le canal inguinal ou dans l'abdomen.

Femme. — Clitoris, etc. — Quel(|uefois on ne trouve pas de trace de clitoris (M. Prestat, loc. cit., Meckci, etc.); d'autres fois le clitoris est fendu, sa face externe est arrondie, sa face interne est plate. (ObÂerv.2, de M. Demarquay. ) Les grandes lèvres sont écariées l'une de l'autre, les petites lèvres le sont également. Dans l'observation de M. Prestat les petites lèvres sont accolées à leur base, dans une étendue de 3 à 4 lignes, s'éloignent l'une de 1 autre yupéricuremciit et se recourbent en dcliOïs. Les grandes lèvres sont à peine marquées, ce qui e.^t d'ailleurs normal à cet âge; mais celle même disposition a été signalée par d'aulies auteurs.

Vagin. — Tantôt le vagin ne présente aucune es[)èce d'anomalie , assez souvent il est fermé en tout ou en partie; d'autres fois il présente, ainsi qu'on peut le voir dans l'observation de M. Demarquay , une disposition tout à fait singulière; il parait bifide à une profondeur de 2 centimètres ( voy. observ. 2 ) , car à cette hauteur on est arrêté par un éperon que l'on évite en dirigeant à droite ou à gauche l'instrument que l'on veut faire pénétrer dans le vagin: celuici pénétrait jusqu'à une profondeur normale. Comme le vagin était assez rétréci sur ce sujet pour qu'on ne puisse y introduire une pince à pansement seulement, il est impossible de dire si un véritable utérus se trouvait au fonddecLS deux culs-de-sac; celte jeune fille était réglée, mais peu abondamment.

Lorsqu'il y a possibilité de faire l'autopsie d'individus affectés d'ex-

1S45. — Jainain, 3

f8 — troversion du la vessie , on trouve un grand nombre daltriations sur lesquelles il est important de nous arrêter.

Fessie. — La place qu'occupe la vessie n'est pas constamment la même: tantôt clic se trouve au-dessus du pubis, c'est le c;is le [)lu» fréquent ; d'autr. s foiselleest placéeentre cesdeux os, qui sont presque toujours écartés, ainu que nous allons le voir tout à l'heure ; d'autres fois enfin elle se trouve au-dessous du pubis.

La paroi de la vessie est plus épaisse qu'à 'Véiat normal , en raison des fongosités qui la recouvrent. Celte membrane muqueuse par;iît se continuer nvec les téguments de l'abdomen; elle est tapissée en arrière par le péritoine, mais elle laisse dans \f. petit bassin une cavité très-profonde dans laquelle viennent se précipiter les intestins. C'est à cette disposition qu'il faut attribuer la saillie que fait la muqueuse vésicale à l'extérieur, lorsque la malade fait quelqueeffort. Eu effet, les intestins pénétrant dans la cavité du petit bassin, font saillir davantage la paroi postérieure de la vessie.

Uretères. — Nous avons vu précédemment que les uretères ne s'inséraient pas sur la vessie de la même manière qu'à l'état normal. La disposition des uretères dans ia cavité abdominale est aussi tiès-vapiabie: ainsi, sui' un sujet de quinze ans. disséqué par Dessault, les uretères venaient se rendre à la vessie par une ligne très-courbe; mais le plus souvent ces canaux affectent uneidireclion rectiligne, car, ainsi que nous avons pu le voir, il était fort souvent très-facile d'y -tint rotin ire un stylet. Les dimensions de ces organes sont aussi Irès- 'ivariables; tantôt ils conservent leur volume normal, d'autres fois n\sa sont extrêmement dilatés : ainsi, on trouve dans Meckel un cas dans ".èequel ils avaient le volume d'un gros intestin. Dans un cas commu- 'niqué en il789, p-ir Ocsehamps , cliirurgien en chef de la Charité, à I Académie de chirurgie, les uretères, depuis leur naissance jusqu'au /niveau de la vessie, avaient le volume d'un intestin grêle; [)uis ils se rétrécissaient tout à coup, perçaient les différentes timiques de la

vcisit, et s'ouvraient à la partie inFérieure du cori»s vésical placé eotpc les ; ubis. Flaj.ini rapporte un cas dans lequel les uretères étaient réunis seulement à leur or!j;ine. Dans une observation communiquée par DuboisetDupuytren àla Société delà Faculté de médecine,^ les uiclères descendant d'abord dans l'excavation du bassin , remontaient ensuite derrière la paroi antérieure de l'abdomen, pour s'ouvrir séparément, près de l'ombilic, à j lignes de distance l'un de l'autre, vers la partie inférieure de la tumeur. » [Bulletin de la Fac. deméd., p. 109; 1806.) Paletta les a vus lon^jcr la colonne vertébrale et le .sacrum, pour se réfléchir- ensuite et remonter d'arrière en avant, jusqu'au lieu de leur insertion ordinaire.

Les parois des ureières sont plus épaisses qu'à l'état normal; la membrane fibreuse est très-resi.stante ; chez le sujet de l'observation première, des Hbres longitudinales, parniss;uit do natuie musculaire, se trouvaient à la partie inFérieure de ces canaux.

Heins. — Les anomalies que l'on rencontre aux reins sont moins considérables, cependant il est très-Fréquent de rencontrer une dilatation des calices et des bassinets; quelquefois encore la substance du rein ic trouve divisée en lobules comme dans le Fœtus "^Pinel, Mémoire de la Société méd. d'érrail., 1. .5, p. 396), si le sujet des observations t et 2 sur le rein était comme bosselé; disposition que l'on doit avec raison considérer comme un arrêt dans le développement complet de ci t organe.

Ombilic. — L'ombilic est bien plus marqué à la Face postérieure de la paroi antérieure de l'abdomen qu'à sa Face antérieure; il se trouve placé dans lintervalle que laissent entre eux les muscles droits antérieurs de l'abdomen , situé tantôt immédiatement au-dessus de la tumeur; d'autres Fois un espace de 3 à 4 centimètres sépare la paroi postéiicure de la vessie de la cicatrice ombilicale.

La veine ombilicale est beaucoup plus longue qu'à l'état normal; «isez volumineuse lorsqu'elle forme le ligament suspeiiseur du foie,

— 20 ■-elle va en diminuant insensiblement se perdre dans l'apofiévrose qui forme la gaîne des muscles droits antérieurs de l'abdomen ; les artères ombilicales sont Irès-grèks généralement, mais peuvent è(re trouvées dans la plupart des cas; elles sont pins rourips cpie dans l'état habituel. Dans une observation de M. J. Ciocpiet où il s'agit d'un enfant (le douze ans qu'il a disséqué avec Béclard , on n'a pas trouvé de traces d'ouraque ni d'artères ombilicales. L'ouraque manque bien plus souvent que les artères ombilicales. Sur le sujet de l'observation première cet organe n'existait pas; il en est de même d'unsiijet dodouxmois, disséqué par Tenon, et sur le sujet de IM. J. Cloquet; mais l'ouraque a été aussi Irè^-souvcnt rencontré ; ainsi Tenon en a vu un de deux lignes sur un enfant de trois mois. On conçoit très-bien que, dans certaines circonstances, l'ouraque pourra uianqucr entièrement; la situatuation de l'ombilic donnera d'une manière parfaitement exacte la longueur de l'ouraque. En effet, il est évident que si la cicatrice ombilicale descend jusqu'au niveau de la tumeur, l'ouraque aura disparu; si au contraire il existe un intervalle de quelques lignes entre la tumeur et l'ombilic, il devra exister un véritable ouraque. il ne faut pas oublier non plus que ce canal s'insère sur le sommet de la vessie , et que par conséquent , s'il ne reste que la face postérieure de cet organe , l'ouraque devra nécessairement manquer.

Organes génitaux. — Homme. — Quelquefois les organes génitaux manquent entièrement, c'est le cas le plus rare; à la vérité ils n'occupent pas toujours leur position normale, mais on les rencontre.

I>es testicules sont ou contenus dans le Fcrotum ou dans le trajet du canal inguinal, ou enfin sont dans le ventre.

Les teslicules sont rarement disposés dans le scrotum comme ils le sont à l'état normal , car le scrotum est souvent le siège de hernies inguinales ou dhydrocèle congénitale. Lesage, cliirurgien à Argentan, sig' aie deux hydrocèles chez un indivitlu affecié d'exirovcrsion de la ; vessie. Dans le cas de M. J. Cloquet, le testicule gauche était fortement adhérent à l'épiploon gastro-colique qui occupait le côté gauche

du scrotum; le testicule droit, au conirairo, était recouvert comme à l'ordinaire par sa membrane séreuse. Devilleneuve trouva les testicules arrêtés sur les pubis par un rétrécissement de l'anneau inguinal. Dcsaiilt les a également trouvés arrêtés au même point chez un sujet de dix-sept ans. Cliez ce sujet, les testicules étaient contenus dans <leu.x replis de la peau qui simulaient les grandes lèvres d'une femme.

Ordii'.airemcnt les testicules ont un volume beaucoup moins co:.sidérable qu'à l'état normal, mais celle disposition n'est pas constante; quelquefois un testicule est plus volumineux que l'autre.

La disposition du canal déférent et des vésicules séminales est trèsvariable chez les divers sujets. Le plus souvent ks canaux déférents occupent la diposilion ordinaire, seulement ils sont [ûus écartés et vont s'ouvrir dans i.s vésicules séiî.inales; mais quelquefois aussi les vésicules séminales manquent, et l^s canaux déférents s'ouvrent alors sur l'urèlhre lui-même. Van der Wiel , Tenon , Portai , rapportent di s cas de ce genre.

Plus petites qu'à l'ordinaire, les vésicules séminales ont la disposition normale ; dans le cas de M. J. Cloquet , ces organes ont une direction verticale et sont situés au-dessous et en arrrière des orifices et des uretères.

La prostate manque quelquefois; alors les deux canaux éjaculateur» sont libres, et viennent s'ouvrir au niveau de ce petit tubercule que nous avons déjà signalé en décrivant le c.:nal de l'urèlhre. Sur le sujet disséqué par Desault, on n'a pas trouvé de prostate. 11 est presque inutile d'ajouter que cet organe manque lorsque les organes génitaux manquent entièrement. Souvent aussi la prostate est plus petite qu'à l'état normal, elle est aussi divisée en deux parties distinctes.

Les canaux éjaculateurs ne s'ouvrent pas toujours dans la gouttière qui remplace l'urèthre ; on les a vus quekjuefois se perdre dans les tissus environnants, ou se porter dans l'abdomen, et s'y terminer par deux tubercules blanchâtres sans orifice apparent.

Corps caverneux, — Les corps caverneux, lorsqu'ils existent,

vicnneni, comme clans Félat normal, s'insérer sur la lubérosilt; de l'ischion, mais ils ne sont point réiniis; séparés k leur base, ils ne sont i-éiinis qu'au niveau du gland. Celte union est telle, que, si on insuffle un de ces deux organes , l'air poussé dans l'un d'eux ne passe pas dans l'autre, le bulbe de l'urèdire se voit dans leur ijitervalle ; il est , en général, moin-s volumineux qu'il ne l'est ordinairement.

Orqmtes de la .génération. — Femme. — Chez la femme, les organes de la génération: manquent quelquefois complètement. Telle est la femme dont Lémery a communiqué l'observation à l'Académie des î^cience*; elle avait seulement de la gorge comme les autres personnes de son sexe. Dans quelques cas on a vu les ovaires manquer. Dans l'observation que m'a communiquée iM. Demarquay , le vagin est bifurqué en haut. En général , les altérations que présentent les organes de la génération chez la femme sont moins considérables que chez l'homme. Sur une jeune fille de 22 an.s que Percy a vue à Berlin , les prandes lèvres étaient elïacées: le pénil était nul et entièrement glabre; elle avait quelques traces d'écoulement menstruel. On n'a pu savoir si elle avait un ulérus et des désirs vénériens. Dans une observation publiée parThiébault [Journal génér. de méd., t. 34, p. 178; , il est question d'une fille de 22 ans affectée d'extroversion de la vessie , chez laquelle on trouvait, à 3 ou 4 lignes au-dessous de la tumeur formée par la vessie, l'entrée du vagin sous la forme d'une fente transversale de 6 lignes de long sur 1 de large, ce qui ressenjblait a.ssez à une Louche de carpe entr'ouverte. Le doigt indicateur itilroduit dans cette ouverture faisait distinguer un vide spacieux au fond duquel (environ à 1 pouce de l'entrée) on reconnut très-distinctement l'orifice et In corps de la matrice. Les grandes lèvres étaient bien dessinées, très-apparentes et garnies de poils, surtout à leur partie supérieure; elles naissaient Irès-écartées l'une de l'autre près des parties latérales de la tumeur qu'elles touchaient par leur face interne, après quoi elles allaient, en se rapprochant insensiblement, se terminer près de l'anus, laissant entre elles un espace en manière de

gouttière, sans se réunir pour former le repli connu fOus le nom de fourchette, qui n'existait poini. Le clitoris, situé à la partie supérieure de la nymphe droite, était confondu avec elle.

Cette fille, qui était bien réfjlée depuis l'âge de 14 ans, et qui avait beaucoup de goût pour la société des jeunes gens, devint eiiceinle après deux ans de fréqueitalion habituelle avec un jeune homme. Pendant la grossesse, elle n'éprouva aucune incommodité, el elle accoucha heureusement et à terme sans le secours de personne; mais l'enfant . au lieu de sortir [ ar l'orifice du vagin, s'écha[)pa par une orifice qui se fit au périnée. ( Boyer, Malad. chir. , t. 9, p. 5.)

Bassin, périnée. — Les pubis sont fort rarement réunnis chez le» individus affecté.s d'exiroversion de la vessie : on trouve le plus souvent entre les deux symphyses un écartement de 9 à 12 centimètres, ce qui rend leur démarche vacillante: mais, dans !a plupart des cas. les deux os sont maintenus par un très-fort ligament qui s'élend d'un des os à l'autre, re qui assure la marche de ces individus. Chez le malade de Lesage, la démarche était vacillante; cependant celuici pouvait faire 12 lirucs par jour. Chez le sujet de l'observation première, le malade était terrassier, et pouvait facilement travailler. Quelquefois, mais rarement, le ligament manque; alors la maicho est beaucoup plus difficile. L'espace compris entre les tubérosités de rischion est également très-considérable.

Le périnée est toujours plus large qu'à l'état normal; il est en général très-musculeux.

Les mu:jcles de cette région sont très-développés ; les ischio-caverneux et buibo caverneux sont cependant moins développés que dan$ l'état naturel.

L'anus, ainsi que nous l'avons vu, est souvent porté en avant. Le déplacement du scrotum et de la verge diminue la longueur du périné.

lia position (lu rectum est très-variable, ou bien il occupe la posi-

lion normale ; mais clans la j)lii[)art des cas il se trouve plus en avanl. Dans une observation publiée dans la thi'-se de M. de Oiiatrefages , il y avait chiilc du rectum; il attribue cetle maladie à l'écarlement des pubis cl à la largeur du bassin. Ces deux disposilions sont les plus fréfjuenles. Dans l'observation publiée par Wowat ( Essais et observations de la Société de médecine d'Iidirnboiirf^) , a]a distance entre le sorotiiiu et l'anus esl p.lus grande qu'à l'ordinaire, les puljis sont plus longs et plus aplatis que dans les autres enfanis.» Mowat a tenu un des uretères bouché avec tine petite tente et un emplâtre astringent , et en tirant la lente, l'urine est sortie avec impétuosité.

L'ouverture de l'anus sur la tumeur n'est pas rare. Dans l'observation de M. Dcpaul , l'int'stin, à 1 pouce do l'anus, a contracté des adilérenocs avec la paroi postérieure de la vessie; il y a là une ouverture par laquelle s'écliappaienl à la fois l'urine et les matièies fécales. Dans im autro cas communiqué à M. Breschet par le docteur Dolivera, observation dont je vais donner un extrait , on trouve encore une disposition particulière de l'anus.

La peau de la région hypogastrique paraiseait manquer dans un point ; elle forme un bourrelet rouge de 2 lignes d'étendue , et autour d'une tumeur qui la dépassait de 2 pouces environ et qui paraissait ^tre formée par le péritoine épaissi. Cette tumeur avait 3 pouces à. peu près dans tous les sens , et paraissait contenir une porlion des intestins à la partie inférieure de cetle tumeur, et vers l'aine gauche on apercevait un prolongement de 1 pouce et demi de long, presque semblable au pis d'une vaclie, mais dépouillé, rouge et grenu, avec un oiifice par où .s'échappait le raéconium. Un peu plus à droite se trouvait une autre exubérance, do quelques lignes seulement, percée de |)lusieurs trous, par lesquels coulait continuellement ruiine;plu8 loin encore et d.ms la même direction, on apercevait le cordon ombi lical très-délié. A droite du pubis se voyait un repli de la peau que l'on aurait pris pour une portion de la vulve.

Une tumeur oblongue de 3 pouces et demi à 4 pouces de long sur ■2 à 3 de large occupait la fesse gauche.

A l'aulopsie, on trouva dans la tumeur dont le péritoine formait l'enveloppe, tles viscères en très-bon état. Une sonde introduite dans l'orifice du prolongement , qui présentait une espèce d'anus à son extrémité, conduisait à un intestin Irès-jjrêle qui paraissait être le colon descendant ; la cavité pelvienne étail très-petite : on n'y a trouvé aucune trace des organes génitaux ni du r rtum. Au lieu de vessie existaient deux petits renflements formés par l'extrémité inférieure des uretères, qui se rétrécissaient ensuite pour se terminer aux petits tubercules dont nous avons parlé.

La tumeur de la fesse étant ouverte, il est sorti une livre durine environ; l'intérieur de la tumeur était lisse, la membrane interne formée par l'uretère gauciie, dont une petite ouverture qui se trouvait à la partie inférieure communiquait avec le renflement du côlé gauche que nous venons de décrire. Le sacrum, déprimé et porté en avant, dimiiuiait d'une manière Irès-notable la cavité du bassin. Le repli de la peau , que nous avons dit ressembler à une portion de la vulve, n'était formé intérieurement que par du tissu lamineux trèsdense.

Les anomalies que l'on rencontie chez ces sortes de malades ne portent pas seulement sur ra[)pareil géniial urinaire. Outre les lésions que nous signalons au rectum, telles que l'absence de cet organe, l'ouverture de l'anus au-dessus du pubis, le canal intestinal offre dans quelques circonstances une anomalie fort curieuse; je veux parler d'un diverticulum de rin:estin grêle. Dans l'observation 3 nous avons décrit ce diverticulum. La position de ce diverticulum est importante «en ce qu'elle viendrait à l'appui de l'opinion de INIeckel , qui prétend que le point de réunion des deux moitiés du canal intestinal se trouve à l'iléon, tandis qu'Oken soutient que c'est au cœcum , et regarde l'appendice cœcal comme le rote du canal qui le mettait en communication avec la vésicule ombilicale.» (Thèse de M. de Qualrefages; Slra.shourg, 1832.) Dans l'observation lue à la Faculté de médecine par Dupuytren , on trouve également un appendice cœcal à l'intestiri grêle. Sur le même sujet il a trouvé des divisions des lèvres du voile 1845. — Jamain. 4

du palais et de la voûte palatine ; le centre aponévrolique du diapluajfme manquait. Sur le sujet de M. Depaul il y avait deux piedsbols et un spiua bifida.

11 est lacile de voir que l'arrêt de développement ne porte pas seulement sur les organes génitaux urinaires, sur le j)ubis, mais que trè souvent tous les organes de l'économie peuvent s'en ressentir.

PHÉNOMÈNES PHYSIOLOGIQLIES.

Excrétion de l'urine. — Les fonctions urinaires, cbez les individus affectés d'extroversion de la vessie, offrent quelques modifications sur lesquelles il est important de nous arrêter. La sécrétion de ce liquide peut être facilement étudiée chez les malades, car il est facile de voir chaque goutte d'urine sortir des uretères. Tenon a rais cette disposition à profit pour étudier l'action des diurétiques sur les reins, et riour combattre cette opinion qu'il y avait une communication directe de la vessie avec l'estomac.

Je vais examiner rapidement les expériences de Tenon.

H s'agit d'un sujet de trente-sept ans que Tenon présenta à l'Académie des sciences. Je ne m'arrêterai pas à décrire la disposition de la vessie et des uretères à la région épigastrique; toutes ces tumeurs se ressemblent presque complètement. Je renverrai donc, pour ces détails, au mémoire que Tenon a publié dans les Mémoires de l'Académie des sciences , année 1 761 .

« Lorsque cet homme n'a ni bu ni mangé, et qu'il est un peu reposé , il sort environ en deux minutes sept gouttes d'urine de l'extrémité de l'uretère gauche, et six gouttes dans le même temps de l'extrémité de l'uretère droit. Lorsque, sans avoir bu ni mangé, il t'agite en marchant ou en faisant quelque exercice de corps, au lieu de six ou sept gouttes d'urine que donnait chaque uretère en deux minutes, il en sécrète de l'un et de l'autre jusqu'à douze gouttes par minute; peut-être un exercice plus violent et plus long augmcnle-l il encore le nombre de ces gouttes; c'e.^t ce que j'ignore...

«Environ tienle rainules après avoir bu une deini-bouïcille de vin blanc que je lui donnais à dessein et comme diurétique, les gouties augmentaient de volume et sortaient jusqu'à six ou huit de suite, osais toujours moins du côté droit que du coié gauche; elles Faisaient un peu saillie en avant des uretères, mais sans former un jet. Dans d'autres cas, lorsque cet homme toussait dans le fort de la sécrétion, on observait jusqu'à cinq de ces jets par minute, et en ime heure et demie de temps, il avait rendu par les uretères : I" une urine blanche et séreuse fort peu abondante; 2° une urine plus chargée, et en tout une quantité de liqueur qui réponr^ait aux trois quarts de ce qu'il avait bu il y avait deux heures.

aLor.sque le malade avait bu de l'eau il s'en fallait beaucoup que les urines augmentassent aussi rapideixent; ce n'était qu'une heure el demie après que le maladie avait bu que l'on re;i:arquait de l'.iccélération dans le cours de l'urine. »

D'après sfs expériences, voici ce que Tenon a remarqué: 1° les eaux minérales sont rendues très-rapidement, et lorsqu'on en a bu beaucoup les urines sont peu colorées; 2° que la térébenthine, les asperges, la casse, les betteraves, la garance, donnent de l'odeur ou de la couleur aux premières urines , mais n'agissent pas sur les secondes.

Tenon discute d'après ces faits s'il existe des communications directes de la vessie avec lestomic. Je ne m'arrêterai «as à ccile discussion qui est maintenant sans intérêt.

Les individus affectés d'extroversion de la vessie peuvent, dans certaines circonstances, ne pas uriner continuellement. On a observé un assez grand nombre de faits dans lesquels l'urine coulait par jet et avec intermittence. A quelles dispositions doit-on attribuer ce phénomène? Deux choses sont essentiellement nécessaires: il faut, 1" un réservoir à l'urine; 2° il est besoin d'un obstacle au cours du liquide.

La dilatation des uretères et du bassinet permet facilement à lurine de s'accumuler en quantité notable.

L'obslacle, on peut le (rouver , ftlans les orifices sinueux et ré- Irécis des uretères au moment où ils plongent clans la vcLsie ; 2° dans le sujet de l'observation première, nous avons signalé un? disposition particulière des muscles pyramidaux qui , au lieu de se trouver en avant de la vessie, se trouvaient couciiés transversalement sur la face postérieure et en rapport avec les deux uretères, de telle sorte que dans la contraction de ces muscles, le calibre de ce canal pouvait fort bien être rétréci.

Quant à la longueur du jet d'urine, on peut très facilement s'en rendre compte par l'existence de fibres musculaires sur la partie inférieure de l'ureière.

Les fonctions de la génér.ition sont à peu près nulles chez l'homme en ce sens qu'il ne peut procréer; mais s'il est un très grand nombre d individus qui ne se sentent aucun désir vénérien, il en est d'autres qui ont de grands désirs , désirs augmentés encore par l'impuissance, et, comme le dit Percy, «leur passion s'irrite pai' l'impuissance désespérante et la honteuse nullité de leurs organes, et chez eux l'amour est un délire, une vraie fureur. «

Les deux sujets dont je rapporte l'observation é[)rouvaienl des désirs, ils se masturbaient. Bailli cite le cas d'un individu très-lubrique; il va sans dire qu'il n'avait jamais tu d'enfants.

Les femmes peuvent souvent n'éprouver aucun désir, mais elles ne sont pas nécessairement impuissantes. J'ai rapporté plus haut l'observation d'une femme qui avait engendré; Bonnet parle d'une autre qui devint mère, mais sans avoir éprouvé aucune jouissance.

L'extroversion de la vessie n'est pas incompatible avec la vie, aussi rencontre-t-on assez souvent des sujets assez avancés en âge. Cependant il est à remarquer que beaucoup d'enfants affectés de cette maladie succombent peu de temps après la naissance; mais il ne faut pas oublier les vices de conformation qu'on rencontre dans les autres appareils. Aucun dts sujets dont j'ai pu recueillir l'observation n'avait dépassé l'âge de quarante-huit ans.

Les organes de la voix subissent toutes les modifications qu'entraîne

avec elle l'iaiperfection des organes génilaux sur lé malade observé par Tenon, et dont j'ai déjà parlé en mentionnant ses expériences sur l'excrétion urinaire. La voix était rauque. Voici ce que ce chirurgien en dit : «Cet homme, quoique d'une courte stature, n'a rien d'efféminé, et rieu qui ressemble à es êtres mutilés dont on a sacrifié les organes virils à ceux de la voix. Ses iimscles sont gros, forts et bien marqués; il est lui-même très-foit, extrêmement barbu et d'un poil noir. Sa voix mua seulement à l'âge de dix-huit ans : jusque-là elle avait été un fausset , elle devint une (aille. Ce changement fut marqué par une raucité, comme à l'ordinaire; mais c^tte raucité ne s'est point affaiblie, elle persiste encore: phénomène qui donnerait lieu de penser que le sujet en question est encore dans cet état mitoyen qui précède la puberté entière et complète. M. d'Alembert, qui a bien voulu examiner le co.ps et l'étendue de cette voix, l'a jugée une taille fort faible : elle n'avait guère de sons pleins et nouri-is que dans l'étendue d'une quinte, d<.q)uis le 50/ jusqu'au ré en montant; depuis le ré elle donnait encore quelques tons , mais en fausset. » (Tenon , Mémoires de tÀcad. des sciences, p. 123; 17G1.)

Ce sujet n'avait aucuns désirs vénériens, ses sens étaient bons, à l'exception du goût; il n'avait jamais été malade, à l'exception de quelques accès de fièvie; il mangeait et buvait fort peu, presque toujours sans appétit; il était ordinairement relâché.

De l'écoulement continuel de l'urine, suite inévitable de l'extrover- $ion de la vessie, résulte une incommodité véritablement horrible, outre l'odeur urineuse qu'exhalent les malades, dont les vêtemenis 80nt constamment imprégnés d'urine; ce liquide se répandant sui le» téguments de l'abdomen, sur les cuisses, il en résulte des cuissons, des érysipèles et même des ulcérations qu'il est fort difficile de piiérir, àcause de l'écoulement incessant de l'urine. Chopart rapporte l'observation d'un homme de quarante-huit ans. «11 portait deptiis sa naissance à la région hypogastriiiue un fongus vésical dont l'urine coulait goutte à goutte. Depuis six ans les téguments s'étaient ulcérés dans la circonférence de ce fongus et dans une grande étendue; l'ulcéra-

lion présentait beaucoup de chairs fongueuses, ses boids étaient re- Itvés et calleux; cjwelcjuefois cette ulcéiMtion se cicatrisait dans les deux tiers de son étendue, mais bientôt elle reprenait son preinler état.» (Chopart, Mal. des voies urin., t. 2. p. 334.) Le froissement de la tumeur par les vêlements donne encore lieu à des douleurs trèsvives et à des écoulements de sang considérables, ce qui force souvent les sujets màlcs à porter des jupons.

Pour obviei- à ces inconvéiiienls, plusieurs praticiem, ont essayé ou d'adapter un vase pour recevoir l'urine, ou de rapprocher les |)arois abdominales et le pubis pour en obtenir la réunion.

M. Pipelet, chirurgien de Paris, a eu l'idée d'appliquer une boîte destinée à recevoir l'yrine. «Il avait l'intention de porter dans les uretères des sondes tl'argent ou de gomme éla.stique, qu il aurait fait pénétrer assez profondément, el lorsque les parties auraient été habituées à la présence de ces coips étrangers, il eût fait communiquer le pavillon de la scnde avec un petit réservoir en cuir bouilli , soutenu à l'aide dune ceinture. Le jeune homme, qui avait treize à quatorze ans, ne voulut point se soumettre à celte opération, l'introduction de la sonde étant douloureuse. »

M. le professeur Breschet a essayé cette année d'introduire de la même manière des sondes dans les uretères; mais dès qu'elles étaient introduites, le malade éprouvait de la fièvre. On a été obligé de cesser ces tentativts. Du resté, il est facile de voir couibien l'uretère est irritable, puisque l'excision d'une très-faible partie d un des mamelons a^été ra[)idement suivie de la mort chez le sujel dont je rapporte l'observation.

Jurine, savant professeur de Genève, a imaginé une cuvette en argent, qui couvre sans la toucher la partie convexe de la vessie, et qui, en diminuant de largeur, s'adapte parfaitement sur le contour du pubis dont elle suit la for. ne et l'inflexion jusqu'auprès de l'anus. Dans la partie la plus basse de cette cuvette se trouve un fond évasé en forme d'entonnoir, qui se termine à l'extérieur par un écrou ou petit ressort sur lequel se monte une vessie eu gomme élastique. An::

dré Honri , professeur à Amsterdam, a appliqué cet appareil avec succès sur un nommé Mathieu Isem, de Cologne, qui, au moyeu de ce réservoir, put quitter des liabits de femme qu'il portait auparavant.

Dubois et Dupuytren espéraient tenter quelques moyens pour remédier à cet état de conformation sur un très-jeune enfant; ils se proposaient do proléger la tumeur au moyen d'une plaque concave, et rapprocher le pubis au moyen d'un bandage; mais l'enfant ne vécut que trois semaines.

«Cette opération, comme le fait remarquer M. de Qualri'fages, pourrait , dans quelques cas , offrir des chaui^^es de .succès, mais ne serait d'aucune utilité aux malades dont la .tumeur n'offre que 1 ou 2 pouces d'étendue. Elle est impraticable dans le cas où la vessie proémine entre les deux pubis et quand elle est placée au-dessus de ees Ob; la réunion, fût-elle obîeuue, ne saurait être d'une grande solidité en raison des tractions continuelles exercées par les muscles abdominaux. »

ISescrail-il pas possible, comme M. le professeur Gerdy l'avait conçu sur le sujet de l'observation 1, d'aviver, dans certains cas, les bords de la plaie, et de les réunir au moyen d'une suture enchevillée jusqu'au pubis, et dans d'autres où la tumeur serait trop considérable, après avoir refoulé celle-ci du côté de l'abdomen de l'extéiieur à l'intérieur, de disséquer la peau et d'en réunir lesjjerds au moyen de la suture enchevillée, puis de développer peu à poii ia cavité de la vessie au moyen d'une vessieartificielle introduite vide dans le sein de la vessie naturelle, . pour diltler peu à peu. après la réunion obtenue . la vessie malade au moyen de la vessie artificielle que l'on insufflerait? Enfin , ne serait-il pas possible, si on obtenait par ce procédé la fermeture de la vessie et sa dilatation, d'obtenir encore, dans certains cas, la fermeture de l'urètre sus-pénien,en avivant les bords latéraux et l^s réunissant sur une sonde au moyen de la suture enchevillée? Si l'on était af-,'ez heureux pour réussir ainsi , il serait plus aisé d'adapter un urinaire en goinifie élastique que tout autre bandage.

l" OBSERVATION.

(Salle Saint-Jean, n° 15.)

Alcxaiidre-Michcl Pierre, âgé de vingt-quatre ans, profession de journalier, né à Jonc-du-Plain (Orne), entré le 20 mars 1843, mort le 13 avril.

Ce malade n'est point entré à l'hôpital pour une autre cause que pour son exstrophie de vessie. Il est lerrassier; quoiqu'il puisse facilement gagner sa vie en travaillant, sans cesse tourmenté par colle maladie qui lui cause des excoriations autour de la partie antérieure de l'abdomen, il est obligé d'entrer de temps en temps à l'hôpital, où les soins de propreté viennent lui apporter quelques soulagements en guérissant les excoriations que l'écoulement incessant de l'urine développe autour de la tiineur.

Cette affection date de fa naissance. 11 est né de parents parfaitement conformés, il est robuste, assez grand. Jamais, à l'exception d'excoriations autour de la vessie , il n'a ressenti de mal , si ce n'est quelquefois des douleurs dans les reins. Le système pileux est assez développé. Il a de temps en temps des érections; il dit avoir eu des rapports avec des femmes et s'être masturbé ; il a vu alors le sperme s'écouler par deux orifices situés à la partie inférieure de la verge : la semence coulait goutte à goutte, et se réjiandait dans le cul-de-sac formé par la paroi postérieure de la vessie.

Le malade désirant que quelques soulagements soient apportés à sa maladie, après l'avoir convenablement examiné, voyant que cette paroi postérieure de la ves.<ie est un peu mobile, qu'on peut la repousser un peu dans l'abdomen, on songea employer la compres.'ùon. On commence, le 2 avril , en appliquant sur les deux fongosilés de l'urèthre deux compre.'^ses pliéesen plusieurs doubles, et maintenues par nn tour de bande circulaire autour du tronc ; mais la compression est trop douloureuse pour que le malade puisse la supporter ; d'ail-

leurs on est obligé de l'enlever encore à cause de la difficulté que l'urine éprouvait pour se porter au (îchors.

On recommence le jour suivant avec de la charpie, afin d'absorber l'urine et de Paire une compression pins douce; mais on est encore obligé d'abandonner ce moyen trop fatigant pour le malade. On le laisse reposer pendant quelques jours.

Quelles sont les indications à remplir? Tâcher de favoriser la formation d'un réservoir pour l'urine ; secondement , appliquer sur la paroi abdominale antérieure une loîte destinée à former à la petite poche une paroi antérieure; de cette manière, l'urine aurait pu .s'accurauler dans une espèce de vessie factice, moitié organique et moitié métallique. D'un autre côté, si on remarque que les uretères sont peu sensibles, car nous avons pu constater qu'il n'y avait que la compression qui fût (louloureuse pour le malade, on songe à exciser les deux mamelons qui viennent remplir la petite poche formée par la paroi postérieure de la vessie. Mais comme cette excision n'avait jamais été faite, M. Gerdy, pour plus de précaution, n'excise que 2 ou 3 millimètres de l'uretère, d'un seul côté, c'est-à-dire un dixième du mamelon seulement, l.e malade ne ressent aucune douleur, il saigne trèspeu ; la muqueuse de l'uretère est parfaitement saine; le malade est mis à diète absolue (8 avril).

Dans la journée , le malade a eu de la fièvre, il se plaint le lenden)ain d'une douleur très- vive dans le rein gauche : c'est le côté où l'incision a été faite.

Il n'a pas uriné depuis la veille au soir, du côté où l'incision a été pratiquée.

Ventouses scarifiées , 4 palettes à la région du rein gauche et sur le trajet de l'uretère; diète absolue.

Le 10, un peu do soulagement ; la douleur du rein est moins vive; mais elle s'est étendue sur toute la longueur du canal et l'uretère. Le malade a eu un peu de frisson , le pouls est plein; 100 pulsations par minute, nouvelle application de ventouses scarifiées.

1 845. — Jamain. S

— M — Le 11, 1« malade est plus mal; il a une soif vive; l'excrélion tie rtirinc ne se fait plus du côté où l'incision a été Taite; il exiiaie une odeur urineusc; le pouls est à 120. Il est pâle, il a le visajje couvert d'une sueur froide; il éprouve toujours de la douleur dans la région du rein ; il ne souffre point dans la région de la vessie. Nouvelle application de ventouses scarifiées.

Le 12. son élat s'est encore aggravé, il a eu du frisson depuis la veille au soir, il a eu conslamniont du délire; l'excrétion de l'urine ne s'est pas rélablie du côté de l'excision ; le ])ouls est exirêmenaent petit et fréquetit; le malade ne peut plus rendre compte de son élat; il succombe le 13 dans la journée.

On peut voir par ce fait qu'une excision qui paraissait tout à fait sans dan{;er, a causé, en l'espace de quelques heures, des accidents que le traitement antiplilogistique le plus énergique n'a pu arrètei-. On peut voir par là combien il faut être réservé lorsqu'on porte le bistouri sur un malade; c.ir, quoiqu'il y ait eu indication bien précise d'exciser ces mamelons qui venaient remplir la cavité vésicale , cependant on n'y a porté l'instrument qu'avec une prudence excessive, c'est-à-dire en ne pratiquant ro, éraiion que d'un seul côté à la fois, et en excisant la plus petite partie possibU» du mamelon, et en mettant le malade dans les mêmes conditions que ceux auxquels on pratique les opéfaiions les plus graves, et cependant les accidents se sont dévelo] pés avec une excessive rapidité.

A lautoj sie, faite trente-six heures après la mort, on trouve la vessie dans le même état qu'avant la mort , .seulement le mamelon sur h quel l'incision avait été pratiquée est un \ eu noirâtre au sommet. Dans l'abdomen on trouve une légère inflammation du péritoine, de la face postérieiu-e de l'abdomen, surtout au niveau du rein et des uretères du côté gauche. Le rein droit présente le volume normal , le rein pauclu' a considérablement augmenté de volume; l'uretère du côté droit est plus volumineux qu'à l'état nornial , ce qui tient au vice de conformation de la vessie; l'uretère du côté droit a le volume de l'intestin gréie d'un fœtus : on trouve dans le rein une très-grande

quantité de pus. La sub>tance tubuleiise est presque entièremenl détruite par la suppurntion; l'iirelèie es! rempli de pus raèlé d uiine ; la couleur du rein est d'un violet exliètiie.iicnt foncé ; il en i<;t de même de l'urelère dans toute l'étenduo de son trajet; le tissu cellulaire enviroisnant est plus dur qu'à l'état normal, et présente également une coloration noirâtre. Le cerveau n'a rien d'anormal dans sa disposition , il ne présenie aucune altération patliolojjique

Les poumons sont sains. Nulle part on ne trouve d'anomalie, ni dans la conformation extérieure de ces organes, ni ilans leurs rapports: on trouve seulement une grande quantité de eirconvolution intestinale dans le petit ba.-sin.

Altération des formes extérieures. — A la partie inférieure de l'abdonion, au-desstis des pubis, la paroi abdominale se trouv* formée sur la ligne médiane par une surface fongueuse, rongeàtie, saignant assez facilement. Cette surface peut être divisée en deux parties : l'une susiipérieui'e, formée par deux fori[;osilés saillantes , quelquefois même à l'extérieur; l'auli-e inférieure, située lui peu au-dessous du niveau des téguments de l'abdomen.

Les deux fongosités de la partie supérieure ont un volume très-variable, selon les moments de la journée dans lesquels on les examine : lanîôt du volume d'une noix, et c'est le cas le plus constant; d'autres fois elles peuvent en peu d'iieures augmenter considérablement de volume; à la suite d'une grande fatigue, ces fongosités sont complètement séparées l'une de lantre, et ne présentent pas de communication entre elles. Leur base est supportée sur un pédicule plus étroit que le sommet ; et lorsque, à la suite de certain* s circonstances, ces fongosités acquièrent un certain développement , c'est surtout le somni! t de la tumeur qui est le siège de cette augmentation de volume. Si on examine le sommet , on voit une petite gouttelette de liquide audessous de laquelle on trouve une ouverture : c'est l'orifice de l'uretère beaucoup plus large qu'à l'état normal. On y introduit facilement un siyict : le trajet présente des sinuosités faciles à franchir. Le sty-

let , après avoir rencontré une cerlainc résistance, pénètre bientôt avec une grande facilité. Cette exploration ne cause aucune douleur au malade, c

La tumeur est peu réductible ; avec un peu de précaution , on peut rtîpousser un peu vers la colonne vertébrale la paroi postérieure de la vessie; on peut même repousser les fongosités; mais si on oomprimc longtemps les uretères, le malade ne tarde pas à ressentir des douleurs intolérables, dans la région des reins principalement.

En bas et en arrière des uretères, on voit une petite poche de capacité variable formée par la paroi postérieure de la vefesie trèsrélrécie et portée en avant pour la compression des viscères abdominaux.

Cette poche est complètement remplie [)ar les uielères dilatés , et, dans l'intervalle que ceux-ci laissent entre eux , ainsi que dans les points où ils ne sont pas en contact avec la paroi postérieure de la vessie, on trouve de l'urine qui est sans cesse renouvelée par d'autre qui s'écoule incessamment des uretères; outre cette urine, on t.-ouve dans cette petite poche des mucosités fihjntes plus épaisses que l'urine qui se mêlent difficilement à celle-ci, et qui sont dues à la sécrétion de la muqueuse vésicale.

Cette muqueuse est rouge, fongueuse, saigne assez facilement quand elle est fioissée.

En haut les deux uretères sont adhérents à la partie supérieure de la membrane mirqiieu.'e, de sorte qu'ils ne peuvent se porter vers la partie inférieure que par le développement des fongosités ; en bas ils sont parfaitement libres. Outr-e ces deux fongosités, on troirve à la partie inférieure une autre fongosité assez volumineuse sans orifice à son sommet ; de celle-ci part un repli muqueux qui va se porter vers la vei'ge.

La poche formée par la paroi postérieure de la vessie a une forme plutôt circulaire qu'ovalaire à la partie inférieure qui est en rapport avec les os dir pubis écartés; elle présente plus do lar'geur qu'au «omraet. La peau qui est autour de celte poche est blanche comme

celle d'une ('uatrice , sans présenter d'aiilrcs caraclères avec le tissu inodulaire; au-dessus de la tumeur, et à 1 centimètre de la lipne de démarcation, on trouve un petit tubercule sans cicatrice apparente à l'extérieur : c'est là que viennent aboutir, comme nous le verrons plus tard, les artères et la veine ombilicale; cest là tout ce qu'on trouve de l'anneau ombilical, car la peau de l'abdomen est complètement lisse dans toute son étendue, et nulle part on ne trouve de trace d'ombilic; du reste, en décrivant la face postérieure, nous reviendrons sur la disposition de l'anneau ombilical. En bas et sur les parties latérales, la peau est cotiverle de [loils assez abondants; sur les côtés, deux saillies qui Forment la paroi antérieure d'un canal que nous verrons être deux hernies, l^es uretères ont un diamètre de 1 centimètre, et sont tout à fait rcctilignes; et quand on introduisait utie sonde dans I intérieur, elle était brusquement arrêtée au niveau de la paroi postérieure de la vessie, tant par les sinuosités que ce canal présentait sur ce point (]ue par la diminution de son calibre. A l'extérieur on pouvait introduire l'extrémité d'un stylet boutonné. A gauche, l'uretère présentait un volume beaucoup plus considérable qu'à droite; mais il y avait une inflammation très-vive du rein et du bassinet de ce côté; le bassinet et l'uretère étaient distendus par une énorme quantité d'urine et de pus , car après l'excision l'uriuf avait cessé de couler. Les reins sont volumineux, légèrement bosselés; les bassinets sont dilatés; rein gauche , néphrite et pyélite aiguë.

Les parois des uretères ont un peu augmenté de volume; on trouve seulement à la partie inférieure quelques fibres longitudinales qui paraissent de nature musculaire ; la membrane fibreuse est très-résistante; la muqueuse a une coloration normale.

La paroi postérieure de la vessie est plus épaisse qu'à l'état normal. Le malade urine continuellement, ou goutte à goutte, d'autres fois l'urine coide par jet. Celui-ci offre une longueur de 8à 9 centimètres, tantôt d'un seul côté, tantôt des deux côtés à la fois; on rencontre cette particularité lorsque l'uiine a cessé de couler pendant qiielc]ues instants, ou que le malade fait un mouvement brusque. Lorsque l'urine

conle par jet, les deux jets vont en se croisani sur la lijjne médiaoe. (^>uand elle coule goutte à goultc, el que la muqueuse vésicale ne fait pas de saillie à rixtéiieur, l'urine s'é|ianche dans cette poche.

Plus courte qu'à l'état normal , la vcrjjc a une lonjjueur de 4 centimètres, elle est dress'-e et fait avec l'abdomen un angle de 45°. Elle a'îa forme d'un prisme triangulaiie dont la Ijase va s'insérer à l'iscliioii , et dont le sommtt arrondi formé par le gland conserve un volume égal au corps; une face postérieure plus large que les deux autres, dirigée en arrière et en rapport avec la vessie, elle est formée par le canal de l'iirèlhre; les deux faces latérales sont tapissées par la jieau, qui se continue avec celles des bourses; elle est fine, préi-enle à la base quelques follicules pileux; elle remonte au delà du corps caverneux el forme une espèce de prépuce. Celui-ci présente une éciiancrine au niveau du canal de l'urèlbre où il manque entièrement, en avant, un frein semblable à celui de l'Iiomme bien conformé.

Lurèthre paraît déplacé, celui-ci se trouvant occuper ime place inverse de celle qu'il occupe à l'état normal , et qu'au lieu de passer audessous des pubis, le canal se trouve situé non pas en avant de ceuxci, car nous allons voir qu'ils sont écartés; mais en avant du long ligament qui remplace la symphyse. Sur les côtés, la peau qui tapisse les corps caverneux vient se confondre sans autre ligne de déinarcahon que celle qu'on rencontre entre la peau et les mu(jueuses, aux lèvres el au prépuce, etc.. avec la face postérieure, c'est-à-dire avec la muqueuse urélhrale.

La face postérieure est formée entièrement par la muqueuse uréthrale. En effet , il est facile d'y trouver tous les caractères de cette membrane muqueuse, elle est seulement un peu plus rouge qu'à l'état normal, ce qui est dû sans doute au contact incesssant de l'air avec cette membrane muqueuse. En haut, elle se continue sans ligne de démarcation avec le renflement du sommet que nous allons voir tout à l'heure; avec le gland en bas, avec la muqueuse vésicale sur les parties latéitales; avec la peau qui recouvre la verge, sur les parties latérales'de haut en bas, une petite dépression qui correspond à la fosse

39 — naviculaire. Plus bas, et sur toiilc la surface de code muqueuse, de petites excavations avec un iipli nombicux dirigé en liant, ce sont les lacunes de Moigagni; (ouià Fait en bas, un |utit tubercule saillant dont par! un repli muqucux qui va se rendre à un autre tubercule que nous avons déjà signalé entre les deux iirelèros dilatés. Le petit tubercule que nous signalons ici sur la muqueuse un'tbrale n'est autre cbosc que !e verumontanum ; sur les parties latérales de ce tidDercule. nous trouvons les orifices des canaux éjaculateurs et des canaux de la glande prostate. Ce petit tubercule est assez difficile à apercevoir au milieu des fongosités rougeàlres qu'on trouve sur la face de la vessie, et ce n'est qu'après de nombreuses reclierches que j'ai pu le découvrir. Ces recherches, d'ailleurs, fatiguaient beaucoup le malade, car on était obligé de renverser la verge et de repousser en haut les deux uretères.

Le gland est formé par deux ma^melons égaux en volume, d'une forme ovalaire, plus saillants sur leur partie moyenne, et séparés sur la ligne médiane par une dépression correspondanle en arrière à la fosse naviculaire, en avant au frein de la verge : ces deux mamelons sont disposés obliciuemenl , de manière à former par leur réunion un angle obtus doht le sinus est ouvert en arrièie.

La peau des bourses est couverte d'une quantité variable de poils, elle ne présente rien de remarquable.

Face interne.

La paroi abdominale est coupée à 16 centimètres au-dessus du pubis, présente à sa face postérieure sur la ligne médiane un sillon au fond duquel on aperçoit la veine ombilicale séparée du péritoine par une aponévrose transparente qui présente une large éraillure à 6 centimètres de la partie sii[)érieure. A 12 centimètres du bord supérieur, c'est-à-dire à 4 centimètres du pubis, on trouve une partie enfoncée qui paraît être l'ombilic. Au-dessous, une surface couverte de plis formés parle soulèvement du péritoine et du fascia transversalis par un

— Ai) — j;ros paquet de lissii graisseux. Au-dessou:! , encore saillies se conli- Duant sur les parlies latérales formées par les canaux déférents, enfin tout à fait m bas une surface de i'> millimèlrcs de hauteur; enfin , un ligament très-forl qui réunit les deux os du pubis.

Sur les parties latérales, deux grosses saillies formées par les fibres des muscles droits antérieurs de l'abdomen ; ces deux muscles ne sont séparés à leur parlie supérieure que de l'épaisseur de la veine ombilicali'. De là , ils vont en divergeant ; et au niveau du pubis ils laissent entre leurs bords internes un espace dcO cetitimèlres. Entre leurs bords externes , il n'y a qu'une distance de 1 1 cenliniètres à la partie supérieure, ces bords externes sont également éloignés l'un de l'autre de 11 centimètres, de telle sorte que les bords exiernes sont parallèles; au contraire, les bords internes forment un triangle dont le sommet correspond en haut, et dont la base mesure exactement le ligament pubien.

De chaque côté, en dehors des tendons des muscles droits, une ouverture elliptique dirigée de haut en bas et de dedans en dehors tapissée par le péritoine , et qui commuiaique avec la tunique vaginale; c'est cette poche qui a été considérée chez les uns comme un sac herniaire, chez d'autres comme une hydrocèle congénitale. Le plus grand diamètre vertical est de 25 millimètres, le diamètre horizontal est de 15 millimètres seulement; c'est à ce cul-de-sac que correspondent les deux saillies dont j'ai parlé plus haut. En bas, deux saillies formées |iar les os des iles en dehors la saillie des canaux déférents au-dessous desquels est un cul-desac qui n'est autre chose que le cul-desac reclovésical.

Parlies profondes. — Si sur la face postérieure on enlève le péritoine, le fascia transversalis, la face postérieure de la gaine du muscle droit, on voit, ce que nous avons déjà pu constater, que ces deux muscles sont divergents vers la partie inférieure , et que c'est dans cet espace triangulaire formé par le bord interne de ces muscles en bas par le pubis que nous allons trouver la face postérieure de la vessie

et (ous les organes qui, à l'élat normal, ?e trouvent en ra[i|.ort avec cette paroi postérieure.

Au sommet de ce trianjjle. on trouve un cul de-sac beaucoup plus profond à la partie supérieure qu'à la partie inférieure; la partie supérieure est formée en haut par le relief des fendons des muncles droits antérieurs de l'abdomen, en bas , par une saillie musculaire liansversale étendue d'un des os du pubis à lautre, en passant en arrière de la vessie. En haut, on trouve la veine ombilicale dont nous avons déjà parlé, qui occupe le sillon qui existe es^tre les deux muscles droits; celte veine , très-volumineuse au moment où elle forme le ligament suspenseur du foie, diminue insensiblemeni de volume, et va insensiblemeni se perdre dans le tissu aponévrotiquc qui forme la gaîne des muscles droits antérieurs de l'abdomen ; en bas, on trouve les deux artères ombilicales qui sont également très-petites à leur terminaison , et qui viennent se recourber comme sur une poulie sur la faillie transversale dont je viens de parler; ces deux artères vont en convergeant se placer sur la partie inférieure du cul-de-sac; il n'y a pas de trace de l'ouraque.

Au bas de la saillie musculaire, on trouve les deux uretères trèsvolumineux, pouvant admettre dans leur intérieur une sonde d'un gro.s calibre , mais se rétrécissant au moment où ils arrivent dans la vessie; les uretères sont séparés par le muscle pyramidal, qui est cette éminence couchée en travers dont j'ai déjà parlé par une aponévrose assez résistante. Plus bas, on trouve la [irostate enveloppée dans sa gaine aponévrotique ; plus bas encore, les canaux déférents rectilignes viennent se porter l'un vers l'autre bout à bout sans former aucun angle; Us se jettent de cette manière dans les vésicules séminales, dont le volume est à l'état normal, et qui s'étendent au niveau du cul-de-sac recto-vésical dont j'ai déjà parlé.

Les corps caverneux viennent s'insérer, comme dans l'état normal , sur les lubérosités de l'ischion; mais, au lieu de se confondre entre eux, ils sont appliqués l'un contre l'autre, et ne se réunissent que par

Ift^ô. —Jamain. Ç

leur exlréraîlé antérieure, à la base du gland. La bulbe se voyait dans leur inlcrvalle. Le muscle bulbo-caverneux est moins gros qu'à l'état normal.

Les pubis sont écartés, la symphyse remplacée par un ligament très-fort, étendu des épines du pubis à l'os; ce ligament est assez solide pour que le malade puisse marcher.

Le bassin est déFormé; l'angle sacro-vertébral plus obtus el porté en avant.

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