PRÉFACE
Le sujet que nous avons choisi pour notre dissertation inaugurale est loin d’être neuf ; les appareils pour les fractures de la cuisse ont de tout temps attiré l'attention des chirurgiens, mais nous n'avions, avant notre départ de France, rencontré, dans la pratique des hôpitaux, aucun appareil qui nous parût théoriquement satisfaire plus couramment à tcutes les indications à remplir que celui d'Hennequin. Nous l'avons vu en place dans le service de notre chirurgien en chef, M. Duplouy ; frappé comme notre mailre de son extrême simplicité, nous en avons recherché les résultats pratiques et toutes les observations que nous avons rencontrées, tant à l'hôpital de la marine qu'à l'hôpital civil, témoignent hautement en faveur de sa supériorité sur tout autre mode de centention.
L'extension continue avec demi-flexion est aujourd’hu; en honneur dans plusieurs grands services de Paris, mais elle n’est point exclusivement adoptée par tous les chirurgiens, et on peut dire qu’en certaines régions de la France, elle est, malgré les travaux dont elle a été l’objet à peu près méconnue, bien qu’elle figure dans des manuels récents,
Nbr
Un grand nombre de médecins de nos départements de l’ouest, visitant le service des blessés de l'hôpital maritime, déclarent qu’ils voient pour la première fois l’appareil d'Hennequin et, séduits par ses avantages, Constatés de visu et surtout par la facilité de son installation avec des éléments qu'on a toujours sous la main, ils se proposent bien d'y recourir à l'avenir.
« On ne saurait, disait notre maître M. Duplouy dans « une de ces récentes cliniques, trop vulgariser ce pré- « cieux appareil, grâce auquel une fracture de cuisse « sans attrition trop forte des parties molles n’est plus « qu'un accident insignifiant. » Cette assertion est pleinement justifiée entre les mains expérimentées de ce chirurgien ; tout en faisant la part d'un enthousiasme qui indique au moins la grande supériorité qu'il lui attribue, nous avons pensé qu’il y avait quelque intérêt humanitaire à fouler des sentiers connus, mais qui n'ont peutêtre pas été suffisamment battus, puisque cet appareil n'a pas remplacé tous les autres, et qu'il était bon de réunir en tous lieux les faits pratiques qui doivent mener à ce résultat désirable.
Nous apportons ici sept observations ; trois sont tirées du service de Monsieur le professeur Bonnafy, qui, le premier, à employé l'appareil Hennequin ; trois nous ont été fournies par Monsieur Duplaüy ; la dernière est due à l’obligeance de Monsieur Fontorbe, médecin de 1"* classe de la marine, chef de clinique de Monsieur le chirurgien en chef Duplauy.