LES
simplifié, il demande trois serviettes, deux attelles, une bande, de l’ouate, deux cordes et un corps pesant quel qu'il soit pour faire l'extension: le dossier d'une chaise servira de poulie de réflexion. Pour faire l'extension, après avoir entouré le pied, la jambe et le quart inférieur de la cuisse d'un bandage, ouaté compressif, on applique le milieu d'une serviette pliée en cravate sur la face antérieure de la cuisse, immédiatement au-dessus de la rotule, on conduit ses deux chefs dans le creux poplité où ils se croisent en allant l’un à droite, l’autre à gauche: on les ramène sur la face antérieure de la partie supérieure de la jambe où ils sont noués ensemble. Aïnsi disposée la serviette représente un 8 de chiffre, comprenant dans un de ses anneaux la partie inférieure de la cuisse qu'elle embrasse, et étreint solidement ; dans l'autre la partie postérieure du mollet. Elle prend donc, ses points d'appui d'une part, sur les condyles du fémur, de l’autre sur la face postérieure et supérieure de la jambe où ses chefs s'entrecroisent. Une corde, attachée sur les côtés du nœud de l’anneau jambier, va se réfléchir sur le dossier d'une chaise dont le siège supporte le pied, ou sur une poulie disposée à cet effet. Un corps pesant faisant l'extension est suspendu à son extrémité opposée.
La contre-extension se fait de la même manière et par le même moyen. Une serviette, également pliée en cravate, embrasse la racine du membre; sa partie médiane logée dans le pli fessier prend un point d'appui solide sur la tubérosité de l'ischion, un de ses chefs dirigé en dehors, dans la fosse iliaque externe, s'arrête contre la crête de l'os des îles; l’autre en dedans suit le pli génito-
Arami : k
NE c—
crural en s'appliquant sur les branches descendante et horizontale du pubis. Les deux chefs, ramenés sur l’abdomen, se croisent au-dessus du ligament de Fallope évitant ainsi de comprimer les vaisseaux. A leurs extrémités est nouée une corde qui comprend dans son anse un des montants ou tout le panneau de la tête du lit. La serviette et la corde forment un 8 de chiffre dont l'anneau inférieur embrasse la racine de la cuisse, et le supérieur, la tête du lit. |
On peut encore faire la contre-extension de cette façon; ou a une alèze pliée en cravate, on applique le milieu sur l’abdomen au niveau de la symphyse du pubis; les chefs sont conduits dans les fosses iliaques externes et ramenés en passant dans les plis fessiers, sur les branches descendantes et horizontales du pubis. L’entre-croisement se fait sur l'abdomen un peu au-dessus de l’arcade de Fallope. Une corde, fixée aux extrémités des chef:, comprend dans son anse la tête du lit ou simplement un de ses montants. Cette disposition met à contribution les trois points d'appui des deux os iliaques; on a done six points d’appui au lieu de trois. les vaisseaux fémoraux ne sont pas comprimés et la contre-extension, se répartissant sur un plus grand nombre de régions, n'en est que mieux tolérée.
Avec deux attelles et une serviette passée sous la cuisse et s'étendant de la tubérosité ischiatique au creux poplité, on construit une gouttière. Les attelles sont placées aux côtés externe et interne du membre qui est protégé par deux coussins longs en balle d'avoine. Des épingles, implantées dans les parties roulées de la serviette, prévien-
nent tout glissement en les transformant en coulisse. Une autre attelle est placée sur la face antérieure de la cuisse pour empêcher que les lacs n’étranglent le membre et n'entravent la circulation en retour. Trois lacs modérément serrés et régulièrement espacés consolident l'appareil. Une bande dont les chefs sont fixés aux extrémités inférieures des attelles latérales sert à suspendre le membre et prend un point fixe sur le ciel du lit ou sur un piton vissé dans le plafond. Le lacs supérieur devra être cousu ou fixé avec des épingles à la coulisse de la serviette afin d'empêcher les attelles de basculer lorsque le membre est suspendu.
Le professeur Duplouy a légèrement modifié l'appareil Hennequin. Si mou que soit le coussin, le pied le déprimant peut trouver sur la chaise un point d'appui fixe et solide; le membre fracturé ne suit plus alors parfaitement le malade dans tous ses mouvements, les deux fragments peuvent jouer alors l’un contre l’autre et un certain chevauchement, et par suite raccourcissement, en est la conséquence. Il a alors supprimé la chaise et l'a remplacée par un bâton, lié solidement au pied du lit, en forme de vergue, à hauteur convenable et sur lequel vient se terminer un étrier en corde qui entre ses deux branches saisit le talon. Une poulie, fixée à cette vergue, sert de point de réflexion pour l'extension. Le malade ne peut prendre un point fixe sur l’étrier qui fuit devant lui jusqu’à un point inaccessible à cause de la contre-extension. Celle-ci se fait à l’aide d’une longue alèze, qui, posée sur le bas-ventre, contourne la racine des deux cuisses, remonte par le pli de l’aine et de chaque côté va se terminer à la tête du lit.