GROSSESSE PROLONGEE
Cette question a fait l’objet de controverses très nombreuses.
Certains accoucheurs, tels DEPAUL, TARNIER, PINARD, considèrent que la durée physiologique de la gestation normale ne saurait être dépassée.
D’autres, au contraire, admettent son existence; et SIMPSON a observé des accouchements en 319°, 324, 332°, 336° jours, après les règles. Ils l’expliquent diversement. BARNES admet que, lorsqu'une femme a de longs intervalles menstruels, ils se produit souvent une prolongation de la grossesse. Il fait remarquer qu’une parturiente réglée tous les 30 jours, peut bien porter un enfant plus longtemps qu’une autre réglée tous les 28 jours.
VIGNES, dans sa Physiologie Obstétricale, publie, à ce sujet, une statistique intéressante :
Pour des intervalles menstruels de plus de 30 jours, la durée moyenne de la grossesse a été de 288 jours. D’autres auteurs, indépendamment des variations physiologiques de durée, admettent l’existence d'un certain nombre de facteurs, susceptibles de faire varier la longueur de la gestation proprement dite.
— Dans certaines familles, il arrive que joue un facteur héréditaire.
— Les femelles âgées portent plus longtemps que les jeunes.
— Dans de très belles expériences, UKITO a montré que l’hypothyroïdisme détermine une prolongation de la grossesse.
— On a observé des retards de quelques jours, qu'on a imputés à une tête appuyant mal sur le segment inférieur.
— On a incriminé aussi les bassins trop larges.
Dans ce cas, l'excès d'espace empêcherait la tête de « forcer » sur le segment inférieur. |
En pratique, si l’on admet l'existence de la grossesse prolongée,
il est toujours difficile de dire, si dans un cas donné, on a réellement affaire à à elle.
Sans doute, basera-t-on son diagnostic sur la date des Lace règles, sur le volume du fœtus. En fait, ce sont là, ces moyens d’ap-
préciation très approximatifs.
| Aussi, certains auteurs, tels SELLHEIM, ont-ils cherché des critères scientifiques : il croit l’avoir trouvée, en caractérisant dans le sang la sécrétion placentaire, ou en cherchant les variations de la glycosurie phloridzique.
Par ailleurs, si l’on admet l’existence de la grossesse prolongée, si on pense pouvoir l’affirmer sur le vivant, quelle sera la thérapeutique ?
Certains se refusent à intervenir. D’autres, comme KOHLER, estiment que la grossesse prolongée n’est pas à elle seule, un motif de provoquer l'accouchement. Mais il faut surveiller le rapport fœtopelvien, et si le fœtus devient volumineux, il faut interrompre la gestation; ceci étant particulièrement indiqué chez les primipares à tissus rigides, et chez les multipares ayant eu des enfants morts in-utéro.
À notre avis, une notion doit être prise en considération : c’est que l'enfant trop mûr serait un anormal.
La prolongation du séjour in utéro constitue une vraie maladie: où elle est associée à des éléments morbides nocifs pour les enfants. Parmi eux, il y a beaucoup de morts imméritées, mort in-utéro, mort au cours d’un accouchement dystocique, ou d’un forceps bien simple; morts inexpliquées dans les premiers jours qui suivent la naissance.
Par ailleurs, il faut savoir, que la prolongation de séjour in-utéro, n'implique pas forcément l’idée d’un enfant volumineux. Et si nous nous rappelons les études anatomiques de John FRASER sur la senescence du placenta, on peut, à priori, admettre que l'enfant soit mal nourri, d’un poids très moyen et devienne fragile.
Tels sont les arguments principaux des interventionnistes : mais, on ne pratiquera l’opération césarienne que dans certaines conditions;
CONDITIONS MATERNELLES : Primapare âgée, — Multipare ayant eu une ou plusieurs grossesses prolongées avec enfants morts.
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—— Femme manifestant l'intention d’avoir un enfant vivant. — Existence d'une dystocie si minime soit-elle.
CONDITIONS FŒTALES : Enfant vivant, paraissant normal, on sait, en effet, la fréquence des monstres parmi les enfants retardataires).
OBs. 7. — Mme J..., II pare, 38 ans.
Antécédent : accouchement le 5° jour après le terme d’un enfant mort.
Le 22/8/34, on tente de déclancher le travail par des injections répétées d’hypophyse, sans autre résultat que l’expulsion d’un bouchon muqueux.
Le 22, au soir, le col étant Le comme 2 francs, on met en place un écarteur de T'arnier.
Quelques douleurs, le 23 au matin : la dilatation est à petite paume.
La tête par contre reste très élevée. Le bassin est G. KR., mais très peu.
Le 24, à 10 h., rupture artificielle des membranes. Injection d’un tiers de cm° d’hypophyse.
Les injections sont répétées à 12 h. et à 14 h.
Chaque fois, quelques contractions pendant une 1/2 heure.
À 18 h. 30 : la dilatation est toujours à petite paume.
La tête surplombe le D. S. en ©. I. G. A.
Grosse bosse sera-sanguine.
Devant la persistance de l’inertie utérine, et l’accélération des B. D. C., on décide de pratiquer une césarienne segmentaire.
Extraction d'un enfant vivant, pesant 3.450 gr.
16 jours après, la mère et l’enfant sortent en bon état.
O8s. 8. — Mme V..., III G., IT pare, 37 ans, D. R. 16-19 juin.
Césarienne basse, supra-symphysaire chez une femme non en travail à terme.
Elle a eu précédemment une grossesse prolongée. L'enfant pesait 4.500 gr., il est mort au début du travail.
pe
Extraction ‘d’un enfant vivant bien formé, pesant 3.250 gr. Le placenta est inséré sur le S. I. en arrière.
= Mère et enfant sortent de l'hôpital en bon état.
Os. 9. — Mme R..., IV pare, 32 ans, D. R. : 17 avril.
Antécédents : 2 enfants vivants, | enfant né à terme, mort au moment du travail.
Césarienne basse pour grossesse prolongée.
Opération le 12/2/34,.
Extraction facile d’un enfant pesant 4.870 gr.
Double circulaire autour du cou.
Mère et enfant sortent en bon état.