INDICATION DE LA CESARIENNE DANS LES CARDIOPATHIES
Intervention importante, la césarienne doit être réservée aux cardiopathies décompensées celles qui compromettent sérieusement l'avenir de la malade. Une lésion bien compensée relève uniquement du traitement médical. |
Existe-t-il des indications opératoires dans les premiers mois ? C'est à la voie haute qu’il faut recounir, si l’on veut éviter à la malade, une grossesse dont elle ne saurait faire les frais. La ligature des trompes impose, seule ici, l'intervention abdominale.
Dans les derniers mois, ou au moment du travail, les indications de la césarienne deviennent plus nombreuses. Certes, on peut hésiter à évacuer l'utérus, par crainte d’accidents à vacuo, si redoutables et si difficiles à traiter. Mais l’aggravation nette, soit progressive, soit brusque, de l’état de la femme, impose souvent l'évacuation de l'utérus; et ce, par les procédés les plus rapides. Or, ni l’accouchement prématuré, ni la césarienne vaginale, ne pourront se comparer à l’hystérotomie abdominale, à ce seul point de vue rapidité. II va sans dire, que la ligature des trompes viendra compléter l’intervention, si comme dans le cas précédent, on le juge nécessaire.
Quant à l’hystérectomie, proposée par certains, pour parer aux accidents des suites de couches, elle apparaît comme une intervention, beaucoup trop choquante, chez de pareilles malades, pour qu'on ne l’envisage qu'avec la plus extrême réserve.
Une difficulté d'importance surgit dans toutes ces questions d’intervention chez les cardiaques; celle de l’anesthésie. Le chloroforme, si dangereux à l'ordinaire pour de telles malades, provoque un minimum d'accidents chez les femmes même asystoliques. Encore, faut-il observer, la plus grande prudence, surveiller étroitement la malade et ne recourir qu’à des doses infirmes.
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Dans tous les cas, où l'anesthésie par bas semble devoir Ée fare courir quelque risque, mieux vaut recourir à la rachie, voire à = la locale. à - “HF eIt va sans dire, que due les suites opératoires, ces malades | doivent être soumises au traitement ordinaire des cardiaques. Ouabaïne, digitaline, huile camphrée, seront largement prodigués.
La pratique de la compression abdominale évite dans une certaine mesure les accidents à vacuo.
= Signalons encore, un cas particulier : celui de la césarienne sur une femme ayant succombé avant d’être accouchée.
Nous terminerons par une remarque d’une extrême importance : l’accoucheur doit pour poser ces indications s’assurer la collaboration d’un spécialiste compétent.
Les mêmes principes, les mêmes réserves, les mêmes méthodes thérapeutiques pourront s’appliquer à des femmes, atteintes de tuberculose pulmonaire, plus ou moins étendue.
CESARIENNE POST-MORTEM
La femme enceinte, durant sa grossesse, sat mourir rapidement ou même subitement.
Parmi les causes principales pouvant déterminer la mort, nous retiendrons :
— Les traumatismes,
— Les lésions cardio-vasculaires,
— Les hémorragies,
— Les accidents d'intoxication gravidique.
Plus accessoires et moins fréquents sont les torsions de kyste de l’ovaire et de fibrome pédiculé, les cholécystites suppurées, les occlusions intestinales, les goîtres suffocants.
Il est, par ailleurs, reconnu que la mort brusque, rapide ou agonique d’une femme enceinte n’entraîne pas la mort immédiate du fœtus. On doit donc s’assurer de la possibilité de sauver l’enfant.
Diverses conditions doivent être réalisées, avant de tenter une intervention quelconque :
1° On ne doit opérer que si la femme est réellement morte.
2° On n'interviendra que pour sauver un enfant susceptible d’être élevé, donc, jamais avant 6 mois.
Après six mois, en cas de mort subite ou rapide, on interviendra dans le délai maximum de 25 minutes après la mort.
En cas de mort agonique, on n’opérera qu'après auscultation minutieuse de l’enfant.
On ne devra le faire, qu'avec le consentement formel de la famille.
La césarienne abdominale sera, encore ici, l'opération de choix. Elle est la moins traumatisante pour le fœtus. Elle sera, d’ailleurs, pratiquée avec l’asepsie habituelle,
Dans certains cas, la mort se produit au moment de l’accouche-
les n mêmes principes, avec < les mêmes réserves. :
Nous ne ferons que citer ici, quelques cas exceptionnels pour lesquels l'intervention fut nécessaire. Il s’agissait alors de rétrécissement pelvien très accentué, de tumeur volumineuse, obstruant l’excavation, et empêchant l'extraction du fœtus, même après embryotomie.