CONCLUSION
Nous venons de passer en revue des indications multiples de l'opération césarienne. Toutes n’ont point la même valeur. Il faut bien songer, avant de pratiquer une section utérine que l’accouchement chirurgical doit être l’exception. « Nous devons avoir toujours présent à l'esprit, écrit WHITHRIDGE WILLIAMS, qu'il ne faut recourir à la césarienne, que lorsque la nature a échoué dans son effort, et c’est le devoir de l’accoucheur conservateur de limiter son intervention, à l'intérêt de ses patientes, et de ne pas être détourné par l'attrait d’une opération facile ». Sans doute, ce principe est encore vrai aujourd'hui. Nous n’y ferons qu’une addition : l'intérêt de l'enfant. C’est lui qui a conduit à étendre les indications de la césarienne. Îl n’en persiste pas moins deux dangers; l’un est primordial : l'infection; bien que ramenée, pratiquement à néant, par des techniques parfaitement réglées, elle n’en est pas moins négligeable, car elle met en jeu, la vie de la mère.
L'autre, plus accessoire : l’avenir obstétrical de la femme, est réduit, lui aussi au minimum. Là encore, les avantages de la césarienne basse ne sont plus à démontrer; elle reste, dans la presque totalité des cas, l’opération de choix. Deux grands avantages lui sont acquis : la possibilité d'opérer des cas impurs et de tenter l'épreuve du travail.
Au point de vue anatomie-pathologique, les accidents au niveau de la paroi sont des plus rares. Les adhérences, hormis, celles de la vessie, sont diminuées dans une proportion considérable.
La cicatrice utérine, au niveau du segment inférieur, est bien supérieure à celle du fond de l'utérus. Elle demeure excellente, et ce n'est, qu'exceptionnellement, qu’on l’a vu se désunir et être la cause d’une rupture utérine.
Au point de vue de la fertilisation, la césarienne ne semble en
ren diminuer la fécondité de la femme. Un seul facteur, d’ordre psychique, serait peut-être la cause d’une moins grande fertilité : volontairement, la femme, par crainte, d’une nouvelle intervention, écarterait la possibilité d’une nouvelle grossesse. Ce facteur tend à diminuer, du fait des meilleurs résultats opératoires.
Au cours de la grossesse, l’avortement ou l’accouchement prématuré, chez une femme, antérieurement hystérotomisée, sont rares.
La rupture utérine, relativement à craindre après une césarienne corporéale, est tout à fait exceptionnelle après une césarienne basse.
Possibilité et nécessité, à part certains cas exceptionnels, de toujourss pratiquer l'épreuve du travail. Indépendamment de toute autre considération, en sera certain de la maturité du fœtus.
Par ailleurs, les conditions opératoires, sur un utérus, déjà hystérotomisé, sont excellentes, de même, d’ailleurs, que leurs suites.
Vu : Vu :
Le Doyen, Le Président de Thèse :
G. Roussy. BRINDEAU.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, CHARLÉTY.