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OBSERVATION XIV (inédite).
Volumineuse adénite cervicale partiellement suppurée. Extirpation.
La nommée Juliette R..., âgée de 15 ans, culottière, entrée le 22 mai 1891, salle Denonvillers, n° 34, hôpital Saint-Louis. tp
Antécédents héréditaires. — Père mort à la suite d’un accident. Mère vivante et bien portante. Cinq frères bien portants; une sœur morte en bas-Âge. :
Antécédents personnels. — N'a pas fait de maladie sérieuse. Réglée à l’âge de 14 ans. Toujours bien réglée.
Etat actuel. — La malade raconte qu’elle à vu apparaître, il y a 7 ans, une glande au niveau de la partie latérale et supérieure du cou. Peu à peu et d’une manière indolente se sont développées d’autres tumeurs dans la même région. Aujourd’hui voici ce que l’on peut constater. Dans la région latérale sus-hyoïdienne, on constate la présence d'une tumeur de la grosseur d’un poing d’'adulte à surface irrégulière et bosselée. La peau ne présente aucune particu” larité à noter. Elle est normale, non adhérente aux parties profondes. La palpation permet de reconnaître que la tumeur est constituée par la réunion de quatre masses assez distinctes les unes des autres, les unes paraissant solides, les autres au contraire présentant une apparence de fluctuation. Si l'on cherche à imprimer des mouvements d'ensemble à la tumeur entière, on voit qu’elle présente un certain degré de mobilité sur les parties profondes. La tumeur est indépendante du maxillaire inférieur. Aucune altération de l'appareil dentaire. L'examen de la région similaire du côté gauche permet de sentir la présence de deux ou trois petites masses ganglionnaires de la grosseur d’une noisette. Pas d'adénopathie dans les autres régions. Pas de tuberculose pulmonaire.
La grosseur de la masse ganglionnaire ne permettant pas d’espérer la guérison par les injections seules, et la crainte de voir les adhérences augmenter rapidement, on propose l'extirpation immédiate qui est acceptée.
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23 mai. Incision longitudinale sur toute la longueur de la tumeur, en arrière de la branche montante du maxillaire inférieur. La tumeur apparaît bientôt. Elle est saisie à laide d'une pince de Museux et tirée en dehors par un aide. Dans l'effort de la traction, une partie de la tumeur cède et par l'ouverture il sort du pus venant d'un ganglion suppuré. Le reste de la masse est très ferme. On fait la dissection de la tumeur par le procédé habituel et après d’assez longs efforts on parvient à l'extraire. On procède ensuite à la séparation de la poche qui est adhérente dans la profondeur et nécessite une dissection très attentive. Aucun organe important n’est blessé.
On place un tube à drainage et on réunit aux crins de Florence, Pansement à l’iodoforme. é
Les jours suivants, il n'y a pas eu de fièvre.
30 mai. On enlève les crins de Florence. La réunion est com plète.
ÿ juin. La malade quitte le service et n’a pas été revue, 7
La masse présentait trois noyaux suppurés au centre avec tous les caractères des adénites tuberculeuses.….
Dans ce cas, la dissection a été pénible, mais non dangereuse. Si l’on eût attendu plus longtemps, où si l'on avait provoqué une inflammation péréphérique par des injections, l'opération :eût été impossible et la tumeur n’eût pas tardé à produire des fistules et des abcès.
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