‹ De L'Extirpation Précoce Dans Les Synovites TuberculeusesChapitre 10 sur 15 · TRAITEMENT CHIRURGICAL MODERNE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL MODERNE

De l’Extirpation.

Comme nous l'avons fait voir, il y a deux objections fondamentales à faire aux méthodes de traitement que nous avons étudiées plus haut:

1 La grande longueur du traitement ; c'est en eflet par plusieurs mois qu'il faut compter le temps nécessaire non pas à amener un résultat mais seulement à en constater l'efficacité.

2° Lorsqu'ils échouent, ces moyens ont permis de causer le plus souvent une aggravation profonde de la lésion.

Dans certains cas, c'est un abcès froid qui s'est substitué aux fongosités alors que celles-ci semblaient disparaitre ; dans d’autres, le traitement a amené une sclérose du tissu conjonctif péritendineux et c'est là son but, mais le résultat n'a été obtenu qu'imparfaitement, des fongosités persistent en certains points et la fonction des tendons est compromise sans qu'il y ait pour cela guérison.

C'est pour ces raisons, que selon nous, l'extirpation des synovites fongueuses ne doit pas être considérée comme une ressource ultime capable de sauver la si tuation lorsque les autres moyens thérapeutiques ont échoué; elle doit être envisagée comme la méthode de

choix applicable dès le début et capable de donner des résultats merveilleux tant au point de vue de la rapidité de la guérison que de la restauration fonctionnelle, C'est alors qu'elle comporte tous ses avantages : facilité extrème de la dissection des fongosités, réunion primitive régulière, pas de tissu fibreux et partout pas d’adhérence, retour intégral des fonctions au bout de quelques semaines. Mais si on intervient à une période avancée de l'aflection, l'intervention opératoire perd ses avantages de simplicité; elle devient plus laborieuse, plus minutieuse et la certitude est moins grande d'une ablation totale de tout le tissu tuberculeux.

Dans les conditions d'intervention s'adressant à des synovites fongueuses récentes, l'opération que nous allons décrire s'exécutera sans aucune difficulté: nous prendrons pour exemple une de ces synovites fongueuses de la face dorsale du poignet qui sont les plus fréquentes.

Le membre est hémostasé à l’aide de la bande d'Esmarch dont le garrot est appliqué sur le bras.

Une injection de cocaïne au 1/10° est pratiquée au niveau de la tumeur sous la peau et tout autour des fongosités ; on aura recours de préférence aux solutions diluées suivant le procédé auquel les Allemands ont donné le nom de méthode de Schleich.

Dans ces conditions, grâce à la bande d'Esmarch, l'anesthésie peut persister un temps indéfini.

La peau et le tissu cellulaire sont incisés dans toute la longueur de la masse fongueuse, en général pa-

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rallèlement aux tendons en évitant autantque possible les veines et les filets nerveux principaux. On voit alors par transparence à travers les dernières lames celluleuses qui les recouvrent, les fongosités avec leur aspect translucide presque gélatiniforme parfois le ligament annulaire ou ses débris les brident et leur donnent une forme plus où moins lobée. En exerçant sur elles des pressions on voit qu'elles se meuvent au milieux du tissu celluleux qui les entoure comme si elles-mêmes étaient-entourées d'une synovicale, en effet, ce tissu incisé, en les soulevant avec une pince on arrive souvent à les séparer sans grande peine et à les isoler. Autour du tendon, leur adhérence est beaucoup plus ferme, il faut les détacher peu à peu à l'aide de fins ciseaux, parfois gratter celui-ci avec le tranchant du bistouri ou le frotter avec une compresse rude. Il est des cas où le tissu fongueux pénètre entre les faisceaux tendineux en les. dissociant, et c'est un véritable petit curettage qu'il faut faire dans ces interstices avec la pointe du bistouri. Un aide écarte les tendons disséqués, et tous sont ainsi complètement dénudés. Aucun caustique n'est utile pour achever la destruction des fongosités, cependant il parait avantageux de déposer dans le foyer r ou 2 gram. d'iodoforme finement pulvérisé et de l'étendre avec un petit. tampon sur toute la surface mise à nue,

Si l'on a eu à couper le ligament annulaire, on le reconstitue à l'aide de quelques points de suture au fin catgut et à moins que l'on ait des doutes sur Ja

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