‹ De L'Extirpation Précoce Dans Les Synovites TuberculeusesChapitre 14 sur 15 · MN EE · texte numérisé non relu

MN EE

la partie inférieure de l'avant-bras. Un masseur essaya en vain de les écraser il y a huit mois. Actuellement la tumeur bilobée masque l'apophyse styloïde du radius et le bord externe de l'os ; allongée, elle commence au niveau de l'interligne trapézométäcarpien et suit le trajet des tendons extenseur et abducteur du pouce. D'un lobe à l’autre ou se renvoie la fluctuation accompagnée d’un bruit de chaînons. En bas de la tumeur existe un module du volume d'une lentille.

Opération. — Bande d'Esmarch, cocaïne au dixième, incision des téguments et mise à nu du nerf radial et d'une veine qui traversent la plaie en écharpe. Ils sont ménagés avec soin. L'aspect bilobé de la tumeur est dû à un faisceau du ligament annulaire, on le sectionne. La tumeur translucide, facile à disséquer laisse émerger par sa partie inférieure les tendons abducteur et extenseur du pouce; par sa partie supérieure, les extrémités musculaires de ceux-ci. Elle confine en dedans avec les tendons des radiaux. On incise la tumeur-et aussitôt apparais: sent de nombreux grains riziformes mêlés à un liquide séreux. La paroi kystique est tomenteuse à sa face interne, épaissie de 2 ou 3 mil., mais on ne voit pas les tendons que l’on est obligé de disséquer dans l’épaisseur de la paroi profonde pour les découvrir. Ils sont intacts sauf le plus interne qui, à sa jonction musculaire, est comme disséqué dans la paroi. La petite. nodosité n’est qu'un épaississement de la synoviale, La plaie opératoire est soigneusement nettoyée et refermée; à sa partie inférieure est placé un petit drain. Le pansement est fait minutieusement, dans lequel on ajoute une attelle, La réunion est immédiate, il existe peu de raideur. La malade, revue un mois après l'opération, ne présente plus aucun trouble fonc-

“tionnel,

BAT me

IX° Obs. (personnelle). — Synovile fongueuse des tendons exlenseur el fléchisseur des doigts compliquée d’arthrile fongueuse du carpe :

M.., 32 ans, maçon, Son poignet a commencé à grossir il y a deux ans et a augmenté de volume petit à petit surtout depuis trois semaines; il ne peut s’en servir. Actuellement on constate une augmentation de volume de tout le poignet, surtout aux faces antérieure et postérieure, la face antérieure l'est davantage. Son gonflement s'étend dans la paume de la main du côté cubital, près du petit doigt. La tuméfaction douloureuse à la pression est de consistance fongueuse. Des pressions alternatives au poignet et dans la main, produisent un bruit de chaînons très net. Les mouvements imprimés au carpe sont très douloureux et ceux des doigts sont à peu près conservés. On diagnostique arthrite fongueuse du poignet, synovite fongueuse des extenseurs, synovite à grains riziformes des fléchisseurs du poignet et de la main. Aucun antécédent, mais le malade a eu une bronchite il y a quatre ans et tousse toujours. A l’ausculta” tion on constate des lésions manifestes du sommet droit caractérisées par un souffle tubaire et des râles sous-crépitants. Comme les altérations des os ne paraissent pas considérables, bien que celles des parties molles le soient extrêmement, on tente une résection du poignet, accompagnée de l’extirpation de toutes les fongosités synoviales. Anesthésie au chloroforme : hémostase à la bande d'Esmarch.

Opéralion. — 1°" temps, incision dorsale et dissection méthodique de tous les tendons extenseurs baignés par les fongosités. 2° temps, ouverture du carpe, extirpation de tous les os, résection des surfaces articulaires des os de l’avant bras, exci- Sion et grattage de toutes les fongosités doublant la synoviale

MS mes

articulaire ; la base des métacarpiens ne parait pas envahie, 3e temps, longue incision sur l’avant-bras, le poignet et la paume de la main, le nerf médian apparait presque sous-cutané repoussé en avant par les fongosités, il est disséqué et écarté, section du ligament annulaire et dissection de tous les tendons jusqu'à l’arcade palmaire où s'arrêtent les fongosités, La dissection minutieuse est faite entre les deux plans tendineux et jusqu’au voisinage des os du métacarpe et de la capsule articulaire du poignet. De nombreux grains riziformes s'échappent de la loge intertendineuse. Toutes les surfaces sont écouvillonnées avec une compresse imbibée de chlorure de zinc au 10° et saupoudrées à l’iodoforme. Un drain passe de part en part dans le poignet en traversant la capsule. Aucune hémostase n’est nécessaire après l’ablation de la bande d'Esmarch. Le carpe se rapproche bien de l’avant-bras. Un plâtre est appliqué sur le volumineux pansement. Guérison sans la moindre réaction. Le premier pansement a été fait le 15° jour et le drain enlevé. Le malade est sorti au bout d'un mois en très bon état, toutefois les mouvements des doigts étaient peu énergiques. Le malade a été revu un an après, le poignet est resté complètement guéri, mais les mouvements des doigts sont restés très limités et l'articulation trop lâche. La tuberculose pulmonaire

a fait des progrès évidents.

Page 1