‹ De L'Extirpation Précoce Dans Les Synovites TuberculeusesChapitre 7 sur 15 · TRAITEMENT MÉDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MÉDICAL

Il serait inutile de rappeler les moyens empiriques auxquels, dans les campagnes, on recourait encore au Siècle dernier ; les moyens les plus ridicules furent employés par ignorance ou par superstition pour faire Jondre comme on disait, la tumeur; il va sans dire que le résultat n'était jamais obtenu dans les vrais cas de synovite fongueuse. Dans l'Encyclopédie mélhodique au mot « Ganglion » on recommandede frictionner fortement avec le pouce plusieurs fois par jour la (umeurretc.

On a quelquefois employé avec succès, dit Cloquet, Dictionnaire de médecine mot « ganglion » les applications résolutives, telles que les dissolutions d’acctate de plomb, de sulfate de zinc, des décoctions de tan de noix de galle, etc. En Angleterre on employait l'huile d'origan. S. Cooper assure avoir vu souvent des ganglions même fort gros, diminuer de volume par l'emploi de ce médicament; mais il avoue que presque toujours la tumeur reprend son volume dès qu'on cesse l'application.

On eut également recours aux manuluves alcalins, aux frictions aromatiques, aux pommades fondantes, mercurielles et autres en applications et en frictions, à Templâtre de Vigo; à l'application de chlorhydrate de

morphine en solution concentrée à 15 o/o que l'on employait en comrpesse ou en poudre que l'on repandait sur la tumeur. Laennec employait le chlorure de sodium à la dose élevée de 100 grammes par jour en traitement interne et en applications locales ou bains comme traitement externe; Bégin recommandait les résolutifs, les astringents, mais il n'appliquait ces topiques qu'après avoir prescrits le repos complet où la saignée locale, s'il existait la moindre complication, douleur, chaleur, ou engourdissement. L'alcooi pur a été employé pour la première fois par le D' Houzelot de Meaux, Michon, fhèse de professorat, 1851, cite une observation d'un terrassier belge guéri par ce traitement. Nélaton, Gazette des Hôpitaux 1851-52, a employé l'alcool pur associé à la compression. Legouest, Thèse d'agrégation 1857 emploie aussi ces deux procédés et pense que c'est à la compression, qu'il faut attribuer les quelques succès que l’on obtient. Il dit : comme l'emploi de ces moyens est sans danger on peut céder au désir des malades.

Les révulsifs laissent des traces et causent de la douleur sans être.plus efficace, on s'est servi aussi de la pommade ammoniacale, de l'emplâtre stibié et surtout des vésicatoires renouvelés tous les 8 jours. Legouest emprunte trois guérisons à Larrey, succès douteux car les malades n'ont pas été suivis. On a pratiqué des frictions avec la pommade iodo-iodurée ; la teinture diode en application (Observ. de Polaillon) et par la méthode endermique, Bonnet de Lyon en publie quelques succès Bulletin de thérapeutique 1852.

Broca le croit et à l'appui de son opinion cite deux cas de guérison durable des kytes péritendineux. Velpeau associait les pommades fondantes, les révulsifs les topiques salins l'alcool et dit avoir guéri 4 malades de tumeürs en bissac et crépitantes de la région palmaire, La thèse de Fayolle cite une observation où le malade est traité par la compression et des applications sur les tumeurs d'amadou imbibé de chlorydrate d’ammoniaque, sort guéri du service de M. Tillaux et rentre dans ce service 1: mois 1/2 après avec des tumeurs aussi grosses qu'a sa première entrée.

La Compression.

La compression a été très souvent employée seule ou combinée à d’autres moyens depuis les temps Îles plus reculés; on lappliquait en permanence où par intervalles. |

La compression permanente fut la plus geénéralement employée, bien qu'elle n'ait probablement jamais gœuérie de vraies synovites fongueuses.

Lorsqu'elle est méthodique, continue et bien surveillée, elle a certainement des avantages et l'on a souvent attribué des vertus à des agents thérapeutiques qui n’agissaient en réalité que par la compression employée simultanément.

La compression se fait avec de l'ouate que lon applique sur la région malade et que l'on serre à l'aide de bandes modérément serrées au début et en serrant de plus en plus petit à petit ; pour la rendre plus ac-

Lo

tive on interpose quelquefois une pelote ou une compresse graduée entre la tumeur et la bande.

Élle exige une surveillance active pour éviter les accidents qu'elle a bien des fois déterminés ; elle amène presque toujours une diminution de volume mais passagère car la tumeur comprimée reprend bientôt sa forme naturelle dès que cesse la constrition.

La compression même observée n'est pas toujours facilement supportée des malades et il n'est pas rare de voir au 2° ou 3° jour, des patients ne pas pouvoir la tolérer.

« D'une manière générale son effet immédiat est de gêner le jeu des organes, de diminuer la vitalité des tissus et si la compression est suffisamment forte et soutenue, surtout si elle est énergique et violente, ces lésions suivent une marche fatalement régulière depuis l'arrêt de la circulation jusqu'à la mortification des parties sur lesquelles elle s'exerce. Elle a quelquefois pour dernier terme la gangrène » (Dirt. Dechambre).

Elle détermine quelquetois de l'œdème ou comme dans un cas que rapporte Faucon, Gaz. des H6p., n° 13, 1875 des spasmes hystériformes chez une femme nerveuse. Fayolle,=thèse. 674," 6bs.=XT°citerqu'elle amène du gonflement de la main et des douleurs tellement vives que le malade ne peut la supporter. Sam. Cooper l'accuse de causer l'inflammation et la dégénérescence de la tumeur irritée en tumeur fongueuse de mauvaise nature. Dicl. de chirurg.

Elle peut provoquer la migration d'une partie de l'épanchement dans un point distinct du siège. Fayolle

more

(loc. cil.) p. 32 rapporte une observation de Dupuytren (leçons orales), où la tumeur passa par suite de la compression brusque exercée sur la face palmaire de l’'annulaire dans la paume de la main.

Mais on lui rattache aussi des succès et la thèse de Guillaud 1875, rapporte que Broca a par devers lui deux cas de guérison de kyste tendineux du jarret.

Dans les kystes à parois peu épaisses et sans résis- . tance elle peut agir par écrasement et produire la rupture du kyste, mais il est rare dans ces cas qu'ilne récidive pas.

Dans la compression par intervalles, on recommandait au malade de comprimer tous les jours leur tumeur avec les pouces ou avec des morceaux de lame de plomb que l'on maintenait un certain temps sur la tumeur.

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