OBSERVATION IX
J..., Albert, 246° d'infanterie. Blessé le 17 septembre
Diagnostic. — Plaie pénétrante du crâne. Orifice d'entrée à un travers de doigt au-dessus de l'apophyse orbitaire externe. Le blessé se plaint de céphalée, mais répond bien quand on lui parle; pas de torpeur, pas de paralysie, pas de troubles de la sensibilité.
18 septembre : Radioscopie. — Projectile (éclat d'obus), dans le lobe temporal, à 8 centimètres de profondeur au dessous du point de pénétration.
Intervention (D' Moulonguet). — Excision de l'orifice
its
d’entrée et du muscle temporal. Orifice osseux, large comme une lentille, siégeant à un travers de doigt au-dessus de la base de la fosse temporale. A la gouge et à la pince-gouge, on agrandit l’orifice d'entrée jusqu'à lui donner les dimensions d’une pièces de 2 francs. Emission assez abondante de matière cérébrale. Agrandissement d’un petit orifice duremérien. Ligature d’une assez grosse artère dure-mérienne.
La tête du malade étant placée de façon que le plan de l’orifice de trépanation soit absolument horizontal, on donne les rayons X, et sous l'écran on place très exactement la tête, de façon que l'ombre du projectile se projette au centre de la zone claire de l’orifice de trépanation. On arrête le rayonnement X. En lumière violette la pince couaée spéciale est enfoncée suivant une direction rigoureusement verticale, doucement et progressivement jusqu'à la profondeur de 8 centimètres, Le projectile n'est pas senti. On éteint les lampes violettes, et sous écran on cueille très facilement le projectile.
Suites : le blessé se remonte rapidement, Lever au bout de troïs semaines. Lettre du 9 février 1918 : santé excellente,