RÉSULTATS ANATOMIQUES
Il existe, à côté des résultats fonctionnels de l'opération de Smith, des résultats anatomiques très spéciaux qui peuvent permettre à un œæ1l exercé de diagnostiquer, après l'intervention, sans tenir compte de l’absence de fragments capsulaires, par quelle méthode le cristallin a été enlevé. L'examen ophtalmoscopique, pratiqué environ douze jours après l'opération, révèle en effet des détails anatomiques particuliers. Ceux-ci ont été soigneusement étudiés et notés pour la première fois par le docteur Moreau (Clinique ophtalm., 1911) : « A l’ophtalmoscope à réfraction, nous avons pu constater, outre la mobilité du bloc vitréen, dans presque tous les cas, des corps flottants plus ou moins abondants, se déplaçant, pourrait-on dire, eux-mêmes. Ils bougeaient sur place comme inelus dans la gelée vitréenne ; ils ne parcouraient pas le vitré.
« Dans trois cas, nous avons nettement aperçu sur la face antérieure du vitré un disque fait de pointillés grisâtres, ayant les dimensions d’une pupille en mydriase. Il s'agit de la zone d'adossement assez intime de la capsule cristallinienne avec la hyaloïde. Ces trois cas n’avaient pas présenté d’issue de vitré.
« Chez plusieurs malades, sous certaines incidences d'éclairage, nous avons pu constater la présence, sur la face vitréenne, de plicatures légères, plutôt des rides assez bril-
lantes, à dispositions verticales. Nous pensons que (par analogie avec la kératite striée) le passage forcé du cristallin à pu produire ces irrégularités de surface.
« En utilisant l’ophtalinoscope à réfraction, l'iris nous a offert quelques altérations extrêmement fréquentes. En projetant le rayon lumineux sur l'iris, on aperçoit dans la zone de pénombre quelques taches rose clair plus ou moins nombreuses. Elles sont dues au manque de pigment sur la face postérieure de l'iris. Le cristallin, dans son expulsion, a essuyé cette paroi, emportant par places le pigment, détachant quelques « plâtras ». Il a raboté l'iris comme le vitré. Ces éraillures de la doublure irienne doivent être recherchées minutieusement ; c’est dans la pénombre qu'elles se manifestent, aussi doit-on projeter le rayon lumineux de l’ophtalmoscope sur les bords pupillaire ou périphérique de l'iris.
« La face antérieure irienne est, elle, parfaitement intacte. La vision n’est en rien altérée par ces lésions traumatiques. Nous avons recherché en vain ces mêmes altérations chez les sujets opérés par la méthode classique. »
AA Te Me