CHAPITRE I
De l’Anesthésie générale en obstétrique ; en partieulier .
par le chloroforme et le kélène
Soulager les douleurs de l’accouchément a été
depuis longtemps l'ambition des accoucheurs.
. Tour à tour, des études ont été faites sur les substances les plus variées employées soit en injection sous-cutanée : morphine, scopolamine, hémypnal, somnifène, soit par la voie intrarachidienne, scurocaïne, soit en inhalation dans le but d'obtenir la narcose, tel est le cas du chloroforme, de l’éther, du chlorure d’éthyle, du protoxyde d'azote.
Cette anesthésie a été appliquée à des périodes variables du travail. Tantôt uniquement réservée à la période d'expulsion, tantôt appliquée dès la dilatation à une phase plus ou moins tardive de celle-ci.
Toutefois, il est à remarquer que dans l'accou-
ne
chement évoluant par les seules forces de la nature, ne il est impossible de compter sur l’anesthésie absolue. |
Quelle sera d’ailleurs la forme de l'anesthésie obstétricale ? Ce sera, sauf le cas d'interventions dans lesquelles nous n'avons pas à entrer, moins une anesthésie qu'une analgésie, C’est en effet la diminution ou la suppression de la douleur qui a surtout pour but l’anesthésie pendant l'accouchement, beaucoup plus que la narcose vraie qui est caractérisée par la perte de la conscience le relâchement musculaire absolu, et la perte de certains réflexes tels que le réflexe lumineux pupillaire.
Il est vrai d’ailleurs qu'un tel équilibre est difficile à conserver.
De plus, tout anesthésique doit répondre à certaines conditions
Il doit conserver à la contraction toute son intensité pour assurer un travail normal.
Il ne doit pas altérer sensiblement la rétractilité.
Il ne doit pas, enfin, mettre en danger la vie de la femme et de l'enfant.
De tous ces anesthésiques, le premier en date qui a été employé est le chloroforme.
Le’ chloroforme anestésique
Depuis que Soubeiran en démontra en 183r les propriétés anesthésiques, le chloroforme avait sur-: tout été employé en chirurgie.
. Ge fut Simpson qui, en 184 49, l’appliqua à l’analgésie obstétricale.
Cette anesthésie d’ailleurs fut décriée ot aienie niée par Pajot, qui l'appelait « ce simulacre d’anes- thésie », et par Depaul, cependant que Murphy Righy Clarke, Pinard dans sa thèse d’agrégation,
Eucas-C hampionnière, Auvrard en préconisaient l'emploi.
ADMINISTRATION DU CHLOROFORME : On peut donner cet anesthésique de diverses manières : Ares |
Tantôt il est donné à dose telle qu'on reste près de l’anesthésie. : |
Ou bien il en est donné à respirer quelques gouttes seulement au début de chaque contraction, c'est le chloroforme à la reine.
ACTION DU CHLOROFORME : Il agit sur la doueur qu'il supprime ou qu'il diminue fortement.
À petite dose, il a peu d'action sur les contractions utérines. À dose plus forte, il régularise les contractions, mais aussi il les diminue dans leur force et les espace.
Il diminue aussi la rétractilité (Pinard) et prédispose aux hémorragies, quand on l’emploie à des doses voisines des doses anesthésiques.
Son action sur la parturiente est nulle. On sait la remarquable tolérance de la femme. enceinte pour le chloroforme. Ses syncopes chloroformiques sont
exceptionnelles, de même que les vomissements
post-anesthésiques (Bar).
‘Ce n’est qu'à une dose narcotiqué qu'on pourrait
lui reprocher son action nocive sur le foie. ; Quant à l'enfant, si l’anesthésie a été modérée, il
ne souffre pas de la chloroformisation. je Tout au plus ne crie-t-il pas au MOUA de la
naissance, bien qu'il soit rosé et qu'il respire nor-
malement.
En résumé, donné de façon dissociée à la reine, le. chloroforme a peu d’action nocive, il n’agit pas sur la contractilité et diminue peu la rétractilité, mais le grand inconvénient c est qu'il est impossi-
ble de maintenir longtemps une anesthésie à la
reine sans dépasser ce stade d'analgésie et sans aborder les doses narcotiques.
D'autre part, donné à cette dose, le chloroforme ne peut être administré longtemps.
Il risque d'être toxique pour le foie. et pour Je rein, d'entraîner des hémorragies et des naissances d'enfants étonnés. De plus, il ne peut être d'un emploi courant en obstétrique, car il demande à n'être confié qu'à des mains expérimentées.
A côté du chioroforme, on a employé d’autres -anesthésiques qui ont été utilisés en inhalation pour produire l’analgésie : Ether, Protoxyde d'azote, chlorure d'éthyle. Nous nous occuperons
uniquement de ce dernier.
Le
laire.
Le chlorure d'’éthyle anesthésique = | \ : 4
C'est en 1832 que Mérat et Lens décrivaient les propriétés anesthésiques du chlorure d’éthyle. C’est el 1902 que Lepage introduisit son emploi en obstétrique. Depuis lors, bien que son usage se soit peu généralisé, Le Lorier, Audebert, Moret, Lop, Rapin l'utilisèrent au cours de l’accouchement.
Ce dernier, au Congrès d’obstétrique de Genève 1923, en indique le mode d'administration. |