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sujet, car elles permettraient de faire la part exacte de chacun des facteurs qui entrent dans la cure d'allitude.

CELA PITR EAN.

Applications médico-chirurgicales de l'héliothérapie

L'application du bain de soleil au traitement des maladies n’est pas encore bien entrée dans la pratique journalière, et, même à notre époque, il répugne aux médecins d'utiliser ce procédé de traitement, qui est pourtant à notre gratuite disposition. C'est ce qui faisait dire à un médecin que les gens de l'Europe civilisé étaient atteints de photophobie; qu'ils étaient ennemis de la lumiere ; el qu'en se préservant du soleil avec des ombrelles, ils se privaient d'un des plus puissants stimulants de la fonction cutanée et des autres fonctions animales.

Pourtant, sous l'impulsion de Rüikli, Kneipp, Lahmaun, Kellog et Finsen, on peut constater que divers essais ont été faits pour uliliser Ia lumière solaire dans le traitement des maladies. Malheureuse-

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ment, ces essais ne sont pas encore bien nombreux, el il faudra encore un certain {emps pour que l'héliothérapie entre dans la pratique journalière, malgré les bons résultats qu'on a obtenus et qu'on en peut attendre.

Maladies par ralentissement de la nutrition. — C'est sur cette catégorie de maladies que semble se manifester au plus haut degré l'action bienfaisante du soleil.

Rlkumatisine articulaire aigu. — Déjà en 1826, le docteur Gosse, de Genève, dans son traité «des Maladies rheumaloides écrivait : « La chaleur est l'âme de tout traitement. » En 1844, Chautard. pressentant la valeur de la chaleur radiante lumineuse, recommandait linsolation dans le rhumatisme. D'autres auteurs étudiaient Paction des bains de sable échauffé par les ravons solaires dans le traitement du rhumatisme. Ce procédé, qu'on désigne sous le nom d'arénation, est d’ailleurs employé dans certaines régions comine remède empirique, surtout sur les bords du golfe de Gascogne.

D'ailleurs récemment, Emmet, de Philadelphie, et Snegireff, de Moscou, ont préconisé le bain de soleil dans le rhumatisme articulaire aigu, etils en ont retiré de bons résultats.

Kellog nous dit avoir prescrit plus de vingt mille bains de soleil, dans différentes maladies, en partliculier dans le rhumatisme, et il à enregistré un grand nombre de succes.

Autres maladies. — Kellog à retiré aussi grand profit des bains de lumière dans le traitement de la

leucocylémie, du diabète, du mal de Bright, et dans toutes les maladies que Bouchard fait dépendre d’un ralentissement de la nutrition.

On sait d’ailleurs que, déjà au siècle dernier, certains médecins employaient le bain du soleil dans leur pratique. Villet, en 1800, rapportait avoir guéri plusieurs cas d'ascite en exposant les malades au soleil pendant plusieurs jours de suite, et pendant plusieurs heures chaque jour.

Pour le traitement de l'anémie, Finsen préconise les bains de soleil. Les malades entièrement nus doivent ètre exposés à l'action des rayons solaires, pendant plusieurs heures de la journée.

Dieulafoy, dans son traité de pathologie interne, recommande aux chloroliques « de rechercher l'air, là lumiere el le soleil ».

L'héliothérapie semble ne jamais avoir été essayée de nos jours pour le traitement de la goutte. Mais on a remarqué que certains ouvriers alleints de goutte, avaient vu leurs douleurs disparaitre au bout de deux jours de travail dans des usines où on faisait de l4 soudure électrique, c'est-à-dire dans des usines où ils étaient exposés à une lumière artificielle très intense.

La scrofule est souvent due à un manque de lumière solaire.

Uffelmann à observéaRostock,quesur quarante-huit enfants âgés de un à quatorze ans, douze étaient scrofuleux, el habitaient dans des chambres obscures, donnant sur des cours intérieures.

On peut en dire autant du rachitisme, des arrêts de croissance, de la sénilité précoce, du développement

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incomplet des facultés psychiques ainsi que l'a montré Winslow.

Hhnbert de la Touche à méme expérimenté avec succes la lumiere dans le traitement de l'albuminurie.

Il n'est pas inutile de mentionner en même temps l'action stimulante exercée par le soleil sur les centres nerveux, et l’utilisation de la Jumiere comme traitement de certaines affections nerveuses, Fhypocondrie par exemple. Foveau de Courmelles à d'ailleurs montré récemment que la lumiere avait une action favorable sur les troubles nerveux des ataxiques.

Maladies chroniques. — La lumiere à une action tres sensible sur toutes les maladies chroniques. Les personnes piluilaires, cachectiques doivent habiter les lieux traversés directement par les rayons du soleil. D'ailleurs on à observé des effets analogues de l'influence de la lune sur les maladies chroniques, el son aclion est tellement marquée sur le périodisme de quelques-unes, que Hippotrate et Galien Font regardée comme cause de ces relours réguliers qu'on observe dans certaines maladies nerveuses. De la lexpression de lunatiques donnée aux personnes atleintes de ces maladies.

Cette influence du soleil est d’ailleurs notée par tous les auteurs. Comme le dit Ffuguenin, dans un article du Concours Médical: <« Püien rest efficace comme le bain de lézard, quotidiennement répété, pour les convalescents, les infectés, les anémiés elles cachectiques. Rien ne vaut le bain de soleil pour les ulceres aloniques. »

Paludisme. — Schelling, H. Weber, et d'anciens

auteurs italiens, qui ont écrit sur les causes de la malaria, ont trouvé quele séjour dans des habitations obscures devait entrer en ligne de compte dans létiologie de cette maladie. I est d’ailleurs une notion, qu'on ne met pas assez en relief dans la littérature médicale, mais qui est bien connue des personnes habitant les régions malariennes, c’est qu'une bonne alimentation et une hygiène sévère préservent quel- . quefois de ce terrible fléau. C’est pour cela que dans les pays palustres, les riches sont moins souvent atteints que les pauvres. La suractivité de nutrition causée par les rayons solaires, doit donc entrer en ligne de compte dans la prophylaxie de la malaria. Du reste les récentes recherches entreprises dansle Latium au point de vue du paludisme, ont montré que le soleil à une action marquée sur létiologie du paludisme.

On sait, en effet, qu'il est absolument recommandé aux habitants des régions palustres de ne pas sortir avant le lever du soleil, et de rentrer dans leurs habitations aussitôt que le soleil disparait.

Tuberculose pulmonaire. — On comprend facilement que l'échange d'oxygène et dacide carbonique se faisant d’une facon plus intense, sous l’action du soleil, la tâche des poumons au point de vue de l'hémalose soit diminuée d'autant.

Le docteur Ferrero de Cavallerleone communique à la Revue Internationale d'Hygiène el d'Opothérapie, qu'il à expérimenté les bains de soleil avec de grands avantages, dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Sur cinq tuberculeux soumis à cette

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thérapeutique, trois virent la fièvre diminuer et disparaître ensuite complètement, alors que cette fièvre avait augmenté dans les premiers jours du traitement. L'expectoration diminua. La nutrition se faisait bien mieux qu'auparavant, et le poids du corps augmenta. Les deux autres malades ne purent être suivis, parce qu'ils quittèrent l'hôpital.

Maladies de la peau. — Cest surtout dans cette branche de la médecine qu'ont été utilisés les effets thérapeutiques de la lumière, et l’on sait que l’un des promoteurs de la cure par la lumière, Finsen, à commencé par appliquer ce traitement au lupus.

Finsen a eu d’ailleurs des prédécesseurs dans cette voie. Thayer à soumis des lupiques à Paction de la lumière solaire, concentrée par unelentille. D’autres auteurs, Otterbein en particulier, racontent comment on traitait empiriquement certains cas de lupus, au moyen du «verre ardent. »

Pour le traitement du lupus, voici quelle est la facon de procéder de Finsen :

« Pendant un laps de temps variant de quelques jours à plusieurs semaines, une même région mesurant de 1 à3 centimètres carrés est exposée quotidiennement durant au moins deux heures à l’action des rayons lumineux. Puis on traile de la même facon un autré segment cutané de même étendue, et lon continue ainsi jusqu'à ce que toute la partie atteinte ait subi l’action des rayons chimiques concentrés. »

«< Lorsqu'un placard lupique à subi pendant un temps suffisamment long l’action des rayons chimiques concentrés, ses bords, autrefois surélevés

s'aplanissent, la rougeur diminue progressivement, la peau reprend sa coloration normale et les ulcéralions, quand il en existe, se cicatrisent. Les cicatrices ont un excellent aspect. »

Les résultats de ce traitement sont excellents.

Les bons effets peuvent en être jugés d'après des photographies publiées par Finsen, et montrant les malades avant el après le traitement.

Finsen a traité par ce procédé près de 350 malades atteints de lupus vulgaris. À l'exception de cinq cas, où les lésions étaient trop avancées et avaient une marche très rapide, les résultats ont toujours été très satisfaisants. Beaucoup de ces cas élaient très avancés, et la guérison fut menée à bien dans presque tous.

Lupus érythémateuxr. — Ici, l'effet du traitement, pour: n'être pas tout aussi certain, estcependant satisfaisant. On obtient souvent. une guérison définitive avec complete cicatrisation.

Pelade. Jersild, dans les Annales de Dermatologie, publie le résultat des traitements d’un certain nombre de cas de pelades par l'agent lumineux. La lumière électrique a été seule employée, et on aconstaté que les cheveux repoussaient sur le pourtour des plaques. Et l'auteur ajoute que, il est probable qu’en employant le soleil, comme foyer lumineux, les résul-

als seraient aussi marques, sinon supérieurs.

Les mêmes résultats ont été obtenus dans le traitement des diverses formes d’'acné.

Variole. — Pour la variole, Finsen à proposé de soustraire les varioleux à l’action des rayons chimiques de la lumiere solaire, en garnissant les fenêtres de

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vitres de verre rouge, ou bien encore de rideaux très épais. Cela avait pour but de ne laisser pénétrer dans la chambre du malade que les rayons rouges et infrarouges, &est-dire les rayons qui n’ont aucune action nocive sur la surface cutanée.

Dans ce système, Finsen à été imité par d'autres médecins danois et suédois, et, en France, par Juhel- Ainoy et (ŒEttinger. Et il semble bien qu’on ait à enregistrer des résultats favorables. On à constaté que, par ce traitement, les manifestations cutanées sont plus bénignes ; les vésico-pustules n'arrivent pas jusqu’au stade de suppuration, ou du moins se dessèchent plus vite et ne donnent pas de cicatrices.

Rougeole. — Chalinière, dans un article de la Presse Médicale, dit que l'application du traitement des affections cutanées par la lumiere lui a suggéré l'idée d'appliquer le même traitement à la rougeole. Pour cela, « il à fait obturer, dans la chambre des malades, au moyen de rideaux d’andrinople rouge, toutes les ouvertures susceptibles de laisser entrer . quelque rayon lumineux ». Douze malades, qu'il à traités par ce moyen, et dont il rapporte les observations, ont parfaitement guéri sans le moindre incident. L'évolution, dit l'auteur, à été en quelque sorte abortive. Cette action de la lumiere rouge à eu une influence favorable sur les symptômes de la rougeole : éruption, hyperthermie et bronchite.

Applicalions chirurgicales. — Au point de vue chirurgical, lhéliothérapie aura une action très avantageuse sur tous les malades où l’immobilisation est reconnue nécessaire. On sait, en effet, les inconvé-

ie

nients et les dangers de limmobilisation complète. La peau el les tissus dela région immobilisée manquent de leurs stimulants naturels : L'air et la lumière, et leurs fonctions en sont d'autant diminuées. On peut en avoir pour preuve cet aspect de la peau sèche, desquamée, qui recouvre les membres emprisonnés dans un appareil. Il semble donc, a priori, que la cure de soleil doive être recommandée chez tous les maades obligés de rester pendant un temps assez prolongé dans des appareils immobilisateurs.

Fractures. — Xci, en dehors de l’action exercée au niveau des téguments du membre fracturé, le soleil provoque Pallénualion des douleurs et permet d'instituer plus rapidement le massage. Hamilton, dans son « Traité des fractures », dit qu'on doit « juger nécessaire d'enlever tout bandage, d'exposer largement le membre à lair et à la lumière, au moins une ou deux fois par jour ».

Il est possible que l’action de rayons solaires ne s'opère pas seulement sur la surface cutanée, mais il se peut aussi que certaines radiations solaires pénetrent jusqu'au foyer de la fracture et produisent une action bienfaisante sur la production et la conformation du cal.

Suiles de lurations. — Contusions. — Entorses. — On trouve encore peu d'applications de la cure de soleil aux traitements des luxations, contusions et entorses. Cependant l’héliothérapie a une action manifeste au point de vue de la diminution des raideurs articulaires, et du rétablissement plus rapide des mouvements.

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Dans les entorses el les contusions, sous l'action pénétrante prolongée de la chaleur radiante lurnineuse, les capillaires qui se divisent et se subdivisent dans le tissu cellulaire sous-cutané se dilatent. D’autres modifications parallèles se produisent dans la circulation lymphatique ; et de cette facon-là l'intensité de la nutrition locale devient plus active et la réparation des tissus en sera facilitée.

Périlonite luberculeuse. — Pour les tuberculoses viscérales el pour la péritonite tuberculeuse, en particulier, le traitement héliothérapique ne doit pas être négligé. Millioz nous raconte dans sa thèse l’histoire d’un jeune homme dont l'état a été transformé par lhéliothérapie. Ce jeune homme était atteint d'une péritonite tuberculeuse avec ostéile costale. Suivant les conseils qui lui furent donnés à la clinique par M. le professeur Poncet, ce malade passait la plus grande partie de la journée le ventre el la poitrine au soleil. Le résultat ne se fit pas attendre, et fut tellement remarquable, que le médecin de la localité, le docteur Baillot, d’Autun, écrivit à M. Poncel pour lui annoncer là guérison qu'il considérait comme inespérée.

T'uberculoses articulaires.— M. le professeur Poncet a pu constater souvent l'heureux effet de Paction du soleil surles tuberculoseslocales, et, dansla thèse de son éiève Millioz, il préconise l'héliothérapie locale comme traitement des tuberculoses articulaires. Comme le dit Millioz, le pelit nombre d'observations dont il dispose constitue seulement une apparence de pénurie de documents. Car M. le professeur Poncet a vu nombre de ma-

ladesconsidérablementaméliorés, auxquels ilavaitl conseilléce traitement, mais dont lesobservations n’ont pas élérecueillies.Quatreobservalionssontcependantcilées par Millioz, à l'appui de ses idées.

OBSERVATION I (résumée) (#7 MILLIOZ)

Synoviles fongueuses des deux genoux. — Héliotherapie locale dans le Midi pendant deux hivers

consécutifs, 1897-98.

Mlle Z.…, âgée de 17 ans. En mars 1897 commencent des douleurs dans le genou gauche, qui l'obligerent à garder le lit. M. le professeur Poncet vit la malade en juillet 1897. L'état général laissait beaucoup à désirer; la malade était pâle, amaigrie, et l'examen des deux genoux révélait une synovite fongueuse double avec distension des euls-de-sae par des fongosités. La marche était difficile et les mouvements douloureux.

Le 12 juillet, anesthésie, pointes de feu el immobilisation dans une large genouillère ouato-silicatée. La malade à été envoyée à la campagne pour suivre en même temps un traitement général. Dans la seconde quinzaine de septembre, c'est-à-dire deux mois apres, une amélioration notable des lésions locales est constatée.

En novembre, malgré la continuation du traitement par friction, massage, elc., le gonflement articulaire reparait en partie : l'état général est moins bon.

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M. Poncet envoya alors cette jeune fille à Menton avec recommandation expresse de laisser le plus possible les deux genoux et les membres inférieurs, jusqu'à mi-hauteur de la cuisse, exposés au soleil.

A la fin de février, l’état général et l'état local élaient complètement transformés et de la facon la plus heureuse. La marche était facile, sans claudication.

La malade retourne à la campagne. En décembre, elle revient voir M. Poncet qui la trouva dans un état moins satisfaisant qu'à son retour du Midi. La malade repart alors pour Menton où elle fait un nouveau séjour de quatre mois. À son retour, la guérison paraissait complète, et, comme le climat du Midi paraissait être nécessaire à la jeune fille, M. Poncet compléta la cure en donnant à la mère le conseil de marier sa fille dans le Midi.

OBSERVATION IT (résumée) (in MiILLI10Z)

Spina ventosa de la première phalange du inédius gauche el des première el deuxième phalanges du petit doigt. — Adénile cervicale. — Héliothérapie locale. — Guérison.

Mile X.., 10 ans, pale, amaigrie, porteur depuis trois mois d’une ostéite phalangienne bulleuse.

Aucune intervention n’est jugée nécessaire. L'enfant est envoyée dans le Midi, avec la recommandation d'exposer chaque jour, le plus longtemps possible, ses

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mains au soleil. Lorsqu'elle revint, quatre mois après, l'état général était excellent. Il existait à peine un peu de reliquat de tuméfaction osseuse, indolente.

OBSERVATION II (résumée) (i% MILLIOZ)

Ancienne ostéo-arthrile fongueuse du genou droit, remontant à l'äge de 10 ans, chez une jeune femme de 28 ans. — Héliothérapie locale. — Tres grande amélioration.

Lorsque M. Poncet vit cette malade en mars 1898, elle avait tous les signes d’une ostéo-arthrite du genou prolongée, de nature tuberculeuse. Il pratiqua sous anesthésie des pointes de feu, et appliqua une gouttière silicatée. Quand l'appareil fut enlevé, on fit faire à la malade de lhéliothérapie locale, ce dont elle ressentit une grande amélioration.

En hiver 1898-1899, la malade passa plusieurs mois sur la Côte d'Azur, en suivant le même traitement héliothérapique. La guérison semble complète. L'artieulation à repris son volume normal.

OBSERVATION IV (résumée) (4% MILLIOZ)

Resection de. l'épaule droite pour une carie sèche de la tele humérale

Mlle D..., 29 ans, opérée par M. Poncet.

La plaie, qui semblait d’abord vouloir se cicatriser;

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se recouvrit de bourgeons, laissant supposer une réinoculation tuberculeuse. M. Poncet conseilla alors à la malade de se décolleter au moins trois ou quatre heures par jour, au soleil, avant chaque pansement. Trois semaines après, la cicatrisation était complète.

OBSERVATION V (Loire Médicale, janv. 1900) Guérison d'une tumeur ‘blanche suppurée du genou

Le 13 février 1894, je fus appelé au petit village de Lard, commune de Pralong, à 10 kilomètres de Montbrison, pour donner des soins à un enfant d’une quinzaine d'années, M. Marius V.

Notre malade se plaignait du genou gauche depuis quelque temps, lorsque, le 12 novembre 1893, les douleurs devinrent très vives. Ilavait passé toute cette journée dans la moutagne, par un froid rigoureux, à ramasser des plantes ; il mettait fréquemment le genou à terre. Le soir, il eut des frissons; il sentit une forte douleur au genou et au petit doigt de la main gauche.

Le 15 novembre, on fit venir le regretté docteur Girin, ex-interne des hôpitaux de Lyon. Il constata une arthrite tuberculeuse du genou. À une de ses visites, il incisa un abcès qui s'était formé au-dessus du genou; il s'écoula un peu de pus. La suppuration continua, et, quinze jours après, devenait très abondante.

Le petit doigt était fortement tuméfié au niveau de la première phalange.

Le docteur Girin, devant s'absenter à cause du mau-

vais état de sa santé, me confia le malade. Je fis, comme lui, le diagnostie de tumeur blanche du genou; il y en avail Lous les signes classiques.

L'incision faite par le docteur Girin s'était refermée: je constalai une nouvelle collection purulente ; une seconde incison donna issue à un tlot de pus.

L'étal général était mauvais, la lempéralure dépassait 3%5; les souffrances étaient intolérables.

Tout trailement ayant échoué, je conseillai de Conduire le malade à F'Hôtel-Dieu de Saint-Etienne pour y subir une opération.

Le malade partit le 19 février 1894, el entra dans le service de M. le docteur Blane.

Le 2? février, M. le docteur Blanc fit la résection du œenou. Ablation de 6 centimètres d'os. La jambe fut mise en extension dans une gouttière plàtrée ; après une amelioralion passagère, la suppuration reprit de plus belle, et l'etat général déclina de telle facon, qu'on dut proposer une nouvelle opéralion.

Les parents la refusèrent, bien qu'on leur en eùt démontré l'absolue nécessité, et même qu'on leur eût fait entrevoir que s'ils ne se décidaient pas au plus tôt, une ampulalion deviendrait indispensable dans un avenir Lrès prochain. Le 17 avril, ils emmenèrent leur enfant, malgré la gravité de son état.

Je fus rappelé le 23 avril pour renouveler le pansement fait à Saint-Etienne.

Je fs des pansements fréquents jusqu'au 2? mai; je mis des pointes de feu, je caulérisai au nitrate d'argent, ete.

L'état du malade S'aggravail chaque jour; une large

le

plaie au-desous du genou donnait issue à de petits séquestres; la peau était macérée et tout pansement était douloureux. La fièvre hectique se déclarait.

Jengageai une nouvelle fois les parents à tenter une amputation, ils refusèrent encore.

Je dus alors chercher un nouveau traitement.

J'eus d'abord l'idée de laisser la jambe à l'air libre, sans pansement, autant pour combattre la macération de la peau, que pour favoriser la circulation. L’amiélioration fut presque immédiate.

Jeme décidai alors à faire un pas de plus dans ce mode de traitement. Mon malade habitait sur le flanc d'une montagne, au milieu de bois de sapins. L'air y était d’une pureté absolue.

Je conseillai au malade de laisser, tous les matins, de 19 heures à 11 heures, tout le membre inférieur exposé aux rayons du soleil.

Le genou était recouvert d’un peu de gaze iodoformée; une fois par jour, lavage à la liqueur de Van Swieten, pansementavec un peu de coton salicylé. Le malade, qui est fort intelligent, suivait très bien son traitement.

Douze jours après, le 4 juin, j'allai voir le résultat : Les souffrances étaient moindres, la suppuration avait diminué de plus de moitié.

Suivant l'expression du malade, dès les premiers jours sa jambe était devenue plus légère.

Pendant trois mois, le malade exposa la jambe au soleil, de 10 heures à 10 heures et demie, ou de ? heures à3 heures et demie.

L'amélioration fut très rapide; le genou diminua de

volume. Les souffrances cessèrent, les fistules se tarirent. La jambe grossit peu à peu.

Le malade commença à marcher avec des béquilles, dès la fin de juillet. Un mois plus tard, il ne s’aidait plus que d'une canne.

Les fistules s'étaient fermées, sauf la principale par où s’écoulaient encore quelques gouttes de pus.

Vers le milieu de septembre, le malade, sur mon conseil, alla à Saint-Etienne se présenter à M. le docteur Blanc. À la fin de novembre, toute suppuration avait cessé, le malade marchait facilement.

Quelques mois après, il se placait comme ouvrier bourrelier à Montbrison. Je le voyais presque tous les jours. Il n'éprouvait aucune souffrance et faisait très bien son travail.

Actuellement la jambe a un racourcissement de 6 centimètres en bonne position. Il y a ankylose complèle du genou. Néanmoins le malade marche facilement. Il est placé depuis queiques mois aux environs de Lyon et continue à bien se porter. La guérison est définitive.

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