Loc. cil
Ce fait a une importance réelle, il établit clairement, au même titre qu’une autopsie, l’origine du sang recueilli par une deuxième ponction. Dans la pelvi-péritonite, les vaisseaux de nouvelle formation ont des parois souvent molles, peu résistantes. Formées par un tissu embryonnaire friable, elles sont susceptibles de se rompre sous l’influence d’une pression sanguine un peu forte, qu’elle reconnaisse pour cause un choc, un effort ou bien et surtout les phénomènes congestifs qui accompagnent l’ovulation.
11 est probable que ces déchirures vasculaires fournissent quelquefois une quantité considérable de sang, et déterminent des hématocèles volumineuses ; l’hémostase doit, en effet, se faire difficilement, les vaisseaux nouveaux, en raison même de leur structure, n’ont qu’une rétractilité et une contractilité trèsincomplètes et il paraît en outre rationnel de supposer que, dans les hématocèles à contenu abondant, la déchirure a porté sur un groupe considérable de vaisseaux. Deux phénomènes rendent compte de la formation possible des hématocèles à la suite de la rupture de ces petits vaisseaux : la congestion physiologique qui accompagne la menstruation, la difficulté de l’hémostase.
D’autres circonstances plaident encore en faveur de l’épanchement sanguin par lapelvi-péritonite, l’apparition de la tumeur aux époques intermenstruelles, des troubles cataméniaux, mais surtout des signes d’affections anciennes de l’utérus ou de ses annexes. L’hématocèle survient rarement chez une femme en pleine santé, c’est-à-dire indemne jusqu’alors de tout accident du côté de l’appareil génital interne : avortement, suites de couches douloureuses, etc. Presque toujours il existe des troubles de la menstruation et depuis un temps plus ou moins long les malades se plaignent de douleurs, d’accidents divers qui font soupçonner une lésion quelconque d’une partie du système utérin.
Schroeder va plus loin, il croit qu’une tumeur produite par une collection sanguine que l’on peut sentir dans le vagin, ne doit se présenter que dans le cas où une cavité est formée
d’avance pour contenir le sang épanché. L’hématocèle exigerait donc d’abord pour se produire l’occlusion à sa partie supérieure de la cavité de Douglas par une péritonite adhésive partielle.
M. Jules Besnier1, dans son Mémoire fort intéressant sur la pachy-péritonite hémorrhagique, rapporte plusieurs observations où la déchirure de néo-membranes vasculaires paraît être la seule explication plausible de la tumeur sanguine. Déjà, dans un cas rapporté par Bouvyer2, la malade atteinte depuis plusieurs mois de troubles du côté de la menstruation, de douleurs abdominales, présenta une hématocèle rétro-utérine, alors que l’examen pratiqué quelques jours auparavant permettait d’affirmer qu’il n’existait pas de tumeur dans le voisinage de l’utérus.
A l’autopsie pratiquée trois mois et demi après environ, on trouva deux masses sanguines enkystées. Ces tumeurs siégeaient dans l’excavation pelvienne, en arrière de l’utérus, mais elles occupaient une situation anormale. Le sang épanché n’avait pas suivi les lois de la pesanteur et dans la relation de l’autopsie, il est noté que l’extrémité inférieure d’un des kystes, le plus grand, était plus élevé que la partie la plus déclive du culde-sac utéro-rectal. On le reconnaîtra sans peine, il est difficile de ne pas établir entre les fausses membranes et l’hématocèle une relation de cause à effet, — l’observation de M. Besnier fait naître la conviction ; c’est la seule façon, en effet, d’interpréter les phénomènes cliniques, de se rendre compte de la marche de l’affection. Une hématocèle survient dans le cours d’une pelvi-péritonite, devons-nous ne voir là qu’un simple phénomène de coïncidence? Nous ne le pensons pas, l’hématocèle par néo-membranes pelviennes peut seule expliquer cliniquement la filiation de certains accidents, le développement, l’évolution de la tumeur; elle débute, dit M. Besnier « par une pelvi-péri-