Id
Ces tumeurs peuvent se produire dans deux circonstances bien différentes l’une de l’autre : dans l’état de vacuité de l'utérus ou dans l’état de gestation. A l’état de gestation, elles présentent aussi deux variétés ; ou bien l’épanchement sanguin se produit dans le cours d’une gestation régulièrement utérine ou bien dans le cours d’une grossesse extra-utérine soit tubaire, soit sous péritonéo-pelvienne.
Ces trois variétés de tumeurs sanguines extra-péritonéales ne sauraient nous intéresser au môme degré ; l’histoire des dernières variétés appartient plutôt à l’étude des grossesses extra-utérines et de leurs complications. Cette variété d’hématocèle par grossesse extra-utérine n’a jamais été contestée et l’on en trouve de nombreuses observations.
Nous avons spécialement en vue ici l’infiltration sanguine sous-péritonéale et péri-utérine survenant dans l’état de vacuité de l’utérus et en dehors de toute fécondation anormale ; c’est à cette variété, du reste, que l’on fait allusion lorsque sans préciser davantage on parle d’hématocèle extra-péritonéale et que l’on compare par exemple sa grande rareté à la fréquence relative de l’hématocèle intra-péritonéale.
Suivant J. Kuhn, qui aurait vu sur 320 malades traités à la •clinique de Frankenhauser 15 cas d’hématocèle pelvienne, parmi lesquels 5 d’extra-péritonéale, le maximum de fréquence de l’hématocèle extra-péritonéale serait de trente à quarante-cinq ans,l’hématocèle intra-péritonéale est, au contraire, plus fréquente, ainsi que nous l’avons dit, de vingt-cinq à trente-cinq ans; plusieurs fois elle serait survenue à une époque menstruelle, sans dysménorrhée antérieure. Toutes les causes capables d’occasionner une congestion plus ou moins intense du système utérin, favorisent l’hématocèle à l’état de vacuité et dans le même ordre d’idées, la véritable cause prédisposante serait la modification qui s’opère dans les tissus de l’utérus, de ses annexes et des vaisseaux voisins au moment de la ménopause et souvent bien avant celte époque. C’est avec ces seules nécropsies qu’il nous
est permis de chercher à différencier anatomiquement les hématocèles extra-péritonéales des intra-péritonéales.
Nous avons cherché expérimentalement quelle route suivait le sang épanché, dans quelle région il se collectait de préférence, et nous donnons un peu plus loin très-succinctement les résultats de ces expériences.
L’anatomie pathologique de ces tumeurs sanguines est peu connue ; en France, nous n’avons qu’une autopsie, celle de M. B. Bail 1 et les auteurs qui ont cherché à différencier l’hématocèle extra-péritonéale de l’hématocèle péritonéale ont surtout tenu grand compte pour la solution de cette question, des témoignages offerts sur le vivant par les signes cliniques. Dans sa thèse, Jacob Kuhn rapporte deux autopsies qu’il a faites dans la clinique de Frankenhauser à Zurich.
Le sang épanché peut se porter dans toutes les parties de l’excavation pelvienne ; tantôt il occupera seulement l’espace compris entre les deux feuillets péritonéaux du ligament large, tantôt il s’étendra aux fosses iliaques au point de sembler incrusté sur les parois (Thés, de Lacoste, loc. cit .), il peut arriver au voisinage de l’anus (Observ. de B. Bail) et repousser en avant la paroi postérieure du vagin dans une étendue considérable.
Le volume de ces tumeurs sanguines peut varier depuis celui d’un œuf jusqu’à celui d’une tête d’adulte, rarement elles font saillie au-dessus du détroit supérieur.
Le péritoine qui recouvre l’hématocèle est le plus souvent soulevé par l’épanchement sanguin, le décollement peut porter au niveau de la face postérieure de l’utérus et de ses côtés sur la paroi postérieure du rectum, enfin contre la paroi abdominale antérieure. Playfair2 a rapporté un cas intéressant où une hématocèle extra-péritonéale n’était autre qu’un abcès pelvien ouvert dans le vagin, et dans la poche duquel s’était fait jour