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Le liquide contenu dans la cavité utérine distendue est plus ou moins abondant suivant les cas.
D’une façon générale, il semble qu’il soit plus abondant dans le sarcome diffus que dans le cancer épithélial; c’est du moins ce que nous révèle nos observations. .
La quantité a varié en effet :
Dans le cancer épithélial :
De 50 centimètres cubes (Obs. X) à 1 litre (Obs. I) ou 2 litrers au maximum. 1
Dans le sarcome diffus ;
De 1 litre à .10 litres (Obs. XXIII), 15 litres (Obs. XXI), 20 litres (Obs. XXI) et même plus.
On remarquera de plus dans ces derniers cas que le
liquide se reproduit avec une grande rapidité après ponction (Obs. XXI, XXIII).
Cette disposition tient probablement au degré plus grand de vascularisation du sarcome.
Ce liquide hématique est plus ou moins épais et de couleur plus ou moins foncée (Obs. I, II, X, XXIII, XXIV).
Parfois, il contient des caillots fibrineux grisâtres anciens (Obs. VI, XX, XXII) ou des caillots sanguins récents (Obs. XI, III).
Le plus souvent il est mêlé de masses fongueuses (Obs. XXI), de fragments néoplasiques sphacélés (Obs. VIII, IX), de détritus infects qui lui donnent Codeur fétide que nous avons relevée dans certaines de nos observations (Obs. VII).
D’ailleurs, la présence de ces débris infectés dans une cavité close ne tarde pas à changer progressivement, puis complètement la nature du liquide.
Les microbes, qui pullulent en ce milieu éminemment favorable, entraînent rapidement la transformation du sang en pus.
C’est, nous en sommes convaincu, un des principaux
motifs pour lesquels la pyométrie est beaucoup plus
fréquente que Thématométrie, ainsi que nous avons pu le constater au cours de nos recherches.
Cependant, nous n’irons point aussi loin que Fancourt Barnes (1) et Christopher Martin (2), qui vont jus-
(1) Fancourt Barnes. Britisch medical Journal , 19 juin 1888.
(2) Christopher Martin. Britisli medical Journal, 1896.
qu’à prétendre que toute pyométrie n’est qu’une hématométrie infectée, suppurée.
En effet, il est notoire : que certaines pyométries découvertes seulement à l’opération n’ont produit aucun phénomène d’absorption septique au cours de leur évolution. (Observations de Galabin (1), de Weiss (2), de Vautrin (3), de Hausemann (4), de Léa) ; que de plus, parmi ces derniers cas, les cinq qui, seuls, ont été examinés bactériologiquëment, n’ont révélé aucun élément microbien pathogène (Observation de Léa) (5).
D’où vient le sang épanché dans la cavité utérine?
Dans le cancer épithélial , le sang provient des bourgeons épithéliaux qui, au moindre traumatisme, se rompent, en laissant ouverts des vaisseaux embryonnaires qui ne peuvent revenir sur eux-mêmes et qui laissent écouler le sang.
De plus, dans les cas assez fréquents où la malade est encore réglée, le sang des menstrues ne pouvant s’échapper au dehors, se mêle aux produits néoplasiques (Obs. II, III, IV).
Dans le sarcome diffus , au contraire, le sang vient exclusivement du néoplasme lui-même, car cette tumeur se voit pour ainsi dire toujours chez les femmes
ayant passé la ménopause depuis plusieurs années déjà.
(1) Galabin. Transaction of tho obstétrical society of London , vol. XIX, 1877.
(2) Weiss. Revue Médicale de l'Est, 1892, p. 744.
(3) Vautrin. Revue Médicale de l'Est, 1893, p. 33.
(4) Hausemann. Zeitschr. /. Geb. u. Gyn ., XXXIV, 1896, p. 294.
(5) Léa. Trans. obstétrical society, XXXIX,
De plus, le néoplasme lui-même est très vasculaire et, comme l’a très bien décrit Aubry (1), au niveau des bourgeons sarcomateux, les vaisseaux néoformés, représentés alors par de simples fentes que limitent des cellules embryonnaires, sont rapidement envahis et détruits par la production active et indéfinie de nouvelles
cellules sarcomateuses.
Le sang peut alors s’écouler librement et il s’écoule d’autant plus abondamment que ces vaisseaux, n’ayant point de parois propres, distinctes, ne sont nullement rétractiles.
(1) Aubry. Loc. cit., p. 47.