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CHAPITRE III

Anatomie pathologique.

Contenant

Le liquide hématique retenu dans l’utérus cancéreux distend la cavité de cet organe et en fait une véritable •poche dont le volume est variable suivant la quantité du liquide.

La tumeur peut même atteindre des dimensions considérables, comme on l’observe surtout dans les cas de sarcome (Obs. XX, XXI, XXII, XXIV).

Malgré cette distension progressive, l’utérus présente une forme sphérique, globuleuse, à surface lisse et régulière, ressemblant beaucoup comme aspect extérieur à un utérus gravide (Obs. I, II, III, IV).

Cependant il est à remarquer que dans quelques cas ^Obs. XXIV), elle est bosselée, inégale, mais cette disposition n’est que la conséquence de localisation spéciale des noyaux métastatiques du cancer, localisation qui n’a rien de caractéristique.

La couleur extérieure de la tumeur est le plus souvent d’un rouge foncé, par suite de la présence de la

couche externe du muscle utérin formant un revêtement complet à la tumeur.

A la surface de la tumeur, dans le cas de sarcome, on peut voir au-dessous du feuillet viscéral ramper des vaisseaux veineux augmentés de volume et qui, en certains cas (Obs. X, XXIV), atteignent des proportions tout à fait insolites. ,

Le feuillet péritonéal est ordinairement intact dans les cas de sarcome (1). Au contraire, dans les cas de cancer épithélial, il peut, si le processus morbide est suffisamment avancé, être plus ou moins altéré et déterminer des adhérences avec les organes voisins, l’épiploon ou la paroi abdominale, ce qui n’existe point généralement dans le sarcome.

La palpation directe de la tumeur, au cours de la laparotomie, donne une consistance des plus variables. Suivant la distension plus ou moins grande de la cavité utérine, on peut trouver différents degrés de fluctuation, depuis la fluctuation franche jusqu’à la dureté.

Mais toujours, dans tous les cas, on trouve la tumeur rénittente et élastique.

Quand on ouvre un de ces utérus distendus par un hématomètre, on constate que les parois utérines ont une épaisseur très variable non seulement suivant la grosseur de la collection mais encore suivant le point où a porté la section. Dans certains cas même (Obs. Il, III, VIII, X), on a observé une augmentation d’épaisseur de

(1) Labadie Lagrave et Legueu, Loco citato , 3e édition, p. 920.

la couche musculaire utérine. Cette hypertrophie n’est d’ailleurs qu’une hypertrophie compensatrice, qui s'est produite pour résister à la dilatation lente et progressive causée par l’accumulation du sang dans la cavité utérine. Dans le sarcome diffus de la muqueuse utérine en particulier, cette hypertrophie du muscle utérin existe toujours (Obs. XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV). Elle peut atteindre des chiffres relativement très importants, 0 m . 04 à 0m.05 d’épaisseur (Obs. XX, XXIII). De plus, dans ces cas-là également, la couche musculaire, bien qu’en contact direct avec la tumeur, reste saine en apparence sans infiltration parenchymateuse. Même dans la plupart de nos observations (Obs. XX, XXI, XXIII, XXV), on a pu délimiter à l’œil nu la ligne de séparation des deux parties néoplasique et musculaire (1),

Au contraire, dans les processus épithéliaux, l’envahissement de la paroi musculaire utérine par les éléments embryonnaires est très apparent (Obs. I, II, VII, VIII) et il n'existe aucune démarcation nette dans le tissu sain èt le néoplasme.

La paroi interne de la cavité utérine présente des caractères différents suivant qu’il s’agit de cancer épithélial ou de sarcome diffus.

Dans le sarcome, elle est toujours très irrégulière avec des saillies mamelonnées, de grosses bosselures séparées par des sillons et des dépressions.

Il existe peu de végétations, surtout quand la couche profonde du néoplasme s’est épaissie ; car alors la cou-

(1) Piquand. Revue de Gynécologie, juin 1905, p. 435.

che superficielle mal nourrie et infectée se gangrène et se détruit progressivement, ce qui explique la présence de ces débris infects existant dans le magma intrautérin, et la formation plutôt d’un pyomètre que d’un hématomètre.

Dans fépithélioma au contraire la paroi extrêmement irrégulière, déchiquetée, anfractueuse, est parsemée d’un véritable chevelu de végétations très fines et polypeuses.

Ces végétations parfois même rompent leur pédicule et deviennent libres dans la cavité, se mêlant au contenu liquide intra-utérin.

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