‹ De l'hématométrie dans le cancer du corps utérinChapitre 13 sur 22 · DANS LE CANCER ÉPITHÉLIAL · texte numérisé non relu

DANS LE CANCER ÉPITHÉLIAL

Quand on ouvre un corps utérin atteint d’épithélioma végétant, et que l’on met cet utérus ainsi ouvert dans un vase contenant de l’eau, on observe un véritable chevelu de villosités végétantes plus ou moins longues suivant le degré de développement de la tumeur (Obs. I, II, III).

Que ces villosités s’engagent à travers l’orifice interne du col utérin ; que peu à peu elles s’y pressent, elles

forment un bouchon, bouchon permanent qui obturera presque en totalité la communication normale du

corps utérin avec le vagin.

Que, d’autre part, par suite de la métrite concomitante du cancer, il se produise du gonflement de la muqueuse de cet Orifice interne, les villosités qui s’y trouvaient engagées seront pressées plus fortement les unes contre les autres; l’obturation sera alors plus exacte et la perméabilité cervicale sera supprimée, faisant du corps Utérin un véritable vase clos.

Mais pendant ce temps le néoplasme utérin a continué à saigner, à sécréter, et alors ces produits de sécrétion, ce sang ne peuvent plus s’écouler au dehors, ils stagnent à l'intérieur du corps utérin, ils remplissent sa cavité, la distendent peu à peu.

Enfin, si l’hémorragie a été plus abondante que la sanie cancéreuse, l’hématomètre se trouvera formé.

Tel est le mécanisme le plus fréquent de production de Thématomètre (Obs. I, II, III, IV, VIII, IX, X, XI).

Pour que l’hématomètre se produise, il faut donc que le néoplasme végétant siège vers le segment inférieur de l’utérus , vers l’orifice interne du corps utérin.

Et pour bien montrer de quelle importance est le siège du cancer dans la production de fhématomètre, nous avons annexé, à la suite de nos observations, plusieurs cas (Obs. VIII, IX, X) qui n’en sont que l’exagération.

En effet, ces cas de cancer à début intra-cervical avec propagation rapide vers l’orifice interne du col et le

segment inférieur du corps, montrent bien la nécessité du bouchon intra-cervical pour produire la rétention.

Ils montrent de plus le rôle de l’élément inflammatoire qui vient s’ajouter à l’action purement mécanique des villosités engagées dans le col. Elément inflammatoire qui produit le gonflement de la muqueuse et le spasme delà couche musculaire sous-jacente.

Il est vrai que dans ces cas cette contracture fut intermittente, qu’elle n’entraîna par là même qu’une rétentention intermittente du sang et de la sanie cancéreuse ; mais elle eut pu être continue et l’hématométrie être par là même permanente et définitive.

A côté de cette hématométrie produite par le cancer lui-même, il en existe d’autres secondaires, soit à une atrésie du col, suite de cautérisations trop énergiques ayant précédé l’apparition du néoplasme, soit à une atrophie, suite d’intervention chirurgicale ayant porté sur le col.

Enfin on ne saurait oublier, comme cause exceptionnelle d’hématométrie, l’atrophie sénile du col ou du vagin ayant précédé l’évolution du cancer (Obs. de Sondhümer (1).

Galabin attribue même un rôle pathogénique prépondérant à cette atrophie sénile du col et va jusqu’à prétendre que « les liquides ne s’accumulent jamais dans un utérus jeune. D’habitude/ l’utérus est intolérant, ses parois s’hypertrophient pour expulser plus efficacement les corps étrangers qu’il pourrait contenir. Il ne permet

(1) Sondhümer. Monatschrift fur Geburtund gynœkol., 1895, p. 348.

point d’accumulation. .Cependant, après la ménopause, quand les parois de l’utérus et les muscles dégénèrent et s’affaiblissent, le corps, désormais impuissant, se laisse distendre parle liquide (1). »

Cette assertion, quoique très plausible, ne peut être admise aussi fermement, les observations que nous avons réunies n’en fournissant point de preuves directes. De plus, nous rapportons des observations se rapportant à des malades n’ayant point passé la ménopause. •

En résumé, la cause principale, la cause la plus fréquente de la formation d’en hématomètre dans le cancer épithélial du corps ou de l’isthme utérin, est l’engage-

ment des villosités épithéliomateuses dans l’orifîce interne du col, où elles forment tampon obturateur.

Comme causes moins fréquentes, on observe l’atrésie du col, suite d’intervention chirurgicale ou de cautérisations.

Enfin, comme cause exceptionnelle, l’atrésie sénile

du col.

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