‹ De l'hématométrie dans le cancer du corps utérinChapitre 14 sur 22 · DANS LE SARCOME DIFFUS DE LA MUQUEUSE UTÉRINE · texte numérisé non relu

DANS LE SARCOME DIFFUS DE LA MUQUEUSE UTÉRINE

De même que pour le cancer épithélial, la rétention de sang dans la cavité utérine se fait par oblitération de l’orifice interne du col.

Dans certains cas, comme dans nos observations,

(1). Galabin. Trans. obs. Soc. London, XXVII, 1885.

cette obturation de l’orifice interne du col est produite par le sarcome lui-même.

En effet, une coupe de l’utérus passant par le col montre que la cavité utérine et le canal cervical sont complètement séparés l’un de l’autre par une lame continue qui passe comme un pont au-dessus de ce qui était l'orifice interne du col.

Et l’examen histologique démontre que cette lame est constituée par le tissu sarcomateux lui-même.

Donc, dans ces cas. il est probable et mêqae certain que les choses se passent ainsi. Le sarcome, après avoir recouvert d’une lame continue la face interne de l’utérus, arrive au niveau de l’orifice interne du col.

Là, il avance peu à peu sur cet orifice formant une sorte de diaphragme dont l’orifice central se rétrécit

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progressivement et il arrive un moment où les pourtours de cet orifice, très rapprochés les uns des autres, se soudent entre eux; le pont est alors entièrement constitué et la communication entre la cavité utérine et le canal cervical se trouve complètement obstruée. Alors le sang s’accumule dans la cavité utérine la distend et l’hématomètre se trouve constitué.

De plus le siège primitif du sarcome a une grosse importance dans la formation plus ou moins précoce de l’hématomètre.

Si, en effet, le sarcome débute par la partie inférieure du corps utérin, le pont jeté au-dessus de l’orifice interne se trouvera très rapidement complet et l’hématomètre se constituera très vite.

Au contraire, dans les cas, où comme dans l’observa-

tion XXV, la tumeur a son début vers le fond de la cavité utérine, il faudra qu'elle ait acquis un certain développement pour produire le meme phénomène, et par conséquent la formation de l’hématomètre sera beaucoup plus tardive.

Tel est le mécanisme de formation de l’hématomètre absolument certain dans nos observations.

Mais n’existe-t-il point d’autres causes capables d’entraîner la production de l’hématomètre ?

En tenant compte^ de l’âge de nos malades, qui varie de 52 à 70 ans, ne pourrait-on point invoquer comme cause l’atrésie sénile du col utérin?

Certains auteurs l’ont invoquée et Aubry (1) lui-méme, tout en la mettant en doute et en donnant des arguments contre, ne l’a pas rejetée.

11 est, en effet, certain que l’atrésie sénile du sol survient assez fréquemment chez les vieilles femmes sans que rien ce puisse l’expliquer, si ce n’est la cessation des fonctions génitales.

Il paraît à première vue très vraisemblable en théorie qu’un hématomètre puisse se produire très facilement, dans le cas où un sarcome diffus vient à se développer dans un utérus dont le col est ainsi atrésié.

Mais, reprenant un argument d’Aubrv, nous ferons remarquer que pour être la vraie cause de l’hématométrie, il faudrait que cette atrésie cervicale précédât l’apparition du sarcome. Or, dans les observations que nous avons pu réunir, rien ne peut faire supposer qu’il en ait

(1) Aubry. Loc. ait., p. 48.

YEBDIER

été ainsi ; en effet, ces malades ont toutes présenté dans le cours de leur affection morbide une première période s'accompagnant d’hémorragies ou de pertes séreuses qui indiquaient la perméabilité du canal cervical.

On pourrait, il est vrai, objecter que l’atrophie sénile du col a pu se produire en même temps que le sarcome, évoluant en même temps que le néoplasme pour arriver à un moment donné à oblitérer complètement le canal cervical.

Mais, avec Aubry, nous ferons une simple remarque physiologique suffisante pour réduire à néant cette seconde objection.

En effet, l'atrésie du col se montre chez les femmes dont l’utérus est en état de repos fonctionnel complet depuis quelques années. Et, par conséquent, il serait plutôt bizarre qu’elle se produisit dans le cas d’un utérus néoplasique laissant écouler constamment par le canal cervical un liquide le plus souvent fort abondant, et par là même étant le siège d’un travail non plus physiologique mais pathologique qui n’en est pas moins intense.

Nous remarquerons justement que dans nos observations XX, XXI, il existait de l’atrophie sénile du col, mais que cette atrophie n’avait point déterminé d’hématométrie jusqu’au moment où le point sarcomateux, s’étant constitué la perméabilité du canal cervical se trouvait annihilée.

D’autre part, dans l’observation XXV, la même atrophie sénile existait ; mais le sarcome, venant non plus de la partie inférieure du corps, comme dans les obser-

vations XXI, XXI, XXIII, mais du fond de la cavité utérine, et par conséquent ayant plus de muqueuse utérine à détruire avant d’arriver à l’orifice interne du col, n’avait point encore oblitéré cet orifice. Et par là même la perméabilité existait et aurait existé jusqu’au moment où le développement de la néoplasie étant suffisant, l’orifice interne du col se serait trouvé fermé par le tissu sarcomateux.

Il est certain que cette malade, observée quelques semaines plus tard, aurait pr'ésenté un hématomètre. Donc, à défaut d’observations prouvant le rôle de l’atrésie sénile du canal cervical dans la production de l’ hématomètre compliquant le sarcome diffus de la muqueuse utérine, nous croyons que, théoriquement, cette atrésie ne peut être la cause de cette complication.

Nous ajouterons que, seul, le sarcome peut, par luimême, la déterminer ; et qu’enfîn le siège de début du sarcome a une importance capitale dans l’apparition’ plus ou moins précoce de l’hématométrie.

Exceptionnellement, l’utérus ayant une oblitération complète du canal cervical, suite de cautérisations vio lentes ou de cicatrices quelconques et ayant secondairement un sarcome diffus de sa muqueuse, se compliquera d’hématométrie. Jusqu’à présent, il n’en existe point d’observations.

Importance au point de vue diagnost

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