OBSERVATION XVII
J. Comgy. (Soc. Méd des hôp. 1894).
Femme 38 ans, cuisinière.
Ant. héréd. nerveux du côté de sa mère.
À eu six enfants : deux sont morts de diphtérie, deux tués par la foudre, les deux autres bien portants.
Elle est d’un tempérament très nerveux, cependant n’a jamais d'attaque avant 1889. À cette époque, elle est frappée de la foudre; elle tombe sans connaissance et reste privée de sentiment et de mouvement pendant quatre jours.
Quand elle revient à elle hémiplégie gauche avec hémianesthésie. La paralysie dura trois semaines et tout rentra dans l’ordre. .
En 1891, un jour d'orage, elle prend une nouvelle attaque d'apoplexie, reste sans connaissance pendant huit heures et se réveille avec hémiplégie gauche et hémianesthésie du même côté. — Quinze jours après guérison.
Le 9 août 1894, en proie déjà depuis quelques jours à des maux de tête violents, elle se promenait sur les boulevards. Le temps est lourd, chaud, orageux, tout à coup tombe sans connaissance. Transportée à l'hôpital revient à elle quatre heures après; hémiplégie gauche complète, la paralysie frappe aussi la face; le facial inférieur gauche est seul atteint. |
Du même côté anesthésie à tous les modes. Tous les sens sont abolis à gauche.
Conservation du réflexe rotulien.
Abolition — pharyngienñ.
Mémoire conservée: pas d’aphasie. Ces troubles disparaissent peu à peu, et le 28 avril elle est guérie.
Le repos et l'électricité ont été les seuls traitements.
À propos de beaucoup de cas d’hémiplégie hysté-rique, à début brusque, nous avons vu survenir après l'attaque une aphasie passagère, un em-. barras de la parole plus ou moins marqué. Ce n’est en général pas aphasie qu’il faut lire. On sait que l’aphasie, par définition, frappe du même coup tous les modes de langage, C’est là le propre des lésions organiques qui atteignent ou la circonvolution de Broca ou le faisceau géniculé, mais ce n’est pas ou presque jamais le fait de l’hystérie.
Le paralysé hystérique peut perdre l’usage de
SAONE
la parole, mais il n'est qu’exceptionnellement frappé de surdité verbale et de cécité verbale; c'est-à-dire qu'il comprend ce qu'on lui fait Lire ou ce qu'on lui dit, mais 1l ne peut répondre; il est seulement frappé de mutisme. Charcot, Lépine, puis Ballet et Sollier (Revue de méd., 10 juin 1893) citent cependant chacun un cas de coexistence d'agraphie et de mutisme hystérique.
3° TERMINAISON. — Nous dirons, pour achever cette étude sur la marche de l’hémiplégie hystérique quelques mots sur la façon dont elle se termine.
Cette terminaison est dans la plupart des cas une guérison; et cette guérison, comme le début, peut être lente ou brusque.
Tantôt on à affaire à une paralysie complète qui, sous l'influence de traitements appropriés, passe à l’état de parésie. Puis les mouvements, revenant peu à peu, on ne constate plus bientôt qu'un léger affaiblissement musculaire qui, luimême, tend à disparaître et enfin disparaît complètement.
D'autrefois c'est une guérison subite, aussi rapide qu’a été l’apoplexie elle-même, survenant tout à coup sous l’influence des causes les plus variées : esthésiogènes, électricité, émotions, causes morales diverses. Une attaque convulsive
NC Nes
d'hystérie peut enfin guérir l'hémiplégie comme elle l’a produite.
Nous avons lu dans l’iconographie de la Salpétrière de 1878 un fait analogue. Une première crise d’hystérie laisse après elle une hémiplégie gauche. Une autre crise guérit l'hémipléeie gauche complètement et frappe en même temps le côté droit de paralysie.
Ces différents modes de guérison brusque sont absolument, comme nous le verrons au diagnostic, propres à l'hystérie. Jamais une hémiplégie, reconnaissant pour cause une légion organique, ne se terminera ainsi.
Enfin l'hémiplégie, c'est là, disons-le, l'exception, peut ne pas guérir, soit que, comme dans l'observation de Rémak que nous citons plus loin, la paralysie se montre tenace et stationnaire, soit que de nombreuses récidives partagent l'existence du malade en alternatives de guérisons et de rechutes.
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