CHAPITRE II
Paralysie faciale dans l’'hémiplégie hystérique.
Nous venons de passer en revue. les différents caractères de l’hémiplégie hystérique. Il en est un cependant sur lequel nous voulons insister, c’est la paralysie faciale. Avec dessein nous avons laissé de côté cette question, nous lui réservions une place à part, à laquelle elle à droit, d’ailleurs, à plusieurs titres : c’est d’abord un symptôme de valeur pour le diagnostic ; comme nous le verrons plus loin. La paralysie faciale hystérique, offre d'autre part, un intérêt historique tout particulier ; en raison même des nombreuses controverses auxquelles elle à donné naissance.
Charcot, jusqu’à ces dernières années où il revient sur ses idées premières avait cru pouvoir affirmer (Semaine Médicale 1887) que la paralysie faciale hystérique n'existait pas.
On conçoit l’importance d’une telle assertion si
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elle était démontrée. Dès lors, en effet, toute paralysie à forme hémiplégique, accompagnée de paralysie du côté de la face, serait attribuée à une lésion organique. ,
Charcot, pour justifier son opinion se basaït sur ce fait que l’hypnotisme produit facilement un spasme de la face et a bien de la peine à engendrer la paralysie.
Cette manière de voir n’était du reste pas propre à Charcot. Il avait regardé comme vraie la loi jadis formulée par Todd (1), qui à trouvé, ainsi que nous allons le voir, des exceptions manifestes.
En 1856, dans une leçon sur la paralysie hysterique, Todd écrivait les lignes suivantes :
« L’étendue de la paralysie des membres, alors « qu'iln’y en pas de trace dans la face, est un « argument en faveur de la nature hystérique de « l'affection; car, bien que la paralysie hystérique « puisse occuper toutes les parties du tronc et « des membres, très rarement, jamais peut-être, « elle n’occupe la face. » |
Plusieurs médecins étrangers partagent aussi cette manière de voir : Hasse (ÆZandbuch der Path. Elangen, 1869) ; Rosenbach (Zrlenmeyers centralblatt, 1879); Weir Mitchell (Lectures on diseases of the système especially on womann,
(1) Todd: Clinical lectures on paralysis, certain diseases of the brain etc. — London 1856. J
ET de
Philadelphie, 1885), nient la paralysie faciale hystérique. Pour eux la paralysie hystérique: n’intéresse que les membres. — Cependant plusieurs observations de paralysie faciale ont déjà été publiées.
Les auteurs qui n’admettent pas l'existence de l& paralysie faciale expliquent ces cas en les attribuant à une interprétation défectueuse. Pour eux, les auteurs qui les ont observés ont eu affaire non pas à une paralysie d'un côté, mais à un hémispasme glossolabié du côté opposé.
La première observation de paralysie faciale, à été publiée par Mesnet, en 1852. Peu à près, Briquet, dans son traité de l’hystérie, 1859, cite un cas analogue. Pipet, dans sa thèse, 1862, en rapporte aussi un cas. Plus tard, Lebreton, 1868, et Hélot 1870, citent également des cas de paralysie faciale hystérique.
A l'Etranger également, plusieurs médecins reconnaissent l’existence de la paralysie faciale, et en cite des cas. Nons nommerons entre autres :
Gabett : « Case of Bell. paralysis in a hystérical subject. » (Britisch med.'journal, 1882).
Buzzard : « Leçons cliniques sur les mal. du système nerveux, 1852. »
Kalkoff : « Berhtrage zur differential diagnose der hysterichen und der Kapsularen hemi-anesthésie. Halle, 1884. »