OBSERVATION XL
BALLET et SOLLIER (Retue de médecine, 1893).
Mathilde V..., 33 ans, employée dans une fonderie de caractères d'imprimerie.
Antécédents héréditaires inconnus.
Pas de syphilis, pas d’alcoolisme, pas de saturnisme.
Caractère très nerveux, mais n’a jamais eu d’accidents nerveux.
Tout à coup, en travaillant, sans aura, ni sensation de boule, ni sifflements d'oreilles, elle ressent un engourdissement qui s'étend à tout le côté droit elle tombe, le côté gauche se prend également. Pas de cri initial, pas de chute, pas de perte de connaissance. Mutisme et aphonie complets, avec agraphie. Comprend ce qu’on lui dit et répond par gestes. Au bout de vingt jours la parole commence à revenir mais est scandée.
La sensibilité ne paraît pas atteinte, les réflexes rotuliens sont exagérés, le réflexe pharyngien est diminué, pas des zones hypéresthésiques.
Amblyopie marquée des deux yeux. L'ouie est un peu diminuée à gauche. Goût, odorat, rien d’anormal.
Elle aurait eu les premiers jours de l’hémispasme à gauche. La pointe de la langue était déviée à droite.
Plus tard on constate : sillon nasolabial à droite plus effacé que celui de gauche. Lors des mouvements volon taires, pas de paralysie ni à droite, ni à gauche ; mais, lorsque la malade parle, paralysie faciale droite évidente. Alors l’orbiculaire des lèvres se contracte à peine à droite. La joue, de ce côté, est projetée en dehors par la colonne d'air. L’élévateur de la lévre supérieure à droite ne fonctionne pas non plus. Il en est de même pour l’abaisseur de la lèvre inférieure à droite.
Nous n’avons pas la prétention d’avoir cité tous les cas de paralysie faciale publiés jusque-là.
Mais, tout au moins, dans l’'énumération de faits que nous venons d’exposer, on pourra bien se convaincre que, si la paralysie faciale hystérique est rare, elle a néanmoins droit de cité au
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milieu de la symptomatologie de l’hémiplégie hystérique.
Depuis que l'attention des observateurs est attirée de ce côté, les cas semblent se multiplier. Chouppe, dans le Bulletin Médical, 13 septembre 1893, conclut ainsi son étude sur la paralysie faciale de nature hystérique.
« Les recherches nombreuses faites dans ces « dernières années permettent d'affirmer que les « muscles de la face comme ceux des autres « régions peuvent être paralysés par l’hystérie ; « qu’à la face la paralysie hystérique présente les « mêmes symptômes qu'aux membres, etc. »
Babinski (Soc. méd. des hôp. 1892) insiste sur la bilatéralité fréquente de la paralysie faciale hystérique. En effet, dans les trois cas de paralysie faciale de Chantemesse, 1l y en à deux où la face est frappée des deux côtés à la fois.
Malgré ces nombreux cas de paralysie faciale, il faut néanmoins reconnaître que celle-ci n'en cède pas moins le pas et de beaucoup pour la fréquence à l’hémispasme glossolabié.
Elle lui est parfois associée comme on a pu le voir dans les observations (XXII, XX VI, XXXIV, XXX VII, XXX VIIL) rapportées plus haut.
Nous avons pu observer un cas analogue dans le service de M. le professeur Lépine. M. Collet, interne du service, a bien voulu nous communiquer l'observation:
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