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autres troubles musculaires de l’hystérie, l’hémiplégie hystérique se dégage et devient un syndrôme bien déterminé dans le beau traité de Briquet sur l'hystérie, 1859.
Ce savant observateur fait même remarquer que cette forme de paralysie est dans la névrose la plus fréquente de toutes. Il appuie d’ailleurs son dire sur des statistiques bien complètes :
« Sur 430 hystériques, il s’en est trouvé 120 « dont la contractilité musculaire avait subi une « attemte plus ou moins forte, et sur ces 120, il « y en avait 66 atteints d’hémiplégie double ou « simple. »
C’est dire que les hémiplégies représentent plus de la moitié des cas de paralysie hystérique.
Une proportion plus forte encore ressort de la statistique de Landouzy, celui-ci, sur 26 paralytiques hystériques, a observé 17 fois l'hémiplégie.
Disons en passant que sa fréquence relative est peut-être plus grande encore. L’hémiplégie hystérique est en effet souvent méconnue en faveur de la monoplégie. Ce dernier mode de paralysie est rarement pur; presque toujours, du même côté du corps, il existe un peu de faiblesse de l’autre membre qui peut passer inaperçue.
Depuis Briquet, les travaux sur lPhémiplégie hystérique se multiplient etchaque auteur, traitant du système nerveux, n'oublie pas de l’honorer d'un chapitre.
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Il serait long et inutile de poursuivre plus loin l’énumération de tous ceux qui en ont parlé. C'est à propos de chacun des points intéressants de la question que nous voulons citer ces auteurs ; soit qu’ils aient rapporté des faits importants la concernant, soit qu'ils aient fourni sur le sujet des documents quelconques.
On pourrait croire au premier abord que l’hémiplégie hystérique ne diffère de l’hémiplégie causée par une lésion des centres, que pathogéniquement.
Cette proposition est vraie quelquefois et nous verrons à propos de la paralysie faciale et du diagnostic que l’hystérie, « cette grande simulatrice » mérite encore son épithète à propos de la paralysie qui nous occupe. Le plus souvent cependant l'hémiplégie hystérique a une physionomie spéciale qui lui donne une individualité clinique bien déterminée.
Nous groupons dès à présent dans les propositions suivantes ces caractères primordiaux, dont les uns appartiennent à la symptomologie de l’hémiplégie hystérique, les autres à sa marche, à son évolution :
1° L'hémiplégie hystérique est une paralysie le plus souvent flasque, frappant tous les muscles principaux d’un seul côté du corps et offrant pour limite exacte de son domaine la ligne médiane.
2° La face qui est fréquemment atteinte d'hémis-
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pasme est indemme de paralysie dans la plupart des cas d’hémiplégie hystérique.
3° Une hémianesthésie sensitivo-sensorielle, siégeant du même côté que la paralysie et atteignant le plus souvent tous les modes, peut-être regardée comme la règle.
4 Enfin, le début de l’hémiplégie hystérique est comme nous le verrons plus loin, souvent caractéristique. Les variations d'intensité que présente la paralysie, sa disparition pendant le sommeil hypnotique, l'influence qu’ont sur elle les agents esthésiogènes, l'absence ordinaire de troubles trophiques la distinguent encore de l’hémiplégie de cause organique. Notons aussi que celleci au bout de six semaines à deux mois se transforme presque fatalement en paralysie rigide; un tel phénomène est la grande exception dans la paralysie d’origine nerveuse. |
Le tableau suivant donné par Richer (1), est peut-être plus complet mais 1l met moins bien en relief les grands caractères que nous venons d’exposer :
1° L'hémiplégie hystérique est rarement complète ; ; 2° Les muscles antagonistes sont également atteints ;
3° Les troubles de nutrition sont rares;
(1) Richer : Etude clinique sur l’hystéro-épilepsie.
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4 La contractilité électrique est conservée;
5° La paralysie s'accompagne fréquemment de troubles de la sensibilité ;
6° Les réflexes cutanés sontabolis, les tendineux sont souvent normaux, parfois exagérés, rarement abolis ; s
1° L’affection présente des variations d'intensité manifestes.
Tels sont, en quelques lignes, les grands traits que présente le plus souvent l’hémiplégie hystérique ; nous allons revenir sur chacun d’eux avec plus de détails. Nous décrirons successivement les troubles moteurs, sensitifs et sensoriels dans l’hémiplégie hystérique. Nous l'étudierons ensuite dans son évolution : début, marche et terminaison.
Nous réservons aux troubles musculaires de la face un chapitre spécial, auquel ils ont droit de par leur importance.
I. TROUBLES DE LA MOTILITÉ : La paralysie hystérique qui frappe tous les muscles principaux de la moitié du corps estle plus souvent flasque, nous l'avons déjà dit. Richer ajoute : elle est rarement complète ; elle peut revêtir, en effet, tous les degrés qui séparent le simple affaiblissement musculaire de l'impotence complète.
Grasset (1) lui reconnaît quatre degrés :
(1) Grasset. Traité des maladies du système nerveux, 1894.
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1° C’est d’abord un simple engourdissement; les membres sont lourds et moins mobiles.
2° C’est ensuite une difficulté marquée à contracter les muscles qui se révèle par une diminution de la force et de la justesse des mouvements.
3° Dans un troisième degré la faiblesse motrice est évidente : les mouvements sont encore possibles, mais pas la marche.
4° Enfin la paralysie est complète, degré de paralysie rare, observée seulement 10 ou 12 fois par Briquet.
Richer n’admet que trois degrés d’hémiplégie hystérique :
1° L’amyosthénie légère.
2° La paralysie vulgaire.
3° La paralysie par suppression des mouvements coordonnés.
Ajoutons que le membre supérieur et le membre inférieur peuvent être Imégalement frappés par la paralysie, celle-ci étant complète à l'un et se présentant seulement à l’autre à l’état de parésie OU vice versa. |
L'hémiplégie hystérique peut enfin être double. Ce sont là des cas rares.
Sur 17 hémiplégies hystériques, Landouzy à observé 3 fois l’hémiplégie double. Briquet l’a vue 6 fois sur 66 cas d’hémiplégie hystérique.
L'observation suivante est un bel exemple d’hémiplégie hystérique double. Nous devons ce cas
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à l'obligeance de notre maître, M. le professseur Lépine, dans le service duquel nous avons pu suivre ce malade :