LA FRANCE MEDICALE
Un sait combien est marquée, chez certains rhumatisants, la disposition à perdre du sang par diverses voies, à avoir ^surtout des épjstaxis ou des éruptions pétéchiales ; ce n’est là qU’un état temporaire,' il faut le reconnaître, i tais qui n’est pas moins propre à faire considérer comme probab es les affinités morbides qui sont ici en question. “ .
. Ges anàlogies deviennent pins grandes encore si l’on tient compte de la fréquence extrême d ;s artb.ropathiea chez les hémophiliquqs. Très-diflérentes du i liumatisme articulaire aigu par l’absence âes phénomènes fébrl es et des troubles <fes fono^ tioné cutanées, ètlès se rapproche it beaucoup du rhumatisme . subaigu ou chronique. Elles peuvent occuper la pliipart des jointures, se généraliser même à tout» les articulations, ainsi que Grandidier dit l’avoir observé chei neuf' malades, sur un ensemble de cinquante familles; Ellia sont fugaces et moBîîës ou parfois persistantes et aecompagnép alors '■ d'Uûe tuméfaction articulaire qui pourrait faire croire U une tumeur blanche; Les douleurs, souvent lancinantes,. ontJpai fois un caractère beaucoup plus vague. Enfin, elles sont m'eillées ou exagérées par les influences. atmqçpljLériques (froidj.ejffliumidité), <1
La ressemblance es.t plus grandes core entre ces arthropathie9 ët celles dii scorbut ou du purpura.
Quant à la présence du sang dais les synoviales, elle a été supposée plutôt que démontrée fait est mis en doute par Grandidier, mais il aurait été vérifiï dans deux cas rapportés eü i 869; : dans , des thèses de Gottlngei et de Berlin (th. de Reinert èt d’Assinann). ma
Ce ne sont pas seulement les arthr ipathies, mais les hémorrhagies mêmes qui se reproduisant, soja l’influence du froid humide auxquels les hémophiliqües sont tj ‘s-sensibles (on les a comparés à des, hygromètres). C'est, au h intemps, età l’automne que les accidents reparaissent de préféré] ce.
L’hémophilie est, d’.une manière,,, énérale, beaucoup plus fréquente dqns.les, contrées, froides. ;d humides et en particulier dans certaines régiras de l’AUemagf e et de l’Amérique du Nord que, partout ailleurs. L’émigration Sers un climat meilleur peut faire disparaître la maladie. . .*] ' .
Indépendamment, de ces considérj'tions dont on ne saurait méconnaître la valeur, l’opinion, qjffl tend à constituer une affinité mçrbide . entre l’hémophilie, , et la diathèse rhumatismàle s’appuie sur un certain nombre' de laits bien étudiés: dans lesquels se manifestent ralternance/om’asspci&tion' des deux maladies ' soit chez le même sujet, soit parmi les membres d’une même famille. Le Traité de Wiokam Legg, publié en 1872, renferme quatre observations de ce géra*. Le rhumatisme constitué un intermédiaire naturel entre l’hAnophilie ét lès affections du cœur, mais c’est une question d'ê savoir si l’hémophilie ne peut pas être regardée comme la causé immédiate de complications qui portent sur les organes de la eireilation centrale ou périphérique, ou si même elle ne se rattqdffl pas à, des lésions anatomiques bien définies de ce système Les seuls troubles circulatoires qunse constatent fréquemment chez les saigneurs (bluters) sont lés'ralpit'ations, l'exagération en étendue et en intensité de l’impuÈîol cabdiaque, enfin des souffles vasculaires, phénomènes qul'tliuvent dans l’anémie leur interprétation.
Les données fournies par l’anatomie pathologique ne sont en aucune façon concordantes ; à côté Jautopsies négatives (Grandidier en rappelle trois qu’il a faitesljui-même), d’autres sigha- . lent l’hypertrophie du cCetlr; sa foime globuleuse analogue à' celle’ .du cœur fœtal, la minceur; dé1 la cloison interventriculaire de la paroi du ventricule droit, 1 îfartéfétion graisseuse dés' fibres, du myocarde, enfin, et c’est une des 'lésions le plus souvent signalées, l’amincissement des parois vasctilairés'.
L’hypertrophie gauche et la dilatation dés cavités "àroites constatées chez la malade du service sont manifestement secondaires à la lésion des valvules; les vaisseaux n’ont présenté ni anomalie, ni altération dans leur structure.
Il faut donc reconnaître qu’aucuns corrélation constante ne saurait être établie entre l’héthtfphilieîgt une lésion spéciale de l’appareil circulatoire.
"fréquemment sous l’influence des causes capables de provoquer, dans d’autres cas, les crises de nerfs; cela est surtout vrai pour l’hématidrose. Il n’y a, d’ailleurs^ que des analogies éloignais entre ces pertes de sang et celles qu’on voit, dès produire à l’occasion des plus -petites plaies et dqnt ]
• est tout à fait hors de proportion avec la cause qui h (jusqu’à 1 200 grammes en 24 heures, après une application^ sangsues, et, d’après une observation presque fabuleuse, jusqu’à 6 litres en 36 heures, à la suite de l’avulsion d'une dont).
Au lieu de rapporter la tendance hémorrhagique à, un trouble primitif du système nerveux, il serait sanj doute plus exact, dans le cas actiiel, de renverser, les termes et de subordonné)® l’hystérie à l’hémophilie et à l’état d’anémie qui en est le conséquence.
L’accès de dyspnée qui s’est produit dans les dernières J^eures de la vie se présentait avec un caractère extrêmement étrange et5 la cause en était difficile à déterminer avec quelque certitude.B C'était comme une soif d’air insatiable, un besoin d'in traduira J sans cesse de grandes quantités d’oxygène dans les poumons; lqfl respiration était accélérée, mais en même temps très-ample, ltifl poitrine se dilatait et l'air y pénétrait largement, mai» sans, i satisfaire à l’hématose. De temps en temps survenaient, sans’ , cause apparente, des paroxysmes d’angoisse pendant lesquels lal malade portait violemment les mains à sa poitrine.
On observe un état analogue dans certains cas de congestiôjM pulmonaire très-soudaine ettrès-étenduè, d’embolie pulmonairp^ oii de thrombose cardiaque ; l’hystérie enfin peut déterminer jdesfl crises de suffocation extrêmement pénibles et très-menaçantaM en apparence ; c’est à la pensée rassurante qu’il pouvait s’agir d’un trouble nerveux de ce genre qu’on aurait voulu pouvoir se 1 rattacher. Les premières interprétations n’étaient guère admis- 1 sibles avec l’état d’intégrité des poumons, l’absence de tout foyer périphérique qui pùt être le point do départ d’une embolie, •- 1 la régularité des battements du coeur, leur degré de fréquence 1 également éloigné d’une accélération ou d’un ralentissement I excessif, Une autre cause, toute-puissante sans donte, devait être 4 invoquée pour rendre compte des accidents qui menaçaient la vie I de la malade, c’était l’anémie oü plus . exactement l’insuffisance I des échanges respiratoires, l’anoxémie : le sang, dont les élé-1 ments globulaires étaient non-seulement diminués en nombre 1 mais pauvres en hémoglobine, n’absorbait plus l’oxygène en!
quantité suffisante pour entretenir l’hématose.
La thérapeutique se trouvait impuissante devant de semblable»’! accidents et devant la cause qui les avait fait naître. Si l’on pou- ‘J vait espérer des antispasmodiques ou des stimulants diffusibles! une action favorable sur l’élément hystérique qui contribuait! peut-être à donner à’ia crise une violence excessive; il était diffi- I cile, de découyir d’autres indications utiles. Par une dérivation ] un peu énergique, on se fût exposé à augmenter l’anémie céré-’l braie, et la transfusion ne semblait pas être tentée. Elfe suppose,! en effet, que les organes sont aptes à fonctionner et capables dé! recouvrer leur activité en présence de l’excitant 'physiologique! qui- leur manque; il faut,1 en outre, que cet excitant soit bien ! toléré ; . or, il était douteux que, dans les circonstances pré- 1 sentes, l’afflux momentané d’une petite quantité de sang pùt ! I fournir un secours suffisant ; il eût été peut-être dangereux lui! I mortel, carie système vasculaire des hémophiles est réglé, si l’on 1 peut ainsi dire, pour une petite masse de sang et tolère mal un J I excès relatif dans l’abondance du fluide' en circulation* 111
Rien ne pouvait donc Conjurer la terminaison fatale ; elle fat " I annoncée par une attaque épileptiforme, comme il s’en produit chez les animaux1 qu’on fait mourir d’iiémorrhagie. /
i occupe, .d’admettre
Convient-il, pour la jeune femme qui : I
un rapport plus étroit entre la tendance aux'hé^érahagîes'et l'hystérie ? Un certain nombre d’hysffeques peuvent être comparées aux hémophiliqües, en ce sens qu'elles ont comme manifestations de leur état nerveux des flud sanguins qui surviennent
Du Xanthélasma généralisé, par M. È. Chambaup.,
• "Interne des hôpitaux,
’ -Répétiteur à l’Ecole des Hautes-Etudes/
' ' (Corhnraniciitïon & la Société clinique de Prfris.)'
( Suite et fin) (1). | À
3° Fonctions génitales. — Depuis trois ou qpatre mois, le sens.géuital . jusqjuç-là très-actif est devenu beaucoup moins impérieux et' les érections ont presque entièrement cessé de se produire, bien que le malade ,soit depuis deux, mois,, déjà à, l’iiôpital.
(lj‘V. France médicale , ri0 1 .