ans
Au cours des infections, on peut distinguer deux types de diagrammes, la phase aiguë est caractérisée par une augmentation du fibrinogène, des alpha deux et gamma-globulines, avec diminution compensatrice de l'albumine. La phase chronique est moins caractéristique : si on constate la même augmentation des globulines, on constate également une prédominance des gammaglobulines dont le taux serait fonction de la réaction secondaire de la formation des anticorps, lors de l'infection l'augmentation des alpha deux globulines est précoce. Cette augmentation a pu être reliée à toute inflammation importante ou même à toute destruction cellulaire : c'est ainsi au'on la retrouve au cours de l'évolution des affections néoplasiques, peut-être un peu moins marquée, mais constante. Dans ce dernier cas, l'augmentation
des gamma-globulines n'est pas toujours démontrée.
Le chapitre de l'analyse des protéines au cours des lympho-
mes malins a largement bénéficié de l’'électrophorèse.
Doi
On ne trouve cependant dans la littérature que peu de documents sur les modifications des protéines sériques dans les réticulo et lympho-sarcomes. SHEDLOWSKkI (181), PETERMAN (150) et WUHRMANN, ont observé une hyperglobulinémie dans les Iympho-sarcomes. BROWN (33) et PETERMAN signalent une augmentation plus particulière des alpha I et Il et des gammaglobulines.
Dans les cas de lymphogranulomatose maligne, Lonc- WORTH (129) et LUETSCHER ont signalé une hypo-albuminémie et une hyperglobulinémie, avec des taux élevés en fibrinogène. RoOTTINO (164) a pu montrer qu'une certaine classification clinique était superposable à différents types de diagrammes, caractérisés par les variations des taux des globulines. PETERMAN et ses collaborateurs (150) ont confirmé ces recherches.
Dans les réticuloses, OLHAGEN (147) signale une hypoalbuminémie constante, avec parfois un taux particulièrement
élevé des beta ou des gamma-globulines.
Ces auteurs ont observé, ainsi que HEILMEYER (93), une gélification sérique, qu'ils ont reliée à une cryoglobulinémie, avec une fraction protéique inconnue entre les beta et les gamma-
globulines.
Dans deux cas de maladie de BRILL-SYMMERS, WUHRMANN a relevé une hyperbeta et gamma-globulinémie.
Les leucémies lymphoïdes chroniques étudiées par différents auteurs s'accompagneraient d'une augmentation globale des globulines. Les leucémies aleucémiques étant, pour WUHRMANN, caractérisées par une élévation très particulière des beta IT globulines. Les leucémies aiguës seraient de préférence caractérisées par une augmentation des alpha, gamma-globulines et du fibri-
nogène.
En conclusion :
Le diagramme d'électrophorèse des protéines sériques des patients atteints de tumeurs malignes du système lymphatique
PRE IET
est caractérisé par une forte teneur en gamma-globulines, dont le taux dépasse de beaucoup celui même des hypergammaglobulinémies statistiquement observées dans les cas des différents néoplasmes. Par ailleurs, il semble bien acquis que l'augmentation des alpha globulines soit à mettre en parallèle avec le
degré d'évolutivité de la tumeur. \
c) Les polyholosides
Les études de SEIBERT et ATNO en 1946 (176) sur les polysaccharides sériques, ont remis à l'honneur une série de composés dont l'étude a été ébauchée en 1855. En effet, FIGuIER (67), isola à partir du sang un liquide qui, mis en présence de levure de bière, donne des signes de fermentation. LEHMANN (121) émet alors l'hypothèse d'un « sucre combiné » du sang, par opposition aux glucides libres. La question fut reprise par LÉPINE (122), qui donna à ce complexe glucidique le nom de « sucre virtuel », puis par BIERRY et RATHERY (23). En 1938, HEwITT (95), réussit à isoler un polyholoside dont le schéma est indiqué par le rapport :
Nacétyl-glucosamine 1
Galactose-monnose 2
Le taux normal serait de 1,50 gramme par litre de sérum. C'est la valeur adoptée par VERNES ef ses collaborateurs (192), qui ont mis au point un dosage des « corps réducteurs dissimulés » : dans le cas de néoplasmes, il y a augmentation de cette fraction polyholosidique jusqu'à 3,5 gr. et plus. Cette fraction glucidique serait responsable de la réaction de floculation par l'acétate de
Cu, également mise au point dans le laboratoire de VERNES (193, 194).
Le chiffre normal de 0,8 à 1,3 gramme par litre en polysaccharides totaux est également retenu par SEIBERT ef ATNO qui rappellent les recherches d'EVERETT (64), Lusric (133),
Nizsson (146) ef proposent successivement deux méthodes : l'une au carbazole, l'autre au tryptophane. SEIBERT et ses collaborateurs ont recherché la répartition des polysaccharides dans les albumines et les globulines et en montrant la richesse des alpha II globulines en polysaccharides, ont souligné l'intérêt clinique d'un tel dosage.