Les processus tumoraux monomorphes
a) LES RETICULOSARCOMES GANGLIONNAIRES : ou lymphosarcomes à cellules réticulées. Ce sont des affections rares, développées aux dépens des cellules du système réticulo-endothélial ganglionnaire caractérisées par une tuméfaction ganglionnaire isolée, étendue à un groupe ou une chaîne ganglionnaire, ou
encore généralisée.
OBERLING les divise en deux groupes :
— Les réticulosarcomes indifférenciés : Très rares au niveau des ganglions. Plus fréquents au niveau du tissu conjonctif jeune (au niveau des os, ils constituent le sarcome d'Ewing).
% Ils se développent aux dépens de cellules très jeunes, sans aucune fibre de réticuline (BEssis, 21).
— Les réticulosarcomes différenciés : développés aux dépens de cellules réticulo-endothéliales différenciées, contenant un réseau de réticuline (au niveau des os, ils réalisent le sarcome de PARKER et JACKSON).
De plus, dans les ganglions, des tumeurs malignes peuvent se développer aux dépens des histioblastes et des histiocytes.
Ce sont: les réticulo-histiosarcomes, les hémocytoblastosarcomes (très rares).
Enfin, l'association d'un processus tumoral (réticulo-sarcome ou lymphosarcome) et du passage d'éléments immatures dans le
sang, constituant un processus leucémique, réalise la leucosarcomatose de Sternberg.
b) LES LYMPHO-SARCOMES sont des tumeurs malignes dues à la prolifération des cellules de la lignée lymphoïde.
LU ae
Suivant le degré de différenciation de ces cellules, on distingue d'après SABRAZÈS (166) :
1 - Les sarcomes prolymphoblastiques (de Sabrazès). — Tumeurs à cellules très jeunes, nucléolées, qu'on peut rapporter au lymphoblaste et à l'hémocytoblaste. On peut les appeler alors, et c'est la tendance actuelle des hémocytoblasto-lymphoblasto-sarcomes.
2 - Les sarcomes lymphoblastiques ou lymphoblasto-sarcomes sont les plus fréquents parmi les Ilympho-sarcomes. On trouve des lymphoblastes en grande quantité, et des lymphocytes moins nombreux.
3 - Les sarcomes lymphocytiques ou lymphocyto-sarcomes sont constitués essentiellement par des lymphocytes. Ils
sont très rares.
Tous les lympho-sarcomes ont un tableau clinique identique. Au début, l'affection est localisée, le malade présente une adénopathie isolée au niveau d'un territoire ganglionnaire. Intérêt de l'étude de l'adénogramme : KR. de GRaAILLY, MESNARD, BiRrA- BEN (82). Puis l'affection s'étend régionalement et se généralise (Iymphosarcomatose de KuNDRAT, 114). On peut assister à des troubles de compression variés, particulièrement marqués lorsqu'il s'agit d'adénopathies médiastinales, car ces adénopathies prennent souvent un volume important.
On peut voir également des localisations au niveau des amygdales, du tractus digestif, de la rate. AUBERTIN (7), CoRDIER et CRoIzAT (49), de la peau (lymphosarcome cutané). L'évolution se fait par poussées vers la mort inévitable, sans autres signes que ceux due à l'altération de l'état général ou à des compres-
sions mécaniques.
c) LES LEUCEMIES LYMPHOIDES : Il est actuellement impossible de dissocier les leucémies lymphoïdes du lymphome malin. On pense que le fait dominant de la leucémie est le passage dans
le sang de cellules immatures. Or, des ponctions sternales faites
OS
chez les malades porteurs de lymphosarcomes ont révélé dans 40 % des cas, une production de lymphocytes anormaux, rappelant ceux que l’on voit dans les leucémies lymphoïdes. Il s’agirait alors de cryptoleucosarcomatose lymphoïde. R. de GRAILLY, LACHAPÈLE, BIRABEN (86). Ensuite apparaît une décharge lymphocytaire dans le sang, et alors est réalisée la leucémie lymphoïde classique, caractérisée par l'atteinte sanguine associée à l'atteinte ganglionnaire : la formule sanguine comporte des lymphocytes, mais en grande quantité, et des lymphoblastes, le chiffre des globules blancs atteint 300 et 400.000. Lorsque la leucémie s'aggrave et devient aiguë, les hémocytoblastes apparaissent dans le sang circulant, et ceci est du plus fâcheux pronostic.
Enfin, dans les leucémies aiguës d'emblée, on trouve des hémocytoblastes dans le sang.
L'évolution fatale de ces leucémies est bien connue. Anatomiquement, histologiquement, les ganglions de leucémie lymphoïde sont semblables à ceux des lymphosarcomes. (HUGUENIN, DELA- RUE, SARACINO, AUBERTIN, 6).
Enfin, l'analyse anatomo-pathologique des leucémides cutanées, montre une structure semblable à celle des ganglions (Voir séance spéciale de la Société de Dermatologie de Strasbourg, 9 mai 1937). Il est intéressant de noter qu'on a signalé des leucémides dont la structure a été vérifiée histologiquement au cours de cryptoleucosarcomatoses lymphoïdes : SEZARY (179,180), SPILLMANN (184), R. de GRraiLLy (87), LACHAPÈLE (118), BIRABEN et LOUBET (24).
Les leucémies lymphoïdes entrent donc dans le cadre du lymphome malin.