J. — COMPRESSION ET LIGATURE DE L'ARTÈRE FÉMORALE
La compression de l'artère fémorale au pli de l’aine a été employée par une foule de chirurgiens, comme moyen adjuvant, dans la désar-
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ticulation de la hanche. Il semble, au premier abord, que les mouvements qu’on est obligé d'imprimer au membre dans le cours de l’opération doivent rendre cette compression illusoire. Et, en effet, sauf peut-être chez les enfants, dans la plupart des cas où on l’a employée, qu’on ait eu recours à un tourniquet ou à la main d’un aide exercé, ce qui est infiniment préférable, elle s’est montrée d’une inefficacité absolue. Aussi Volher, Puthod, Larrey, Delpech, A. Cooper, Blandin, Velpeau, Roux, conseillèrent-ils d’avoir recours à la ligature préalable de cette artère. Malgré lesattaques d’Abernethy, Guthrie, Dupuytren, Langenbeck, qui s’élevêrent contre cette pratique, sous prétexte qu’elle expose à la gangrène du lambeau sans empêcher l’hémorrhagie, la ligature préalable des vaisseaux fémoraux paraît aujourd’hui en faveur auprès des chirurgiens. M. Verneuil y a recours, et M. Farabeuf (1) pense que, pour la sécurité de l’opéré et la tranquillité de l’opérateur, il est bon d’adopter cette ligne de conduite. Il est vrai que M. Verneuil accuse la compression d’un autre méfait ;, d’après cet auteur, elle exposerait à la phlébite de la veine fémorale, qui est fatalement comprimée en même temps que l'artère; si cet accident était aussi fréquent que le prétend le chirurgien de la Pitié, cette raison suffirait pour faire rejeter ce moyen d’hémostase.
Pour être de quelque efficacité, la ligature de l’artère fémorale doit porter au-dessus de l’origine de la fémorale profonde, qui naît quelquefois très-haut ; car, comme le fait remarquer Farabeuf, si les anatomistes ont raison de dire que la bifurcation de l’artère crurale se fait à quatre travers de doigt au-dessous de Parcade, les chirurgiens devraient oublier ce rapport et admettre que cette bifurcation se fait plutôt à un travers de doigt au-dessous de cette arcade.
En même temps que l’artère, on doit lier la veine fémorale, qui donnerait lieu à un abondant écoulement de sang, en raison de l’insuffisance des valvules.
Au reste, qu’on ait recours à la compression ou à la ligature, il ne
(1) Bulletin de la Société de chrurgre, 1878.