APERÇU HISTORIQUE
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De tout temps on s'est préoccupé d'arrêter le plus vite et le plus sûrement l'hémorrhagie dans le cours d'une opération pu à la suite d'un accident traumatique, etc., parce que la
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caulérisation préalable, inaugurée par Paré ', puis tombée coinplétement dans l'oubli, que Desault eut le mérite de faire rétablir en France par ses conseils, vers la fm du dernier siècle^ alors qu'elle était recommandée et admise en Allemagne' telle qu'on la pratique de nos jours, à l'aide de liens constricteurs quelconques, depuis les rubans et les fils végétaux ordinaires, la soie, les fils métalliques, jusqu'aux liens fabriqués avec des lanières de peau, des intestins de divers animaux, le catgut pbéniqué, etc., — les modiiications chimiques, physiques, mécaniques des extrémités des vaisseaux divisés, telles que la cautérisation par des. substances, caus-
1. A. Paré a conaeiJIé, dans les ampulatious, de recourir ï la ligalare direcUment, imoiédialemetit après l'opération, et non pas seulement après !a caulérisation au fer rougs, au cas où l'hémorrliagie ne pouvait pas être arrêtée.
— «Qu'il soit vray, on ne voit oucques de aix ainsi cruellement traictez par les cantérei taat actuels que poteatiels, escliipper deux, encores estoient-ils longtemps malades, et mal aisément eatoieut les playes ainsi brualées menées à cocsolidalion. Farce le conseille au ieune chirurgien de laisser telle cruauté et inhumanité pour plustost suivre cette mienne fa(on de practiquer, de laquelle il a pieu i Dieu m'adviser, sans que iamais l'eusse vea faire i aucun, oûf dire, ny leu, sinon en Galien, au 5. hvre de sa méthode, où il eacrit qu'il bat lier les vaisseaux vers les racines, qui sont le foye et le cœar, pour estancber le grand fiai de sang,»,— A. Paré, Œuvres, Lyon, 1633, p. 361.
Cependant le procédé de ligature de Paré n'était pas celui de ta ligature immédiate dans le sens restreint et moderne qui consiste à ne lier que les vaisseaux eui-mémes et qui ne date guère que de la Sn du dix-huitième stëele.
— «Le sang escoulé en quantité suffisante (prenant toujours indication des Torces du malade) il faut promptement lier les grasses veines et artères si ferme qu'elles ne fluent plus. Ce qui se ten en prenant lesdils vaisseaux avec tels instruments, nommés beca de corbin. De ces instruments raal pinser lesdïts vaisseaux les tirant et amenant bors de la chair. Ce faisant il ne le faut estre trop curieux de ne pinser seulement que lesdits vaisseaux, ponrce qu'il n'y a danger de prendre avec eux quelque portion de la chair des muscles, ou autres parties : car de ce ne peut advenir aucun accident. Ainsi tirez on les doit bien lier avec un bon SI qui soit en double.' — làid., p. 360.
2. Desault, Œuvrei diirurglci^es. Paiis , 1801, 1. 1, p. 16, dans l'éloge de Desault par Bicbat.
3. Hetzger, Bandlmch der ChàrvrgU. léna, 1791, p. 67. — «La ligature doit comprendre seulement le vaisseau, non en même temps les tissus voisins.)
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tiques, par le fer rouge, etc., la cautérisation galvanique, la torsion et le refoulement des artères d'Amussat, la perpUcalion des artères de M. Stilling, l'arrachement et la mâchtire des vaisseaux, l'action de la glace, la position élevée, etc.
Un grand nombre de ces moyens bémostatiques sont entièrement tombés dans l'oubli, parfois après avoir eu une vogue épbémère; les autres, presque tous en général, ne peuvent être employés d'une manière courante, soit en raison de la difficulté ou des lenteurs de leur exécution, soit en raison des accidents qui les accompagnent, de leurs inconvénients, ou de leur inefficacité relative. D'ailleurs, dans ces derniers temps, pour l'hémostase définitive, on n'a guère conservé que la Ugature immédiate des vaisseaux, précédée parfois d'une bémostase temporaire par l'application de pinces compressives. La cautérisation au fer rouge et au tbermocautère, la galvanocaustique, l'acupressure, la torsion, le tamponnement, etc., en raison de leurs [inconvénients, ne peuvent être employés que dans certaines circonstances.
Avant l'emploi babituel de la ligature, qui ne date guère que de la un du dix-buitiëme siècle, les procédés de la chirurgie, pour arrêter la perte de sang à la suite des opérations, ne le cédaient en rien aux pratiques les plus barbares de la torture. C'est ainsi que la section des tissus avait lieu le plus souvent avec des cautères en forme de couteaux massifs, ou cautères cultellaires, chauffés au rouge, suivant les préceptes des chirurgiens arabes, que Fabrice de llilden recommandait encore au commencement du dix-seplième siècle'; les surfaces
1. Fabrice de Hilden, Opéra, Fraocfort, 1646, p. 812. 'Ad impedtendam hsemorrhagiam dteintrgi caulerium cultellare exoogitarunt, guo et ego muîtoWej maxlmo cum fnictu xgrotis mus sum : quando guidem inddendo carnem usque ad os, vmai quogue et arlerlas simtU cambwendo corrugat. Porro excellenliam hifjus cauterii non saUs extoltere posium.'
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saignantes étaient cautérisées au Ter ronge ', à l'huile bouillante, avec de la poix fondue , etc.
Les anciens chirurgiei^s, du reste, connaissaient l'usage de la ligature dés les premiers siècles de l'ère chrétienne, du temps de Celse, de Paul d'Égine, d'Aetius, etc., dont les Arahes conservèrent les traditions'. Dans les blessures ordinaires, on avait d'abord recours au tamponnement, A la compression, h la ligature, aux astringents, aux slyptiques, etc., puis en deniier lieu au cautère actuel'. Mais, dans les am-
1. Fabrice de Hilden, Opéra. Francfort, 164fi, p. 813. •Quodsiprxterspem atqtie opinitmem, etiamsi cutis et earo eauUrio aeiuali absclssa: fuerinl , tanguis, uti sxptaaimn aecidll, profluxerit, proUaut eauterUs sphasrtcls tittendu*, tandemqut as itirâ abscindendum est, imprimis ti xger exlenuattu ae debiUsfuerit.
• AHi tiitieo Cantum modo cauterio eoque adeo lato, vl tolutn tninaim obt&gere postit utwitur, eoque vasa omnia venarum et arteriarum corrugare (enfant ; vervm tncerla, ne dicam In^ta est operalio. Venss enim simul et arlerix eum primun abseiMœ fueriat, sursum retrahitnlur, tla ut cavtefium illud latum illas, propter eminentiam otsis altingere tumpos*il. faterim cutU propter vehemeniiam IgtUi combviilur et conlratutiir, curatlonevt~ qii» dtffldUorem, ae cieairlcem imàecillem reddit. >
3. Quy de GhaalUc, Chirurgia magna, p. 14S. Lyon, ISSS. — «Quartui modtu gui fil per Ugaturam est magis conoeniens artertis qux inprofundo tunt.EtJUkoemodosecundvmAvicennam, i. 4, f. 4, tr. 3, c. 17. Hxcorietur arterla, et unco Irahatur, etjilo serico Involvatur et tigetur fortiter.'
'ï»gmH,De(Mfvrgieainititvaonelibnquinque.\,^oTi, 1567, p. 265. — tQuartus modus supprimenda^ pro/uêionis sangvlnk giti fit /uateulo vasi latigutnem fundenli cfreumposito, conpetit prœserttn arteriis , qiue in peititioribut dellteseunt. Ilaque si aléa attxilia pToJluvio vinamtw, arierix nudandx lunt, ut Avicenna prmcepit, et hamo apprehensx, tnox vinmio graeili, tttfih serico, exeipiendx, aefortiter stritigendx jun(.>
3. Celse, De Medicina, liber quintus, fol. LV. Lyon, UI6. ~ • Sicds UnamenUs vtUnus implendum est stipraque Imponenda spongia e» aqua frigida expressa ae manu super comprimenda. Quodsirodentia, adurerttiaquemedicamentaproffttviovlncunt, venx qux sanguinem /andunt a^prehendende ctrca Id guod ietum est, duoàus iocis dellgende, intercidende qw sunt ut tvm in se ipse eoeant et nlhilomlnus ora prxclusa ha/ieant. VH ne id quidem res palitur possvnt ferro eandenti adurl.t
EoWer, De materta chirwgiea. Paris, 15S2, c. XIII. — 'Àliquando vero ubi in superficiem vasa exponuntw, digilus impressus kxviorrkagiam sistit,
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putalions des membres, la ligature n'a été employée avant A. Paré et même postérieurement qne dans les circonstances OÙ le fer rouge avait été impuissant à arrêter l'hémorrhagie : on recourait alors soit à la ligature médiate, en circonscrivant ik l'aide d'une aiguille munie d'un ûl les tissus dont le sang continuait à jaillir, soit à la ligature directe du vaisseau préalablement dénudé*.
Les pinces k ligature dont on se servait primitivement, vers la fin du seizième siècle, du temps d'Âmbroise Paré, avaient des formes massives et grossières qui rendaient les manœuvres extrêmement longues et difficiles*. Par suite, la cautérisation au fer ronge, plus rapide dans son action, continua encore longtemps à être employée de préférence à la ligature.
Les progrès de la chirurgie da^s le courant de ce siècle, le pcrfeclionnement des instruments, l'anesthésie du patient, la simpUricalion de l'hémostase, permettent de nos jours d'entreprendre les opérations qui paraiss»ent jadis les plus inabordables et les plus cruelles.
CMicfti jniMO. Quar si im pnj/iiiirfo talent, née facile digtto etMlingHiiliir, hamo prehrtidere, ItTùM inbtr^err tt taqueo infereipere opm-let. AimiiiiiiifiHim nhetla capta mhiMqMe famevlo Ulagueantur et média prxciduHivr ut extrrma in le remlta toeanl. Jd rem m Mq>art&iu tosii non caret ptrienla. De^eratit aSis etixitîis, ad lg»em etcaitteria rnwradim.*
I. J«u) Ae V^. Praettea tn arte dUna^ita oopioM. Ljdd, lâI6, De ciûntrAut, L. IFI. fol. LXV. ^ tModus aulem BgaUonis «tram frenarum el arleriammj aHoquim fficihiT htlromnieiulo acum nb tenam, detitper jitum jfrûjfMrfe Cmm /acHitate, omI Hçemt rcnow ipseai cceoriaiido décide to s»^ttitri ca^te eamJUo opUmt stringalo.'
:. Fibnce de BDdtn. Qpfro. Frurfort, 1646. p. S14. *âd Uganda tnim Tttsm, iMVM poil alltrum \tûû dietrurjui manu pivmplisàwnu fterit) Irmpiu ivfwnAr: «/ qt^ Mn^t* inlaim pnjtmt, ac deperditar, m» ■iri M pleUtaritit rt ntm tl ia n bns tentanda est.%
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