‹ De l'hémostase définitive par compression excessiveChapitre 3 sur 19 · DE L'HÉMOSTASE A L'AIDE DE PINCES MULTIPLES · texte numérisé non relu

DE L'HÉMOSTASE A L'AIDE DE PINCES MULTIPLES

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Dans le cours d'une opéralioo une perte considérable de sang est loujours préjudiciable à l'opéré; les plus graves dangers peuvent en résulter. Il importe, par conséquent, d'arrêter l'bémorrbagie le plus vite possible, d'autant plus que l'écoulement de sang, en masquant les tissus, empêche parfois le chirurgien de continuer promptement l'acte opératoire.

Les ligatures peuvent toujours remédier au plus pressé, surtout lorsqu'un petit nombre de vaisseaux a été intéressé; mais il n'en est plus de même dans les opérations très-compliquées, où la perte de sang peut devenir tellement grave que le patient paie de sa vie la témérité du chirurgien.

D'autre part, les ligatures en trop grand nombre prolongent considérablement les opérations; les iils deviennent alors très-gênants dans les plaies et donnent lieu à des complications ultérieures : il est donc avantageux d'en avoir le moins possible.

La perfection consisterait à pouvoir arrêter le sang rapidement sans ligature, sans corps étranger et sans modification organique, qui seraient contraires à la réunion immédiate. Ce résultat n'étant pas aisé à atteindre avec des garanties suffisantes de sécurité, on s'est ingénié à tourner d'abord la difficulté. Comme il n'est pas possible de poser les ligatures avec assez de célérité, on a eu l'idée de comprimer provisoirement les vaisseaux divisés, soit à distance, sur leur parcours, soit directement avec des éponges, avec les doigts, avec des pinces quelconques. Les pinces de l'ancien arsenal

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chirurgical se prêtaient difiScilemeQt à cet usage. On a cherché à les rendre plus pratiques.

Dès 1830, V. Grxfe ûl usage pour l'hémostase temporaire de petites pincettes compressÏTes.

•Qnuiâ on vent s'en serrir, il faut, sniTsnt l'importance de l'opëralian, en avoir nn certain nombre, nne domaine an besoin. Dès qu'un vaisseau a été ditisé, an aide ou le chirurgien lui-même prend une de ces pincettes entre le pouce et l'index et en écarte les branches par une pression sur le bouton dont elles sont munies, puis il l'applique sur l'endroit qui saigne eu écartant les doigts. La pincette comprime ainsi suTOsamment le vaisseau et y demeure flxËe. L'hémorrhagie est arrêtée et n'entrave plus le cours de l'opération. Si l'on procède ensuite à la ligature des vaisseaux, on détache les pincettes l'une après l'autre en écartant les branches par la pression des doigts. Certains vaisseaux assez petits cessent de fournir du sang par l'cfTet de la simple application des pincettes; les autres se reconnaissent au Jet de sang qui s'en échappe dés qu'on enlève les pincettes et on procède à la ligature suivant les règles de l'art'. •

Les pincettes de v. Gnefe avaient environ A centimèlres et demi de longueur; leur extrémité était plate, arrondie, courbée sur le bord; leurs mors étaient hérissés de dents â la ma- DÏére des râpes. Elles se maintenaient fermées par l'élasticité de leurs branches que l'on écartait par une simple pression ô l'aide d'un mécanisme compliqué avant de les appliquer sur les parties saignantes.

Les pincettes de v. Grœfe ne furent guère employées en France, où une vingtaine 'd'années plus lard, vers 1848, un progrès important fut réalisé par l'application des serre-fines de Vidal aux opérations chirurgicales. Ces petits instruments, en forme de petites pincettes croisées, à branches élastiques munies de griffes, comme les serres des oiseaux de proie, avaient beaucoup d'analogie avec les pincettes de v. Grœfe et les pinces

l. Journal der Chirurgie de v. Ûrjefe et Walther. Berlin, 1831, t. XVll, p. 161. — àngelstein, Veber Compressivpincttten vndlhren Gebravdi ùehv/i vorlavfiger BlutiiUlang.

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- IS croisées à pression continae de Charrière. Vidal a d'aborif introduit les serre-fines dans la pratique de la chïrui^ie pour suppléer aux doigts des aides et remplacer les sutures dans certains cas '. Plus lard, le même chirurgien a conseillé d'utiliser les serre-Ones dans le cours d'une opération pour l'hémostase temporaire, en les plaçant sur chaque artère qui donnait du sang et de pincer ainsi préalablement avant de lier les bouts des artères divisées.

En 1860, M. Ancelet a proposé l'emploi des serre-fines pour l'hémostase définitive', après avoir laissé ces instruments en place pendant 7 jours dans un cas d'amputation de la main. Les inconvénients de ce procédé n'ont pu le faire entrer dans la pratique, quoique H. Porter, en 1863, ait recommandé également de laisser les serre-fines à demeure au fond de la plaie dans les amputations, en ayant soin de fixer ces pinces à un fil, afin de pouvoir les retirer lorsqu'elles se sont détachées spontanément*.

Les serre-fines, par suite de leur petitesse, étaient d'un maniement parfois difficile; elles se détachaient facilement des tissus par suite de la faiblesse de leur ressort. On remédia à ces inconvénients en renforçant les branches, ainsi que leur ressort et leur grandeur. Ces nouvelles pinces prirent le nom de serre-fortes. Elles ont d'abord été febriquées par M. Luer, de Paris, d'après les indications de M. Hounaut, à l'imitation de l'ancien modèle des serre-fines de Vidal, mais avec des mors plats, assez larges, comme les pincettes de V. Grœfe, et finement taillées transversalement à la manière d'une lime. M. le professeur Sédillot fiiisail souvent

1. Vidal, Trailé de pathologie exfeme. Paris, 1B5I, tl, p. 71 et ISS.

Z. Aneelet, Note tw un nouveau moyen tfèvKer la ligature de* i dans les amputations. Paris, IS60.

S-Dublin guarterlg JourwU of médical science , t. LXXII, p. 268.— Porter, Conlribulfoni on operative surgery.

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usage de ces pinces dans le cours de ses opérations, pour pratiquer rhémostase temporaire, surtout dans les cas d'ablation du sein, etc. L'opération terminée, on jetait une ligature sur tous les vaisseaux qui saignaient encore après avoir retiré les pinces. C'est par la pratique de mon vénéré maître, M. Sédittot, que j'ai connu d'abord l'usage de ces pinces dont je me suis servi dès 1862. Les pinces, que je fis fabriquer alors pai- M. Ëlser, avaient des mors peu larges, pareils à ceux des pinces à dissection, afin d'obtenir plus de précision dans le pincement. Ces pinces avaient encore de graves imperfections dans la pratique de la gastrotomie : le pincement en était insufOsant; elles se détachaient ou se laissaient arracher facilement; il fallait les maintenir à l'aide d'un ûl passé à travers leur partie terminale pour ne pas s'exposer, en raison de leur petitesse, à les perdre ou à les égarer dans la cavité péritonéale au milieu des intestins; il était difficile de les manier avec les doigts humides et deles appliquer avec précision, parce qu'elles étaient trop courtes.

M. Nunneley' proposa en 1867 d'employer des petites pinces à ressort et des pinces à coulisse d'une grandeur et d'une force variables, devant rester en place pendant 12 à 24 heures pour les petites artères et 24 à 48 heures, ou plus, pour les grosses artères.

Les instruments analogues, tels que la canule-pince de M. Wolfe', l'acupresseur artériel de M. Taylor', la presseartère tubulaire de M. Richardson', etc., présentent tous des uiconvénients qui n'ont pas permis de les faire passer dans la pratique ctiuranle.

l.Sntiih med. Joum., 1867, p. 310. — J. Nnimelej, On a clostng bleeding blood-vessett by moveable forceps.

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