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cas, est une maladie intercurrente, et ses symptômes sont masqués au début par ceux de la fièvre palustre, de la diarrhée ou de la dysenterie.
Quand elle est franche et régulière, elle se présente avec le cortège de symptômes suivant : douleur, ictère, augmentation de volume, anxiété respiratoire, symptômes digestifs, fièvre.
Une douleur sourde au niveau du foie s’observe 85 fois sur 100 ; elle s’irradie en ceinture autour de l’hypochondre droit, plus souvent vers l’épaule droite, parfois vers le pli de l’aine et de la face antérieure de la cuisse. (B. Féraud.)
D'après Dujardin-Baumetz, une vive scapulalgie indique l’inflammation de la surface convexe du foie. I’intensité de la douleur hépatique est en rapport avec le siège de l'abcès. Elle sera d'autant plus grande que celui-ci sera plus superficiel.
L’ictère est exceptionnel et déterminé par l’obstraction mécanique des voies biliaires.
73 fois sur 100, le volume du foie est augmenté. Pour cette mensuration, la percussion est plus fidèle que la palpation., qui donne souvent des résultats défectueux à cause de la contraction des muscles droits.
Gênée— par la tuméfaction hépatique, le point de côté, la roideur des muscles droits, le grand volume de l’abcès, la péritonite adhésive, la compression exercée par le foie sur le diaphragme et le poumon — la respiration, pour employer l'expression de B. Féraud, est courte, comme bridée. Quant aux bruits respiratoires, ils ne sont pas modifiés, sauf vers la fin si l’abcès se vide dans la poitrine. Ce. chemin suivi par le pus est indiqué par du hoquet, une toux sèche qui vient s'ajouter à l'anxiété prégastrique.
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L'intésgrité des fonctions stomacales est presque cons tante. Chez quelques malades cependant, on rencontre de l'embarras gastrique, des vomissements et même un état bilieux. La diarrhée, soit bilieuse, soit dysentérique, est la règle.
Le décubitus dorsal est à peu près impossible. Le malade se couche sur le côté droit, le corps courbé en arc, afin de relâcher les muscles. |
Dans certains cas, la fièvre n’existe pas au début et n'apparait qu'au moment de la suppuration. La température s'élève rarement au-dessus de 395. (Nielly.)
Parfois l’hépatite s’installe sournoisement au milieu d'accès intermittents ou rémittents existant déjà depuis longtemps, qui détournent l'attention du médecin en lui faisant croire à une simple intoxication paludéenne. La . formation du pus détermine habituellement quelques frissons erratiques.
Les forces sont parfois respectées ; mais on observe plus fréquemment de la prostration, de l’amaigrissement, qui sont plutôt le fait de l’anémie palustre ou dysentérique que véritablement dus à l’évolution de l’hépatite.
Marche. — Tantôt la maladie suit une marche continue régulière ; c’est l’hépatite franche aiguë.
Les phénomènes aigus peuvent disparaître sans amélioration de l'état général ; au bout de trois jours l’abcès sera formé.
La suppuration s’annonce aussi par l’ageravation des symptômes, des exacerbations fébriles, des phénomènes typhoïdes. Cet état est parfois si insidieux que la véritable maladie n’est reconnue qu’à l’autopsie.
Tantôt, à la suite de phénomènes aigus, la Canale cence reste indécise, la peau chaude et sèche, avec un petit
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mouvement fébrile le soir, le grand volume du foie, de Pamaigrissement, une teinte terreuse; c’est l'hépatite chronique. Il y a lieu de craindre l'existence d’un abcès.
Quand l’abcès proémine du côté de la paroi abdominothoracique, il forme une tumeur fluctuante plus ou moins considérable, tendue, lisse, entourée d’un cercle d'induration et augmentant inégalement le volume de la glande. Cette tumeur siège d’ordinaire au-dessous du rebord des fausses côtes, rarement entre les espaces intercostaux.
Les signes de la suppuration ne sont pas toujours aussi évidents. L'existence d’un abcès du foie ne se décèle dans
.maintes circonstances que par la vascularisation souscutanée, l’œdème, la voussure de la région hépatique, quelquefois par l’effacement des espaces intercostaux ou lexagération de la courbure des côtes.
Des vomissements, des selles purulentes, sont la conséquence de l'élimination du pus par l’estomac et le gros intestin.
L’invasion du pus dans la poitrine sera souvent précédée de hoquet. S'il pénètre dans la plèvre, l’inflammation de cette séreuse sera bientôt reconnue à ses signes particuliers. Si le flot purulent fait irruption dans le tissu du poumon, il y déterminera l’explosion d’une pneumonie suppurative aisément reconnue. Enfin, s’il peut atteindre un rameau bronchique, il sera éliminé par la toux et l’expectoration ; les crachats deviendront purulents et fétides. Le contact du pus avec l'arrière-gorge fait naître une toux suffocante et des efforts de vomissements.
T'erminaison. — La guérison, pour être complète, exige des mois, et même des années, pendant lesquelles le malade reste faible, amaigri, dyspeptique. L’hépatite se termine souvent par la mort. 9 fois sur 10, la dysen-
An Que terie complique l'hépatite, ou plutôt l'hépatite complique la dysenterie qui reconnaît pour origine le paludisme. Les chiffres d'hépatite et de dysenterie se suivent dans leur marche ascendante ou descendante.
Les fièvres palustres, quel que soit leur type, intermittent, rémittent, à frissons erratiques, viennent aussi compliquer la marche de l’hépatite.
ÆEtiologie. — Sur 143 cas d'hépatite, l’affection a débuté 80 fois par la dysenterie, 14 fois par de l’embarras . gastrique et de la diarrhée, 5 fois par de la fièvre intermittente.
Règle générale, l'hépatite est la conséquence de la dysenterie. Ces deux affections reconnaissent pour communes causes les écarts de régime, l’action du miasme paludéen et les refroidissements.
CRAPITRE II
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Observation Première
Abcès du foie.— Début : dysenterie. — Ponction avec appareil Potain
Debost (Philibert), âgé de 24 ans, soldat d’artillerie de marine, revenant de Tourane (Tonkin), comme convalescent de dysenterie chronique dont il est atteint depuis le mois de novembre 1886, entre à l'hôpital de Saint-Mandrier le 21 mars 1887.
23. — Selles dysentériques. Température prise le soir à 4 heures, 38°3.