‹ De L'Hérédité Dans La Luxation Congénitale De La HancheChapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

“ Dans les sciences biologiques, il existe deux méthodes d'étude assez différentes l’une de l’autre : la première consiste dans l’observation pure et simple des faits qui tombent sous nos sens: la deuxième comprend la recherche des lois générales auxquelles sont soumis les faits observés “. (DÉJERINE.)

Suivant le moment, l’une ou l’autre de ces méthodes a plus ou moins prédominé dans l'étude de la médecine, mais elles ne sont pas exclusives l’une de l’autre, elles doivent se compléter mutuellement et la méthode d'observation, qui est la base fondamentale de toute science, avec laquelle on constate et accumule des faits, aurait été peu féconde en résultats si l'on n'avait pas cherché à relier ces faits disparates par les lois générales, constantes, qui régissent toutes les manifestations vitales.

L'étude d'une lésion ne doit pas être purement objective, il faut aussi rechercher les causes qui l'ont engendrée, quelles relations elle peut affecter avec une lésion voisine et, ce qui fait que la médecine est une science particulière, spéciale, ayant en propre pour base des faits que n’expliquent les lois d'aucune science physique ou chimique, comme le disait Hip- POCRATE, c'est que c'est dans des dispositions le plus

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souvent héréditaires que l’on trouve la cause, la raison d'être de ces faits pathologiques.

Dans l'étude des malformations congénitales, aussi bien que dans celle des diathèses, on peut se rendre compte du rôle immense que joue la grande loi de l'hérédité, loi fatale contre laquelle, jusqu'à un certain point, nous ne pouvons nous défendre.

La luxation congénitale de la hanche a été le sujet de nombreux travaux dont on ne peut trouver le début sans remonter, pour ainsi dire, aux origines mêmes de la médecine, et de très nombreux auteurs ont cité des observations où cette lésion présentait un caractère nettement héréditaire. Ce chapitre, que le siècle dernier a tellement enrichi qu'il est à l'heure actuelle un des plus complets de Ia pathologie, renferme encore quelques points obscurs et l’étiologie de cette difformité est encore fort discutée.

Lorsqu'on se trouve en présence d’un enfant àgé de deux ans ou de deux ans et demi, qui présente une luxation de la hanche, on a tendance à poser le diagnostic de luxation congénitale, si toutefois, à l’examen, l'articulation ne présente aucun signe d’arthrite. Il est certain que bon nombre de luxations de la hanche ont été étiquetées “ congénitales “, alors qu'en réalité elles avaient une autre origine, soit traumatique, soit pathologique. Ce n'est que par un interrogatoire bien conduit où plutôt par une connaissance approfondie de la famille par le médecin traitant que l'on peut avoir, au point de vue héréditaire, des renseignements précis et certains, savoir si la grossesse a évolué normalement, si l'accouchement s'est fait

par le siège et a été laborieux, s'il y avait une quantité normale de liquide amniotique, si l'enfant a marché tard (dix-huit mois à deux ans) ou tôt, vers douze mois, puis a été malade et a cessé de marcher pour reprendre ensuite en boiïitant. Autant de points à élucider pour être autorisé à qualifier de “ congénitale “ une luxation de la hanche chez un enfant, Comme nous le verrons, nous serons aidé dans nos recherches par l'examen radiographique.

Nous nous sommes proposé, dans ce travail, d’étudier la valeur de l'hérédité comme facteur étiologique dans la luxation congénitale de la hanche. Dans la première partie, nous exposerons brièvement ce qu'ont pensé de cette question les divers auteurs, puis, pour faciliter la compréhension du sujet, il nous a semblé utile de rappeler succinctement les grandes lois de l'hérédité, ce qu'est la consanguinité et ce que nous entendons par cas héréditaires.

Dans un chapitre spécial, nous établirons une classification étiologique des luxations de la hanche dites congénitales.

Nous rechercherons comment l’origine héréditaire de cette difformité peut expliquer sa distribution géosraphique et sa fréquence relative dans les diverses races humaines.

Nous verrons ensuite s'il existe un lien de parenté entre la luxation congénitale et les diverses autres malformations congénitales, puis nous traiterons la question : à savoir si l'hérédité peut agir indirectement dans la procréation des luxés par l'intermédiaire de l'alcoolisme, de la syphilis ou de la tuberculose,

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