‹ De L'Hérédité Dans La Luxation Congénitale De La HancheChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

Les luxations congénitales de la hanche étaient déjà connues des auteurs anciens, puisqu'il en est fait menton dans les livres hippocratiques. L'influence même de l’hérédité dans la genèse de cette lésion n’était pas passée inaperçue. Aristote répétant Hippocrate disait : « Gigneuntur autem læsi ex læsis, claudi ex claudis ». À. PARÉ, qui voyait dans les malformations congénitales un signe « des malheurs à advenir », émettait une opinion presque identique en déclarant que les boiteux n’ont pas toujours, mais ont souvent des boiteux dans leur progéniture.

Perir prétendait, de même, que d'habitude les boiteux naissent de boiïteux. Plus tard, on a publié un grand nombre de cas où l’hérédité jouait un rôle incontestable et dans lesquels plusieurs membres d’une même famille étaient affectés de luxations congénitales de la hanche. Une des plus célèbres observations est celle de Marguerite GARDas, publiée par DUPUYTREN.

Fozrix et Dupcay dans leur Traité de Chirurgie admettent “ l'influence incontestable de l’hérédité ,.

JaAmaINX, dans son Manuel de Pathologie externe dit que : “ l’hérédité des luxations congénitales ne saurait

L'or

être mise en doute; elle s’exerce le plus souvent d'une génération sur celle qui la suit immédiatement ,. HorFa dit lavoir très souvent observée.

Pour KirMisso “ on retrouve, dans la luxation congénitale de la hanche, lhérédité beaucoup plus fréquemment que dans les autres vices de conformation, tels que le pied bot, ou le bec de lièvre par exemple. À chaque instant, nous rencontrons à notre consultation des faits qui nous démontrent l'importance de l'hérédité dans cette malformation. C’est un père atteint d’une luxation unilatérale qui nous présente sa fille, elle-même affectée d’une luxation congénitale de la hanche droite; une mère atteinte de luxation de la hanche du côté droit nous amène sa fille portant une luxation bilatérale. Dans d’autres cas, ce sont les grands parents qui sont atteints de boiterie congénitale, ou bien encore une tante; enfin, il n’est pas très exceptionnel de rencontrer la luxation congénitale chez les enfants d’une même famille. ,

DELANGLADE, dans sa thèse sur la luxation congénitale du fémur, conclut que : “ l'hérédité a dans l’étiologie une influence certaine, on la rencontre dans un sixième des cas. ,

Quelques auteurs ont nié, mais en vain, l'importance de ce facteur. D’après MALGaIGNE, le plus souvent les boiteux ont des enfants sains et KELTScH doute même qu'il y ait des luxations héréditaires.

La plupart des orthopédistes ne sont pas de cet AVIS :

WoLLENBERG et après lui GLAESSNER ont recueilli et assemblé dans une vaste statistique tous les cas jus-

qu'alors parus et publiés où l’on voyait clairement dans l'étiologie de la lésion une influence héréditaire; ils y ont ajouté tous les cas qui leur sont propres. Tous deux admettent comme cause de la malformation un vice primitif du germe, opinion qu'ils s'efforcent de concilier avec les diverses théories mécaniques.

Enfin LE Damaxy, dans des travaux récemment parus, bien qu’il considère la luxation congénitale comme l'apanage des races élevées et pour ainsi dire, comme un signe de supériorité, ajoute que “ l'influence familiale dans l’étiologie de la luxation congénitale parait certaine ,. Il ne semble pourtant pas accorder à ce facteur toute l'importance que, selon nous, il mérite.

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